Comment bien comparer les énergies pour réussir la transition ?

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Contestation du nucléaire, divorce franco-allemand : les choix énergétiques sont particulièrement complexes et les débats publics particulièrement passionnés. A l'heure du grand débat sur la transition énergétique en France, la grande question, c'est comment bien comparer les sources d'énergie.

Les choix énergétiques occupent aujourd'hui massivement le débat public, divisent l'opinion, fragmentent l'Europe. Pourtant ce n'est pas parce que les choix énergétiques relèvent de la politique ou de l'idéologie, ni parce que les groupes d'intérêt s'y disputent l'influence et y façonnent les discours qu'il faut renoncer pour autant à la rationalité. La devise de l'ingénieur "tout ce qui se mesure s'améliore" ne saurait mieux s'appliquer qu'à l'énergie.

Mais les seuls chiffres économiques sont réductionnistes, comme le disent les écologistes, et il faut prendre en considération bien d'autres critères. Le problème est que ces critères sont souvent contradictoires et engendrent le dialogue de sourds bien connu.

Quelles sont les options ?

Le coeur de la politique énergétique est le choix des sources d'énergie employées pour la production d'électricité.

. Les options sont particulièrement ouvertes. Le kilowattheure peut être produit à partir d'une variété de sources, dont la combinaison forme le « mix énergétique » : le charbon, qui pèse encore 40% dans le mix mondial, progresse dans les pays émergents, régresse dans les pays développés ; la part du pétrole régresse ; le gaz naturel est en expansion ; l'énergie nucléaire est en régression depuis 20 ans après trois décennies d'expansion ; la part de l'énergie hydraulique stagne ; les énergies renouvelables nouvelles, sont encore minimes mais en très forte expansion.

. Les pays présentent des choix énergétiques étonnamment diversifiés, même s'agissant de pays bénéficiant de conditions économiques voisines. Ainsi, les divergences deviennent inquiétantes, facteur d'incompréhensions et de tensions, entre la France et l'Allemagne, dont la coopération est le moteur de l'Europe. Comme pour le gaz de schiste, l'Europe est coupée en deux sur le nucléaire.

. Les options sont particulièrement flexibles : sur dix ans on peut transformer un système de production électrique : comme la France le fit avec les grands programmes : hydroélectrique de la reconstruction, puis électronucléaire post-choc pétrolier ; l'Angleterre thatchérienne, du charbon au gaz de mer du Nord ; l'Allemagne verte, du charbon-nucléaire aux énergies renouvelables ;

. Les entreprises d'électricité sont encore, sinon dans la main de l'état, régulées. Les tarifs sont encore fixés par le régulateur. La concurrence y demeure quelque peu artificielle, les nouveaux entrants peinant à y challenger les monopoles historiques, sauf soutenus par de considérables subventions publiques.

. Les prix de vente ne sont donc pas décisifs comme ils le sont sur les marchés concurrentiels globalisés, où quelques pourcents font la différence : le tarif électrique présente une nature quasi-fiscale, qui fait des entreprises de bien commodes vaches à lait ;

Ce sont ces caractéristiques qui font des choix énergétiques la foire d'empoigne bien connue, où la rationalité a bien du mal à trouver sa voie.

Des critères contradictoires

Le critère de dépendance stratégique est bien ancré. On produit préférentiellement avec ses ressources nationales- ainsi le charbon allemand, chinois, américain ; le gaz russe ; l'hydraulique norvégienne, canadienne, brésilienne, française. Pour les pays dépourvus on cherche à substituer les sources importées- le nucléaire français, les renouvelables allemandes. Jusqu'à des sources quelque peu exotiques : la géothermie islandaise ; le lignite est-allemand ; la tourbe irlandaise...

Le critère protection de l'environnement s'est aujourd'hui imposé au premier rang. L'exercice de l'influence sur les choix énergétiques est l'acte fondateur du mouvement écologique- arrêt du nucléaire, au nom de la sécurité et du risque majeur ; discrédit du charbon, au nom des pollutions atmosphériques et du réchauffement climatique ; promotion des énergies propres - gaz naturel ; et surtout, spectaculairement, des énergies éolienne et solaire.

Le critère économique ne s'impose plus avec la même force de conviction qu'hier. La doctrine EDF de service public du "monopole vertueux" fondé sur le calcul économique n'est plus guère à la mode : on peut le déplorer car il nous a donné l'indépendance énergétique et un coût du kilowattheure inférieur d'un tiers à nos voisins.

