C'est le jour J pour remettre les offres finales sur le lot TER Poitou-Charentes qui s'élève à un milliard d'euros sur dix ans. La Région Nouvelle-Aquitaine dira d'ici à l'été si la SNCF est reconduite ou si un premier grand ensemble ferroviaire français est confié à un exploitant privé.
Un contrat à 100 millions d'euros par an, trois principales lignes de trains à faire tourner entre les quatre préfectures de l'ex-région Poitou-Charentes, 1 000 cheminots à employer pour une quarantaine de rames à opérer. Voilà le terrain où pourrait s'exprimer concrètement la libéralisation du ferroviaire.
Dans le cadre de la mise en concurrence des trains régionaux imposée par une directive européenne, la Région Nouvelle-Aquitaine se lance d'emblée dans le grand bain. Le premier lot mis sur le marché s'étend ainsi sur quatre départements (Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne) et concerne 14 000 voyageurs quotidiens. Le contrat s'étendra sur dix ans à partir de décembre 2027. La démarche est aussi sciemment activée par la collectivité, comme par d'autres, pour pousser la SNCF et les candidats potentiels à améliorer les services ferroviaires actuels.
Un an et demi après le lancement du processus, les candidats ont jusqu'à aujourd'hui mercredi 18 février pour déposer leur offre finale. Et ils ne sont plus que trois à vouloir croquer le lot ferroviaire du centre-ouest de la France.
Un expert, deux challengers
Impossible de ne pas compter l'opérateur historique parmi les prétendants. SNCF Voyageurs a remis hier son offre pour rester l'exploitant incontournable des lignes régionales. L'entreprise connaît parfaitement le réseau et ses spécificités.
Sa position dominante joue pour elle autant qu'elle peut pénaliser puisque l'opérateur n'a pas répondu à toutes les exigences de la Région ces dernières années, notamment en termes de ponctualité. En 2024, les lignes Poitiers-La Rochelle et Angoulême-Royan se situaient entre 1 et 3 points en-dessous de l'objectif régional fixé à 93,2 %. Un écart faible mais suffisant pour permettre aux concurrents de se constituer des arguments.
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Vont s'engouffrer dans cette brèche les deux entreprises privées Transdev et Le Train, qui ont également déposé leurs dossiers. La première opère déjà des lignes de bus interurbains dans trois des quatre départements concernés. Et surtout, elle sait comment déloger la SNCF puisqu'elle lui a subtilisé l'exploitation d'une voie ferrée avec vue imprenable, la ligne reliant Marseille à Nice.