Stellantis : Antonio Filosa joue sa crédibilité sur un plan de relance à l’américaine, avec un fort accent chinois
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Le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa.
RC - REUTERS - Daniele Mascolo
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Le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa.
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Un an après son arrivée à la tête de Stellantis, Antonio Filosa doit dévoiler ce jeudi une stratégie décisive pour remettre sur les rails un groupe fragilisé par ses revers industriels, l’effondrement de son cours de Bourse et les doutes sur l’avenir de son immense portefeuille de marques.
À Auburn Hills, dans le Michigan, le patron du constructeur franco-italo-américain présentera aux investisseurs un plan de long terme centré sur trois priorités : relancer les ventes aux États-Unis, rationaliser les investissements entre les 14 marques du groupe et accélérer les coopérations avec les constructeurs chinois.
Cette présentation est particulièrement scrutée par les marchés après une année noire pour le groupe issu de la fusion entre PSA et FCA. L’action Stellantis a touché en mars un plus bas historique, conséquence des difficultés commerciales en Amérique du Nord, des problèmes de qualité et des interrogations sur la stratégie électrique héritée de l’ère Carlos Tavares. Pour Antonio Filosa, nommé pour succéder au dirigeant portugais emporté fin 2024 par la crise du groupe, le rendez-vous constitue un premier grand test de crédibilité.
Selon plusieurs informations déjà dévoilées, Stellantis entend conserver l’ensemble de ses 14 marques, mais concentrer davantage ses ressources sur quatre piliers stratégiques : Jeep, Ram, Peugeot et Fiat. Une inflexion majeure par rapport à la politique historique du groupe, qui répartissait les investissements de manière plus homogène entre les différentes enseignes.
L’objectif est clair : privilégier les marques à fort volume et à forte rentabilité, tout en évitant d’abandonner certaines clientèles historiques. « Si vous décidez de manière trop drastique d’abandonner l’une ou l’autre, alors vous abandonnez la base de clients à quelqu’un d’autre », a précisé Antonio Filosa la semaine dernière. « Le vrai sujet n’est pas de sélectionner une, deux, trois ou quatre marques », a-t-il ajouté. « Le vrai sujet est de combiner une allocation du capital efficiente avec des stratégies de marques spécifiques ».
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Pour les investisseurs, la priorité reste toutefois l’Amérique du Nord, marché clé pour la rentabilité du groupe. Les analystes attendent notamment des précisions sur le renouvellement de la gamme Jeep et Ram, avec le lancement du nouveau Cherokee ainsi que de pick-up compacts et intermédiaires destinés à combler les lacunes de l’offre américaine.
« Ils ont surtout besoin que leurs activités nord-américaines fonctionnent, ça redonnera immédiatement de la valeur à leur cours de Bourse », estime Massimo Baggiani, gérant chez Niche Asset Management à Londres, qui dit avoir renforcé sa position sur le titre depuis mars. Selon lui, Stellantis doit aussi résoudre ses problèmes structurels en Europe, où les surcapacités industrielles pèsent sur la rentabilité du secteur automobile.
« La bonne nouvelle, c’est que Filosa semble être conscient de ces challenges et avoir des idées sur la manière d’y faire face », poursuit Massimo Baggiani. « Il va falloir le tester sur une période de temps plus longue. »
Mais le volet le plus observé de la présentation pourrait bien être celui consacré à la Chine. Selon une source proche du dossier, ce qu’Antonio Filosa « va tenter de vendre aux investisseurs aura beaucoup de Chine dedans ». Le groupe mise de plus en plus ouvertement sur les partenariats avec les constructeurs chinois afin de réduire ses coûts et d’accélérer son adaptation à l’électrique. Stellantis a déjà annoncé l’extension de sa coentreprise européenne avec Leapmotor et la relance de projets industriels avec Dongfeng en Chine.
Comme Volkswagen, le constructeur se dit désormais prêt à partager des capacités industrielles en Europe avec des groupes chinois afin d’optimiser l’utilisation de ses usines. Le groupe a également laissé entendre que sa coopération avec Dongfeng pourrait bientôt dépasser le seul marché chinois.
Au-delà des gains de capacité, Stellantis espère surtout profiter de l’avance technologique chinoise dans les véhicules électriques : plateformes moins coûteuses, chaînes d’approvisionnement intégrées, cycles de développement plus rapides et meilleure maîtrise des coûts. Un virage stratégique qui traduit aussi les difficultés des constructeurs occidentaux à absorber le coût de la transition électrique après avoir surestimé la vitesse d’adoption des véhicules 100 % électriques.
Pour Antonio Filosa, l’équation est désormais délicate : restaurer rapidement la profitabilité du groupe tout en simplifiant une organisation devenue tentaculaire. Les investisseurs jugeront jeudi si le nouveau patron dispose réellement d’une feuille de route capable de remettre Stellantis dans la course mondiale.
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