ENTRETIEN – La tête de liste du RN dans la deuxième ville de France affiche son optimisme et veut installer un duel avec Benoît Payan pour prendre en étau sa rivale investie par la droite et le centre.À deux mois des élections municipales, l’extrême droite bénéficie d’une forte dynamique dans la Cité phocéenne. Vendredi, Marine Le Pen a tenu meeting avec le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio, crédité de 30 % des intentions de vote au premier tour dans un sondage Ipsos publié lundi par La Marseillaise, au coude-à-coude avec Benoît Payan, maire divers gauche sortant, et devant Martine Vassal (23 %), soutenue par la droite et la Macronie locale. Le choix de la présidente de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence pourrait se révéler décisif durant l’entre-deux tours.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Marine Le Pen est venue ce week-end vous soutenir publiquement. Comment expliquez-vous ce choix de nationaliser votre campagne ?
FRANCK ALISIO – Elle m’a fait l’amitié de participer à mes vœux pour 2026 et cela a évidemment un sens politique : Marseille est la deuxième ville de France. Beaucoup de choses se décident dans cette élection et confier l’alternance au RN traduirait un sursaut des Marseillais mais adresserait, aussi, un message à tous les Français.
N’est-ce pas surtout une manière de profiter de la dynamique nationale du RN ?
C’est une plus-value évidente, le soutien de Marine Le Pen m’est très précieux. Les Marseillais y sont très sensibles.
À l’instar d’autres candidats dans les Bouches-du-Rhône, vous mettez en avant des labels moins clivants que le RN comme « la Provence qu’on aime ! » ou le RPR repackagé. À Toulon, votre collègue Laure Lavalette n’a carrément aucun logo. L’étiquette frontiste ne fait pas recette aux municipales ?
Si j’avais le moindre souci avec mon étiquette ou ma famille politique, Marine Le Pen n’aurait pas été à mes côtés ! Je suis tout à fait à l’aise avec le fait d’être son candidat et celui de Jordan Bardella. À Marseille, notre formation a recueilli 48% des suffrages au second tour des législatives de 2024. Je construis néanmoins une équipe municipale de rassemblement, avec des personnes qui viennent des Républicains, même d’Horizons, ou qui ont été divers droite. Mon slogan, « Marseille en ordre », ça leur parle.