Prime carburant de 100 euros, prime employeur de 600 euros : comment profiter au mieux des nouvelles aides dès mercredi
latribune.fr
À partir du 27 mai, les travailleurs dits “grands rouleurs” peuvent demander en ligne une indemnité carburant de 100 euros pour compenser la hausse des prix à la pompe.
À partir du 27 mai, les travailleurs « grands rouleurs » peuvent demander en ligne une prime carburant de 100 euros, pendant que les employeurs voient leur propre prime carburant portée jusqu’à 600 euros. Entre aide de l’État, coup de pouce des entreprises et nouvelles incitations à passer à l’électrique, voici comment optimiser votre budget transport en 2026.
Après-demain, le 27 mai, le formulaire pour demander la nouvelle indemnité carburant de 100 euros s’ouvrira sur l’espace personnel du site des impôts, avec un simulateur déjà en ligne pour vérifier en quelques clics si vous faites partie des bénéficiaires. Dans le même temps, les entreprises peuvent désormais verser jusqu’à 600 euros par an de prime carburant défiscalisée à leurs salariés, tandis que plusieurs aides ciblées (aides à domicile, fonctionnaires de terrain, taxis) et un grand plan d’électrification de l’économie viennent rebattre les cartes des choix de mobilité.
La question est simple : combien pouvez-vous toucher, comment déposer vos demandes dès mercredi, et comment arbitrer entre voiture thermique subventionnée et passage à l’électrique ?
Êtes-vous éligible à la prime carburant ?
L’indemnité carburant 2026 est une aide forfaitaire de 100 euros, censée compenser environ 20 centimes par litre pendant six mois de consommation moyenne, pour les personnes qui utilisent un véhicule thermique ou hybride non rechargeable pour travailler. Elle s’adresse uniquement aux contribuables fiscalement domiciliés en France, nés avant le 1ᵉʳ janvier 2009, qui exercent une activité salariée ou indépendante et déclarent des revenus d’activité (salaires, BIC, BNC ou bénéfices agricoles). Le revenu fiscal de référence 2024 de votre foyer doit être inférieur ou égal à 16 880 euros par part, montants visibles sur votre avis d’impôt 2025 en ligne ou au format papier.
Pour être considéré comme « grand rouleur », vous devez soit parcourir au moins 15 kilomètres pour vous rendre à votre travail (soit 30 km aller‑retour chaque jour), soit totaliser au moins 8 000 km sur l’année au titre de votre activité professionnelle, trajets domicile‑travail inclus. L’aide ne concerne que les véhicules terrestres à moteur à deux, trois ou quatre roues, à motorisation thermique ou hybride non rechargeable, qui sont assurés et ne sont pas déclarés endommagés, tout en excluant les véhicules agricoles, les poids lourds, les véhicules de fonction ou de service et, surtout, les voitures électriques ou à hydrogène. En outre, les foyers soumis à l’impôt sur la fortune immobilière ne peuvent pas bénéficier de l’indemnité.
Cette indemnité est versée une seule fois par véhicule et ne se substitue pas aux autres dispositifs d’aide à la mobilité. Si vous aviez suivi les dispositifs précédents, la principale nouveauté est le montant doublé à 100 euros et la prolongation du dispositif de trois mois, dans un contexte de hausse des prix des carburants liée à la guerre au Moyen‑Orient que le gouvernement refuse d’amortir par une baisse générale de la fiscalité.
Comment demander la prime dès le 27 mai ?
Dès le 27 mai, pendant deux mois, un formulaire dédié sera accessible dans votre espace personnel sur impots.gouv.fr, avec une procédure entièrement dématérialisée inspirée des précédentes campagnes d’indemnité carburant. Avant de vous connecter, préparez votre numéro fiscal, votre revenu fiscal de référence 2024, votre état civil, ainsi que le numéro d’immatriculation et le numéro de carte grise du véhicule utilisé pour vos déplacements professionnels. Vous devrez également cocher une attestation sur l’honneur précisant que vous utilisez ce véhicule pour aller travailler ou dans le cadre de votre activité.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Une fois la demande validée en ligne, le versement intervient en principe en une dizaine de jours sur le compte bancaire que vous avez déjà communiqué à l’administration fiscale pour l’impôt sur le revenu, ce qui rend inutile toute transmission de RIB supplémentaire dans la plupart des cas. En cas de difficulté, vous pouvez appeler le service d’information des impôts au 0 809 401 401 du lundi au vendredi de 8h30 à 19h, ou retrouver les coordonnées de votre centre des Finances publiques via le service de contact en ligne.
