Gabriel Zucman face à Philippe Aghion, duel d’économistes autour de la « taxe des milliardaires » au France Digitale Day
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gabriel Zucman au France Digitale Day
Sylvain Rolland
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gabriel Zucman au France Digitale Day
Sylvain Rolland
Face à une salle chauffée à blanc, majoritairement hostile, le père de la « taxe Zucman » a tenu tête et défendu sa proposition d'impôts sur les 1 800 foyers fiscaux en France qui détiennent un patrimoine de plus de 100 millions d'euros. Face à lui, un autre économiste de renom, le libéral Philippe Aghion, professeur au Collège de France, à l'Insead et à la London School of Economics. À leurs côtés, Frédéric Mazzella, fondateur de BlaBlaCar et de Dilf, et Maya Noël, directrice générale de France Digitale, animaient le débat.
Ambiance cordiale en surface, mais crispée dès les premiers échanges : dans l’assistance, beaucoup voient dans la taxe Zucman une mesure « confiscatoire » qui menacerait l’attractivité française.
Gabriel Zucman, directeur de l’Observatoire européen de la fiscalité, plante le décor. « Il s’agit d’un impôt minimum autour de 2 % sur les foyers fiscaux qui possèdent plus de 100 millions d’euros, soit 1 800 personnes. Si vous payez trop peu, vous complétez pour arriver à 2 %. Ce n’est pas le grand soir fiscal, juste une façon de parachever l’impôt sur le revenu, que les milliardaires contournent largement », énonce-t-il.
À lire également
Face à lui, Philippe Aghion partage le principe d’une fiscalité plus progressive, mais il refuse l’inclusion des « outils de travail » dans l’assiette. « Taxer la valorisation d’entreprises encore fragiles ou illiquides [qui n'est pas disponible immédiatement en argent], ce n’est pas juste. Cela reviendrait à décourager ceux qui sont en train de faire la révolution de l’intelligence artificielle, comme Arthur Mensch de Mistral. Il ne faut pas que la France manque ce tournant », insiste-t-il.