Aujourd'hui, comme le différentiel des prix est ravalé au second ordre, on admet que l'électricité soit devenue la vache à lait de multiples autres finalités publiques, même si elle en est plus chère. A condition toutefois de ne pas exagérer. Ainsi le débat enfle en Allemagne où on finit par se rendre compte que c'est le contribuable qui paie le surcoût des renouvelables, à travers le tarif de rachat imposé - 15 milliards d'euros, le quart de la facture électrique

Des choix complexes et des débats passionnés

Ce qui rend les choix énergétiques particulièrement complexes et les débats publics particulièrement passionnés, c'est que le rang de classement des énergies selon les divers critères d'évaluation est extrêmement contrasté. Telle source, bien classée sur un des critères l'est très mal sur tel autre. Et réciproquement. Les protagonistes ne parlent pas le même langage, rendant le dialogue difficile, voire impossible.

Ainsi le charbon est sale et pas cher : abondant, très bien classé selon le critère du coût économique mais le plus mal classé pour la pollution ; le lignite, encore pire.

Le nucléaire, propre, compact, peu dépendant des importations porte la tare du « risque majeur » - probabilité faible, conséquences graves, à qui on peut faire tout dire, selon le principe de précaution. Les partisans du nucléaire sont sourds aux reproches que l'on fait à leur énergie qu'ils parent de toutes les vertus, tandis que ses opposants sont aveugles, la rejetant en bloc.

Les énergies renouvelables, qui ne consomment pas de sources épuisables ou importées, ni ne rejettent d'émissions polluantes, sont très coûteuses et intermittentes nécessitant cinq fois plus de puissance installée pour une production équivalente aux sources classiques occupent beaucoup d'espace foncier et portent atteinte aux paysages.

Tentons de mesurer les coûts cachés de l'intermittence et de l'encombrement des sols. L'électricité ne se stocke pas, sauf à grands frais. Elle doit donc être produite au moment même où elle est consommée. Sa valeur économique diffère de son coût : élevée en période de pointe - soirées, hiver, été dans les pays chauds recourant à la climatisation, faible autrement. L'amortissement coûte cher pour un équipement qui ne produit rien pendant une bonne partie du temps

Les énergies intermittentes ne produisent qu'une partie de la journée ou de l'année - 1800 heures par an pour les éoliennes terrestres, 1500 pour le photovoltaïque- ont une valeur moindre que celles qui produisent avec constance (le nucléaire: 7000 heures sur les 8760 que compte une année) ou modulables (les turbines à gaz ; l'hydraulique de lacs). Les énergies aléatoires, produisant en fonction des caprices du soleil et du vent, ont une valeur économique encore moindre.

Les espaces « artificialisés » envahissent la géographie et menacent les paysages naturels. Par nature physique les renouvelables sont peu denses. La production française, 500 milliards de kwh, si elle devait être intégralement assurée par les sources éolienne et photovoltaïque (produisant 1500 heures par an) nécessiterait une puissance installée de 300 gigawatts. Pour produire 100% de la consommation française d'électricité, le nucléaire requiert moins de 100 km2 de terrain ; le photovoltaïque nécessiterait l'installation des panneaux occupant la surface d'un département (5 000 km²) ; l'éolien, de parcs sur la surface de deux départements (10 000 km²).

France et Allemagne au banc d'essai 

Alors que les deux nations ont tant accompli pour converger économiquement, elles divergent, et de plus en plus, sur les choix énergétiques. L'Allemagne se pose en modèle de la transition énergétique et donne le ton à l'Europe. La France continue de voter nucléaire, tant bien que mal, mais n'ose guère s'en vanter. Et pourtant...

Le coeur du désaccord porte sur la sortie du nucléaire et la part des renouvelables. Il y a aussi les effets collatéraux, moins visibles. Ainsi, le recours massif aux renouvelables oblige à des importations massives de gaz russe pour compenser l'intermittence, créatrices de dépendance et d'inquiétudes en Europe centrale. Le coût de l'électricité peut rester raisonnable pour les industries grâce au lignite (25% du mix, legs de la RDA), source à bon marché mais effroyablement polluante quand on compare la combustion de ses 200 millions de tonnes annuelles avec le coût du gramme de carbone épargné grâce au photovoltaïque. Les renouvelables de masse c'est aussi les lignes de transport à grande distance mobilisatrice d'espace et de pollutions visuelles.

