Il ne s’était plus exprimé depuis sa démission forcée du Haut-commissariat aux retraites en 2019. Pour « La Tribune », Jean-Paul Delevoye revient sur sa condamnation, aborde Emmanuel Macron, Les Républicains, les municipales et livre son diagnostic d’une classe politique à ses yeux inadaptée aux défis de la société.Il réside désormais sur les bords du lac d’Annecy. Loin du tumulte parisien, loin de l’arène institutionnelle qu’il a investie pendant plus de quatre décennies – maire de Bapaume, député du Pas-de-Calais, sénateur, ministre de la Fonction Publique, de la réforme de l’État et de l’aménagement du territoire. Mais toujours attentif à la politique. Six ans qu’il ne s’était pas exprimé, depuis sa démission du Haut-Commissariat aux retraites en décembre 2019.
Démission résultant de manquements dans sa déclaration d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), punis de quatre mois de prison avec sursis et de 15.000 euros d’amende. Pourquoi rompre aujourd’hui le silence ? « Il était, pendant toutes ces années, un refuge, il est devenu un inconfort. »
Ses responsabilités, il ne les a jamais fuis. « J’ai négligé ma déclaration, notamment mes engagements associatifs ; j’étais absorbé par ma tâche, et personne ne m'a alerté. J’étais peu inquiet car lorsque la HATVP signale un problème on dispose d’un mois pour rectifier. Mais mes oublis se sont retrouvés dans la presse avant que je puisse y remédier auprès de l’Autorité. La machine s’est emballée, il était trop tard pour l’arrêter ».
Son crédit était alors à son acmé. Lui le Juppéiste, hostile à la candidature de François Fillon vainqueur de la primaire, figurait trois ans plus tôt parmi les premiers aides-de-camp du futur président Macron, et sa popularité l’autorisait à lorgner Matignon. Quelle fut la « main invisible » à l’origine de « l’instrumentalisation de [m]on procès ? » Le nom d’Edouard Philippe a circulé.