Pour un travailleur périurbain éligible, l’indemnité de 100 euros représente un petit bol d’air sur quelques pleins, mais ne change pas la structure de son budget transport à l’année. C’est justement parce que ce coup de pouce reste limité que les autres leviers – prime carburant employeur, forfait mobilités durables, choix du véhicule – deviennent stratégiques pour arbitrer entre rester en thermique ou anticiper un passage à l’électrique.
Ce que les entreprises peuvent faire pour vous
À côté de l’indemnité de 100 euros versée par l’État, votre employeur peut prendre en charge une partie de vos frais de déplacement domicile‑travail sous plusieurs formes : remboursement obligatoire d’au moins 50 % des abonnements de transport collectif, forfait mobilités durables pour les modes alternatifs, et prime carburant pour les véhicules personnels. La prime carburant, qui reste facultative, permet à l’entreprise de rembourser tout ou partie des frais de carburant ou de recharge des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène utilisés pour aller travailler, sans cotisations sociales ni impôt sur le revenu dans la limite de 300 euros par an et par salarié. En cumul avec le forfait mobilités durables, l’ensemble peut être exonéré jusqu’à 600 euros par an (voire 900 euros si le salarié bénéficie aussi de la prise en charge de son abonnement de transport en commun), ces plafonds ayant été reconduits en 2026.
Concrètement, l’entreprise peut mettre en place la prime carburant par accord d’entreprise ou décision unilatérale, en prévoyant des critères comme l’usage régulier d’un véhicule personnel, l’absence de transport public adapté ou une distance minimale domicile‑travail, même si ces conditions ont vocation à être simplifiées pour accélérer le recours au dispositif. Pour le salarié, la marche à suivre est directe : solliciter la DRH ou la direction, vérifier si une prime carburant existe déjà, demander son extension ou sa revalorisation à la lumière des nouveaux plafonds, et, si possible, combiner avec un forfait mobilités durables (covoiturage, vélo, autopartage) plutôt qu’une simple compensation des litres d’essence. C’est d’autant plus pertinent que, contrairement à l’indemnité d’État, la prime employeur peut être versée mois après mois sur le bulletin de salaire ou via des titres-mobilité, ce qui stabilise mieux le budget transport.
Pour un lecteur cadre ou chef d’entreprise, le message est clair : vous disposez d’un outil de pouvoir d’achat ciblé, socialement valorisant, exonéré de charges dans les limites prévues, et qui peut aussi servir d’incitation à des pratiques de mobilité plus sobres (covoiturage, vélo, véhicules électrifiés) si vous structurez correctement votre politique transport. La séquence actuelle – hausse des prix liée à la guerre au Moyen‑Orient et ouverture de la prime de 100 euros – offre une fenêtre pour renégocier ces dispositifs dans le dialogue social.
Aides à domicile, fonctionnaires, taxis… qui gagne quoi ?
Au‑delà des grands rouleurs éligibles à l’indemnité de 100 euros et des salariés couverts par les primes employeurs, plusieurs catégories très exposées à la hausse du carburant font l’objet de coups de pouce dédiés. Les aides à domicile, qui enchaînent les trajets pour visiter leurs bénéficiaires, vont bénéficier d’une revalorisation pérenne de leurs indemnités kilométriques, de l’ordre de 20 centimes par litre d’essence selon le gouvernement, de façon à compenser une partie de la hausse durable des prix à la pompe. Les pouvoirs publics ouvrent aussi un accès à un « leasing automobile social » pour faciliter l’achat ou la location d’un véhicule électrique à coût réduit, afin de réduire à terme leur facture carburant.