Sur quinze ans, entre 1995 et 2011 l'Allemagne a investi 115 milliards d'euros (en monnaie constante) dans les éoliennes et le solaire photovoltaïque pour édifier une puissance installée de 60 000 mégawatts : c'est à dire déjà la moitié de sa puissance installée totale mais pour une production de seulement 70 milliards de kilowattheures par an, soit 15% de sa consommation.
Sur une période équivalente- entre1974 et 1990, la France a investi dans les centrales nucléaires 96 milliards d'euros (en monnaie constante) pour une production de 400 milliards de kilowattheures par an, soit 80 % de sa consommation. Un coût total d'investissement moins élevé, pour une puissance installée équivalente, mais une production six fois supérieure.


 

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a écrit le 16/06/2013 à 9:19 :
Je vais mett tout le monde d'accord: si les français payaient leur électricité au prix allemand soit le double d'aujourd'hui en france, cela ferait 60 milliards de revenus supplémentaires pour EDF, donc pour l'état et cela comblerait le déficit budgétaire
La victoire du nucleaire
a écrit le 03/06/2013 à 18:22 :
Les chiffres de 70 TWh donnés par M. Stoffaes sur le prod des ENR en Allemagne datent de 2008 et probablement ça l'arrange bien pour démontrer l'échec de la Transition énergétique en Allemagne. Réveillez vous M. Stoffaes, on est en 2013 ! http://energeia.voila.net/electri/allemagne_nucle_renouv.htm
Réponse de le 04/06/2013 à 13:46 :
Normal il fait partie du Corps des Mines: toujours leader pour dénigrer et être en retard d'une guerre sur les ENR...
a écrit le 11/05/2013 à 1:28 :
Tout ça se résume à: quelle part des revenus des états correspondent à quelles énergies aujourd'hui et comment pourront-ils faire la transition vers un modèle leur assurant au moins le même revenu. Le reste, ils s'en foutent. La seule contrainte est de s'assurer de pouvoir acheter le consommable, d'où la nécessité d'ouvrir le mix et de faire payer des permis et autres impôts créés de toute pièce pour les énergies qui ne consomment rien de taxable régulièrement. Au final, il y a fort à parier que ce sera l'électricité qui sera la plus taxée directement et indirectement.
a écrit le 11/04/2013 à 12:00 :
Ce texte bourré d'erreur factuelles, basé sur des données totalement datées est toujours sur La Tribune !
Triste que le débat sur la transition ne permette pas plus de diversité d'opinion et qu'on continue à nous infliger la vision datée, passéiste et conservatrice de cette caste qui nous a imposé un système aussi mauvais et qui veut absolument nous garder la tête sous l'eau alors que cette génération ne sera plus là dans moins de 20 ans. Merci de nous pourrir l'avenir.
Réponse de le 05/06/2013 à 21:08 :
Les ecolos, l'ont voulu : la récession ; le retour à la terre ,normal pour les ecolos !
C'est leur époque , ils trônent partout !
Alors , serait-on tous impuissants devant un certain désastre national ? Ou est le sursaut ?
a écrit le 04/04/2013 à 13:51 :
Dans le mix énergétique, l'éolien a son petit intéret ,la production dépend assez peu de la période d'ensoleillement et produit plus l'hiver que l'été en moyenne.
De plus il peut être utilisé à faible coûts par les particuliers.
Même si la concurence est inexistante en France, aux états-unis très équipés une installation de 3kw peut se trouver dans les 1000 euro mât compris.
Seule chose la technologie horizontale n'est pas efficace, laide et bruyante, entretien difficle et pas capable de s'adapter aux nombreuses variations du sens du vent.
Et en bord de mer avec la brise de mer et brise de terre c'est pas top.
En éoliennes à axe vertical on a la possibilté de monter des pales à orientation variable, et avec un stator fixe à volutes inversées on a des rendements similaires aux horizontales sauf que ça peut démarrer à 3 m/s et stabiliser en cas de tempête.
a écrit le 01/04/2013 à 18:44 :
Tout a fait en phase avec les commentaires de Steph sur les vrais couts comparés du nucléaire et des ENr.
Un mot pour constater qu'une fois de plus la petite Hydro est totalement absente du débat sur la transition et le mix énergétique.
60 000 moulins a eau sont référencés en France dont la moitié peuvent être (ré)equipés avec des technos recentes et fiables, et une nouvelle approche de centrale verte avec vannages et conduites entiÚrement automatisées et pilotables à distance. Le potentiel a été estimé à 2 TWh soit 2 cœurs nucléaires. Ce n'est pas négligeable.
Surtout la petite Hydro est l'énergie la plus propre, la moins chÚre, offrant un rendement net de 80 %, et le plus faible impact sur l'environnement (contrairement à la moyenne et grande Hydro) pour un bilan carbone plus favorable que pour l'eolien et le PV.
Engin l'Europe a tapé du poing contrer la France ne comprenant par pourquoi la France refuse tous les projets de petite Hydro alors qu'ils vont être nécessaires pour stabiliser et équilibrer le réseau en périphérie au moment où le PV et l'eolien vont monter en puissance et poser les problématiques que l'on sait dues a leur fonctionnement intermittant et leur faible prévisibilité de production (contrairement donc a la petite Hydro).
Mais les caciques de notre administration préfÚrebt faire sauter les seuils des moulins sous prétexte de continuité écologique alors que les problÚmes de qualité d'eau sont à chercher ailleurs que chez les mouliniplus savoir dans les pollutions chimiques et médicamenteuses de nos rivieres.
a écrit le 25/03/2013 à 19:16 :
Que M. Stoffaes se contente de faire du lobby pro nucléaire dans sa chasse gardée: les couloirs des Ministeres et de l'Assemblée, là pu le Corps des Mines a une bien meilleur audience ! Par ce que quand je lit les commentaires ci-dessous on voit bien que les braves (montons ?) Français ne gobent plus aussi facilement le dogme du nucléaire.
a écrit le 23/03/2013 à 16:06 :
Dans l'article il ne parle pas de la méthanisation avec plus de 5000 installations en Allemagne... et qui commence a se développer en France et dont le nombre d'heure de production est proche du nucléaire.
Réponse de le 25/03/2013 à 2:36 :
Y'a même un procédé complémentaire à la méthanisation, c'est très astucieux par ce que ça récupère le CO2 émis par la méthanisation pour le mélanger avec de l'hydrogène (produit par électrolyse lors des surproduction solaire ou éoliennes) pour en faire du CH4 c a d du gaz naturel, ça s'appel la méthanation. Ce gaz naturel produit avec les renouvelables peut servir au chauffage, aux centrale électriques gaz ou...aux voitures GNV. Au final le CO2 est toujours rejeté dans l'air mais il a été "exploité" une seconde fois.
Quand on sait que le potentiel de stockage du gaz naturel en Allemagne est de 200 TWh on comprend qu'ils mettent la paquet sur cette technologie et encore une fois ils vont être les leaders mondiaux. http://www.youtube.com/watch?v=wLloSy-OWZ4 http://www.powertogas.info/
a écrit le 23/03/2013 à 10:22 :
@ Mr STOFFAES, votre article contient tellement de contre-verites qu'il en est effarant d'incomptence, ou d'intox. Par ou commencer ?

