OPINION. « Pour une loi de programmation de la transition démographique », par Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l’Orcirp

Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l’Orcirp
LTD/DR

Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l’Orcirp
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Notre modèle social prend l’eau. Nous continuons de renflouer un système qui se vide de son sens et de ses ressources. La démographie, elle, ne ment pas : nous vivons plus longtemps, nous faisons moins d’enfants, et le nombre de nos concitoyens en perte d’autonomie va exploser. D’ici 2050, près de 700.000 personnes vivront avec une perte d’autonomie sévère. Ce n’est pas une crise passagère, c’est un basculement structurel.
Face à ce mur démographique, nous n’avons plus le choix : il faut repenser notre protection sociale, non pour la réduire mais pour la refonder. Car désendetter sans transformer, c’est condamner le système à se reproduire à l’identique — et à l’échec. Notre modèle a été bâti sur des repères d’un autre temps.
L’âge, d’abord : il reste notre référence administrative, quand les démographes nous invitent à penser en « âge prospectif », c’est-à-dire en années de vie à venir. Le risque, ensuite : nos politiques de santé sont pensées pour réparer, non pour accompagner. Elles ignorent les maladies chroniques et les parcours de vie longs, alors qu’ils sont aujourd’hui la norme. Enfin, la gouvernance : la Sécurité sociale porte seule les déséquilibres que le logement, les transports ou l’aménagement du territoire ne prennent pas en charge. Nous devons sortir de la logique du colmatage permanent.
Comme nous avons su le faire pour la défense avec la loi de programmation militaire, la France doit se doter d’une loi de programmation de la transition démographique. Une loi qui engage chaque politique publique — santé, logement, emploi, transports — à intégrer la réalité du vieillissement et de la baisse de la natalité.
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Une loi qui assume une ambition : faire du vieillissement non une charge, mais un levier de cohésion et d’innovation sociale. Nous ne pouvons plus gérer l’avenir avec les outils du passé. La transition démographique n’est pas une fatalité : elle peut être un projet national. À condition d’avoir le courage politique de la nommer, de la planifier et de l’embrasser.
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