Les fonctionnaires amenés à se déplacer régulièrement sur le terrain – enseignants remplaçants, agents de contrôle, personnels itinérants – verront, eux, leurs indemnités de déplacement revalorisées, là encore dans un ordre de grandeur d’environ 20 centimes par litre, sur la base des barèmes d’indemnisation kilométrique actualisés. Pour les chauffeurs de taxi, un nouveau dispositif doit entrer en vigueur au 1ᵉʳ octobre 2026, avec une aide à l’achat pouvant atteindre 5 500 euros pour l’acquisition d’un véhicule électrique assemblé au sein de l’Espace économique européen, sur une durée d’au moins trois mois. Enfin, les aides sectorielles existantes pour la pêche, l’agriculture et les transports routiers – de 15 à 35 centimes par litre selon les cas – sont prolongées pour trois mois supplémentaires afin d’éviter des arrêts d’activité.
Pour les ménages, ces annonces peuvent paraître dispersées, mais elles dessinent un paysage de plus en plus segmenté : indemnités ciblées pour maintenir ceux qui n’ont pas d’alternative immédiate au thermique, et incitations croissantes pour ceux qui peuvent basculer vers l’électrique ou des modes plus sobres. Côté finances publiques, l’exécutif parle d’environ 710 millions d’euros d’aides nouvelles dans un paquet global de 1,2 milliard, tout en promettant des économies ailleurs pour financer ces mesures, ce qui renvoie au débat sur la soutenabilité de ces réponses face à une guerre qui « promet de durer ».
Thermique aidé ou électrique accéléré : ce que ça change pour votre budget transport
Pendant que l’État met en place ces primes carburant, l’Élysée organise son « équipe de France de l’électricité » en réunissant près de 200 entreprises pour accélérer l’électrification des logements, des usines et des transports, en s’appuyant sur une électricité largement décarbonée et produite en excédent. Le distributeur Leclerc doit notamment annoncer un investissement visant à installer 10 000 bornes de recharge près de ses magasins d’ici à 2030 – dont environ 3 000 déjà déployées – sous la bannière Charge E‑Lec, en promettant une recharge « simple et accessible » pour lever l’un des principaux freins à l’achat d’un véhicule électrique. En parallèle, l’actualisation de la programmation énergétique et la relance du nucléaire décidée dès le discours de Belfort en 2022 confortent la stratégie qui consiste à faire de l’électricité un pilier de la souveraineté énergétique française.
Pour un salarié périurbain éligible à l’indemnité de 100 euros, la prime carburant représente l’équivalent de quelques pleins sur un semestre, soit une réduction ponctuelle de tension sur le budget mais pas une révolution, surtout si son véhicule consomme beaucoup. En revanche, si son employeur active une prime carburant jusqu’à 300 euros et un forfait mobilités durables dans la limite de 600 euros, il peut cumuler sur l’année plusieurs centaines d’euros d’aides, tout en se voyant incité à covoiturer ou à utiliser des modes alternatifs. S’il envisage de passer à l’électrique, il devra intégrer dans son calcul le coût d’achat ou de leasing, les aides éventuelles (bonus, aides locales), le prix de la recharge – parfois avantageux en grande consommation chez des enseignes comme Leclerc – et la disponibilité des bornes sur ses trajets du quotidien.
Pour une aide à domicile, les nouvelles indemnités kilométriques et l’accès à un leasing social sur un véhicule électrique peuvent, à horizon quelques années, peser davantage que la prime ponctuelle de 100 euros, en réduisant la facture carburant mensuelle et la dépendance aux fluctuations géopolitiques. Pour un taxi, l’aide jusqu’à 5 500 euros pour un véhicule électrique, combinée à un réseau de bornes en expansion et aux avantages d’exploitation en zone urbaine, peut justifier un basculement vers l’électrique à condition de bien verrouiller le modèle économique. Pour l’ensemble des ménages, la séquence qui s’ouvre avec l’activation de la prime carburant le 27 mai ressemble moins à un « chèque essence » isolé qu’à un moment où il devient urgent de faire ses comptes en intégrant toutes les lignes : indemnité de l’État, prime employeur, choix du véhicule, temps de trajet et niveau de risque accepté face aux futures hausses.
Comment demander la prime dès le 27 mai ?