Un ultime songe pour la route. Et si ça marchait ? Pour au moins trois jours encore, dont demain, Marine Le Pen passera l’essentiel de son temps sous les lambris de la salle d’audience de la cour d’appel de Paris. Ses avocats, et ceux d’autres prévenus dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN), clôtureront ce deuxième procès avec leurs plaidoiries.
Celles-ci ont démarré mercredi 4 février, un peu laborieusement, avec les cas des deux anciens eurodéputés d’extrême droite Fernand Le Rachinel et Bruno Gollnisch. L’air à la fois strict et badin, comme souvent, la fille de Jean-Marie Le Pen a profité d’une pause pour bavarder avec les quelques journalistes présents. « C’est intéressant, non ? » s’est-elle enquise. Comme s’il s’agissait d’une conférence de droit pénal.
La triple candidate à l’élection présidentielle sait pourtant, à ce moment-là, que son avenir politique ploie sous une nouvelle chape de plomb. Hormis un pas de côté sur l’exécution provisoire, les avocats généraux ont requis mardi de la part des juges d’appel qu’ils infligent à Marine Le Pen des peines quasiment identiques à celles dont elle a écopé en première instance pour détournement de fonds publics. L’espoir que l’élue du Pas-de-Calais et son entourage caressaient avant Noël de trouver un « chemin étroit » vers une dernière tentative élyséenne s’est brusquement tari. « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, soupire un proche démoralisé, initialement optimiste, ça n’annonce rien de favorable… »