1/ Les couts du nucleaire (oui, LES) : le nuke ancien type Fessenheim est aujourd'hui reclame par la CRE et EDF a 5 c?/kWh, alors que pendant des annees les pontes du monopole national fanfaronnaient qu'il ne coutait que 3 c?/kWh, bizarre non ? Exlication : les couts de mise en securite post-fukushima et les menaces d'obligation de demantellement se profilant a l'horizon. Mais alors 2 questions viennent : c'etait pas securise avant ? Et je croyais que le demantelement etait provisionne ? Si la reponse a ces question est 'non', on est en droit de remettre en cause la competence des gens qui decident en matiere de nucleaire.
Concernant le nuke recent type EPR, on nous affirme qu'il est ultra-securise d'ou sont cout, soit. l'EPR de Flamanville est deja annonce a 10 c?/ kWh, qui coutera autant sinon pus que celui de Finlande, et ceux du Royaume-Uni sont annonces a un cout de 12 c?/kWh. Le nucleaire recent est donc au moins 2 fois plus cher que l'ancien, dont la R/D a ete payee par le contribuable et non le client.
Le nuke en lui-meme est intermittent avec la consommation, raison pour laquelle il fut necessaire de construire plusieurs station de pompage-turbinage dont Grand-Maison (1800 MW). On n'oubliera pas non plus que le facteur de charge des centrales nuke est de 70%, elles tournent donc 6200 heures equivalent pleine puissance, et ce d'autant plus qu'elles vieillissent.

