OPINION. « Pourquoi l’Europe et le Mexique renforcent leur partenariat », par Ursula von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen arrive au 8e sommet de la Communauté politique européenne
LTD / Ludovic MARIN / AFP

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen arrive au 8e sommet de la Communauté politique européenne
LTD / Ludovic MARIN / AFP
L' Union européenne et le Mexique sont des partenaires de confiance depuis de nombreuses décennies. Aujourd’hui, en cette époque de tensions croissantes, nous devons saisir toutes les chances d’approfondir ce partenariat, et le sommet UE-Mexique de cette semaine a permis d’obtenir les résultats que nous escomptions.
Notre accord global, signé en 1997, figurait parmi les plus ambitieux jamais conclus par l’UE. Cet accord historique – un événement pionnier pour les deux parties – a permis de quadrupler nos échanges commerciaux.
Hier, j’ai eu l’honneur de signer, avec la présidente Claudia Sheinbaum, une mise à jour cruciale de cet accord.
L’Europe est aujourd’hui la deuxième destination des exportations mexicaines, et des dizaines de milliers d’entreprises européennes, dont la grande majorité sont de petites entreprises, exportent en retour vers le Mexique. Plus de 11.000 entreprises européennes ont des bureaux au Mexique, ce qui soutient directement ou indirectement 5 millions d’emplois.
Le monde a cependant changé. Nous sommes entrés dans une difficile nouvelle ère. Une ère de droits de douane et de contrôle des exportations, de rivalités industrielles et de fragmentation géopolitique. Les perturbations, du Moyen-Orient à la région indopacifique, montrent clairement à quel point l’économie mondiale demeure interconnectée et vulnérable. C’est pourquoi l’accord global renouvelé entre l’UE et le Mexique revêt une telle importance : il nous lie les uns aux autres à long terme et promet d’aboutir à encore plus de résultats mutuellement bénéfiques pour nos citoyens.
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Les fondements restent les mêmes : nos valeurs communes, la volonté de diversifier et de faire prospérer nos économies ainsi que l’engagement sans faille en faveur d’une coopération fondée sur des règles. Ce qui est nouveau, c’est l’urgence du moment. En signant cet accord modernisé, nous posons une base fondée sur la confiance afin d’approfondir la coopération dans toute une série de domaines : la réduction des risques liés aux secteurs stratégiques, le développement durable et l’action pour le climat, les droits humains et l’égalité des genres, etc.
Dans un monde incertain, notre engagement commun en faveur d’une collaboration étroite pour promouvoir la paix et la sécurité internationales ainsi que réformer les institutions mondiales est primordial. C’est un message qui sera entendu au niveau mondial.
Tout comme l’est notre engagement en faveur du développement du commerce et des investissements est tout aussi primordial. La suppression des droits de douane dans toute une série de domaines profitera aux exportateurs des deux parties.
Prenons l’agroalimentaire : le Mexique est un vaste marché en croissance rapide de plus de 130 millions de consommateurs, et un gros importateur. En supprimant 99 % des droits de douane, l’accord permettra au secteur agroalimentaire européen d’économiser environ 100 millions d’euros par an et aux consommateurs mexicains de disposer d’un plus large choix. Il ouvrira de nouveaux marchés aux producteurs des deux régions, tout en maintenant les normes les plus élevées en matière de santé et de sécurité alimentaires et tout en promouvant des pratiques respectueuses de l’environnement. Il importe aussi de souligner que l’accord protégera des centaines de produits traditionnels de l’imitation, depuis la feta grecque jusqu’au rioja espagnol – des produits porteurs de nombreuses années de tradition et d’artisanat. L’accord protégera ce patrimoine tout en offrant une marge de croissance.
Nous sommes tout aussi ambitieux en ce qui concerne les investissements. L’Europe est déjà l’une des plus grandes sources d’investissements étrangers du Mexique. Aujourd’hui, nous investissons 5 milliards d’euros supplémentaires dans des secteurs clés : l’énergie propre et les infrastructures nécessaires pour l’acheminer aux quatre coins du pays, des connexions ferroviaires modernes et des ports décarbonés, une production pharmaceutique locale et des chaînes de valeur circulaires.
Ces changements présentent des avantages pour les deux parties. Pour le Mexique, ces changements signifient des emplois locaux de qualité et un renforcement des capacités nationales. Pour l’Europe, l’ouverture de nouveaux marchés et la stabilisation des chaînes de valeur. Et pour tous, cela signifie une plus grande sécurité économique et une plus grande compétitivité dans les décennies à venir.
Les minéraux critiques constituent un autre domaine de coopération renforcée. Tant l’UE que le Mexique ont besoin d’un approvisionnement fiable de ces minéraux pour mener à bien leurs transformations économiques vertes et numériques. Le Mexique est déjà un fournisseur essentiel de spath fluor, utilisé en chimie, sidérurgie et céramique. Il est l’un des principaux exportateurs de zinc et de cuivre, les minerais à la base des réseaux électriques, des batteries et des technologies propres.
Notre accord modernisé supprime tous les droits de douane et restrictions sur ces minerais. À l’heure où les ressources critiques sont de plus en plus utilisées comme une arme, il contribuera à garantir la stabilité et la fiabilité de nos chaînes d’approvisionnement.
L’Europe et le Mexique voient le monde avec les mêmes yeux. En cette période de fragmentation croissante, nous faisons le choix de l’ouverture et du partenariat. Ce choix nous rendra tous deux plus forts.
L’année 2026 est déterminante pour l’ambitieux programme commercial de l’Europe, et nous ne sommes qu’en mai. En cinq mois, nous avons conclu de nouveaux accords solides et ambitieux avec l’Inde, l’Australie et désormais le Mexique, alors que notre accord avec le Mercosur s’applique déjà à titre provisoire.
Les avantages économiques de ces accords sont indéniables, mais leur valeur va bien au-delà : nous nous associons à des partenaires partageant les mêmes valeurs et démontrons ainsi la valeur durable d’une coopération gagnant-gagnant.
Nous rendons l’Europe plus sûre, plus forte, plus prospère et plus influente sur la scène mondiale. Et nous irons encore plus loin d’ici à la fin de l’année 2026.