L’Assemblée nationale somme Lecornu d’agir contre le commerce parallèle de cigarettes
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Sébastien Lecornu, Premier ministre.
Benoit Tessier/REUTERS
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C’est une pratique que Frédéric Valletoux souhaite voir cesser au plus vite. Dans une lettre adressée le 9 février à Sébastien Lecornu, dont a pris connaissance La Tribune Dimanche, le président de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, ancien ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention, accuse les cigarettiers de nourrir le « commerce parallèle » de tabac par un « surapprovisionnement organisé » des pays limitrophes de l’Hexagone.
Dans son courrier au Premier ministre, le député de Seine-et-Marne indique qu’un « rapport mené par les Douanes et la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Midelca) d’octobre 2025 établit que 80 % du commerce parallèle de tabac constaté en France provient d’achats effectués dans les pays limitrophes ».
« L’exemple le plus emblématique est celui du Luxembourg où les cigarettiers livrent chaque année quelque 5 milliards de cigarettes, soit 8 fois plus que la consommation domestique, qui est de 600 millions. Ce différentiel est destiné pour l’essentiel à alimenter les marchés parallèles de la France, de la Belgique et de l’Allemagne », dénonce-t-il.
Cette situation n’est pas sans conséquence pour l’Hexagone. Le commerce parallèle met à mal la politique publique de lutte contre le tabac fondée sur une hausse progressive du prix du paquet de cigarettes. Il fragilise également les 22.800 buralistes de l’Hexagone et particulièrement ceux installés dans les zones frontalières. Il pénalise enfin les finances de l’Etat à un moment où les tensions budgétaires sont criantes. Selon le rapport Douanes-Midelca, le manque à gagner fiscal s’établirait à 4,3 milliards d’euros par an pour les finances publiques. « Depuis 2018, la France a ainsi subi une perte fiscale de 30 milliards d’euros », alerte Frédéric Valletoux.