2/ Les EnR a present : c'est mensonge que d'affirmer qu'il faut 6 fois plus de puissance EnR pour remplacer le nuke. Si effectivement le PV est productif a 1100 heures equivalent pleine puissance (1500 dans le sud), l'eolien est a 2200 heures en moyenne et l'hydro a 3400h. Les rapports sont donc respectivement de 1/6, 1/3 et 1/2. A propos de couts, le PV au sol n'est deja plus paye que 9 c?/ kWh, l'eolien a 8.2, l'hydro autour de 7 en moyenne.

Denoncer les couts de promotion des EnR en Allemagne en conparaison du nuke en France est tout aussi malhonnete. Vous oubliez a dessein les subvetions enormes obtenues par tout le secteur nuke durant les annees 60 a 80, qui compensent largement les tarifs d'obligation d'achat allemands, payes eux par le client. De plus ces tarifs ne sont plus aussi avantageux aujourd'hui puisque divises par 4 par rapport a leur niveau de 2004, au point ou aujourd'hui l'auto-consommation est l'option preferee lors de l'installation de panneaux PV.

Les detracteurs des EnR les accusaient il ya encore 4 ans de ne jamais produire assez d'electricite, aujourd'hui cet argument ne tient plus, on en trouve un autre : l'intermittence. Or des packs eolienne-batterie et panneaux solaire-batterie arrivent deja sur le marche a des prix 10 fois inferieurs a ceux d'il y a 6 ans. Et l'ere de l'auto-consommation avec connexion au reseau ne fait que commencer, une petite hausse du tarif d'achat d'electricite juste au niveau de ce qu'il devrait etre pour couvrir les vrais cout suffira.

Le nucleaire n'en est qu'au debut de son crepuscule.
Réponse de le 25/03/2013 à 20:35 :
Steph, excellente réponse, + 1 ! En allemagne on constate que désormais l'éolien et le solaire produisent parfois tellement que les prix de l'électricité deviennent négatifs. Alors plutôt que de payer pour vendre les entreprises Allemands préparent pleins de solutions intelligentes pour le stockage qui vont bientôt se disséminer partout avec la baisse des couts. Exemples: A l'échelle d'une maison individuelle, le micro stockage batteries lithium: http://www.voltwerk.com/fileadmin/user_upload/documents/Voltwerk_MIT_englisch_klein.mp4 A l'échelle d'un quartier, ou d'une ville la technologie Power-to-gaz: http://www.youtube.com/watch?v=wLloSy-OWZ4
Réponse de le 11/04/2013 à 12:07 :
Merci Steph pour cette réponse pleine de bon sens, dommage que La Tribune ne laisse pas la parole à des personnes plus compétentes et mieux informés de la réalité énergétique d'aujourd'hui.
a écrit le 22/03/2013 à 11:48 :
Même le pétrolissime JR Ewing était passé aux ENR. Faut donc pas désespérer de nos Mammouths radioactif ! http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=cJOvApTJrmc&feature=endscreen
a écrit le 22/03/2013 à 9:46 :
Seulement 17 ans d'investissements dans le nulcéaire auraient permis de produire 80 % de la production totale d'électricité ?
Vous ne semblez pas non plus inclure dans votre calcul le coût du démantellement des centrales (qui devrait être bien supérieur aux anticipations initiales d'EDF), ni le stockage des déchets radioactifs sur le long terme.
De plus, on observe une baisse constante du coût (hors subvention) des énergies renouvelables (en terme de Kw/heure) quand l'énergie nucléaire connait une croissance linéaire de ses coûts malgré la standardisation et les économies d'échelle qui auraient modérer cette croissance... Pour certaines énergies renouvlables, le croisement des courbes avec le nucléaire devraient intervenir d'ici quelques années...
Réponse de le 22/03/2013 à 10:49 :
Les courbes de prix entre les ENR (éolien ou solaire) sont désormais inversées dans plusieurs pays ou les ENR y sont moins cheres que le nuc: Allemagne, Italie, Espagne, Australie, Californie et même bientot...la perfide Albion si EDF réussi son arnaque de lui fourguer ses EPR à 120? le MWh. Aucun doute qu'en France notre ligne Maginot et ses vaillants soldats diplomés de l'X nous protégera contre de telles horreurs !!
Réponse de le 22/03/2013 à 11:10 :
On découvre depuis peu de temps qu'en cas d'accident la facture à payer par les braves grenouilles Française pourrait être comprise entre 400 et 5800 milliards d'Euros mais...chhhhuuuut, Monsieur le (très vieux) diplomé du Corps des Mines en est resté au temps glorieux des années 70 quand le nucléaire n'avait qu'une chance sur 1 million d'avoir un accident grave...
a écrit le 22/03/2013 à 7:50 :
Il conviendrait d'utiliser une seule unité de mesure pour établir des comparaisons entre les différentes formes d'énergie:au niveau des énergies brutes,utiles,effectivement utilisées(rendement).Je propose le kWh avec 1tep=10MWh.
a écrit le 22/03/2013 à 1:43 :
Sauf que vous ne remplacerez pas votre centrale nucléaire par une installation PV ou éolienne de même puissance. Alors certes leur kWh produit se rapproche rapidement de celui du nucléaire, mais ils sont encore bien loins de pouvoir les remplacer. Qu'on parle d'éolien ou de solaire, il sera nécessaire de démultiplier les installations en puissance pour qu'en productible injecté on arrive au même niveau qu'une centrale nucléaire, ce qui multiplie d'autant le coût du kWh et retarde la compétitivité. Un ingénieur d'E.on remarquait le paradoxe qui veut que la puissance installée en Allemagne a considérablement augmenté avec l'essor des renouvelables alors même qu'on tend à promouvoir les économies d'énergies, ce qui implique que de plus en plus certaines capacités installées seront de trop à certains moments. La question est comment rémunérer tout ce petit monde qui aura un gâteau plus petit à se partager (la demande d'électricité) entre une offre plus grande (les capacités installées disponibles).
Réponse de le 22/03/2013 à 11:00 :
Ben les prix vont baisser et les grosses compagnies vont boire la tasse si elles ne prennent pas le train en marche de la transition énergétique (créations: smart grid, gestion de résaux, énergie à la demande, stockage etc..). Au final, d'ici 20 ans, ce sont les pays qui ont le plus d'ENR qui auront la meilleur résilience de leurs réseaux énergétiques et surtout qui paieront le moins cher leur électricité. Encore une fois cela confirme la pertinence des choix Allemands.
a écrit le 22/03/2013 à 0:07 :
Ce pseudo article journalistique est une démonstration supplémentaire de la myopie totale des Mammouths du Corps des Mines, nostalgiques du 20° siècle et ses oligopoles énergétiques et dangereux . Ces beaux messieurs sont outrés que 80% des Allemands soient satisfaient d'être en phase avec le 21° siècle énergétique. Alors le mieux c'est encore de faire passer les Allemands pour des gens incohérents qui finiront ruinés. Le Corps des Mines ferai bien mieux de nettoyer ses écuries radioactives plutôt que de fanfaronner des stupidité sur des sujets qui les dépassent.
Réponse de le 22/03/2013 à 9:03 :
Encore et toujours ce mythe du complot organisé du lobby nucléaire mené par les ingénieurs des Mines. Cet argument lassant, en est devenu caricatural !
Penser que l'Allemagne est à la pointe est tout autant un effet d'optique marketing : en 2012, 57% de leur électricité provenait d'énergie fossile. Si c'est ça le 21e siècle, je préfère rester dans le 20e ! D'autant qu'ils n'ont pas encore arrêté toutes leurs centrales nucléaires qui contribuent encore à hauteur de 16%. Les ENR ne représentaient que 21%, en France on se trouve aux alentours de 15%, le gap n'est pas si énorme !
Au final, l'Allemagne c'est comme le foyer hypocrite qui montre sa voiture électrique mais qui cache le Hummer dans le garage.
Réponse de le 22/03/2013 à 10:40 :
S4m vous parlez d'un "gap pas si énorme" entre la France et l'Allemagne, on aimerait vous croire. Allez donc expliquer cela à nos Technocrates qui ont fait passer la France de 15% d'ENR en 1990 à...15% en 2012
Réponse de le 23/03/2013 à 10:27 :
Le gap n'est pas si enorme ?! Sauf que l'Allemagne etait a 6% d'EnR en 1995 et a 21% aujourd'hui, en progression de 2-3% par an (1% PV, 1.5% eolien et 0.5% le reste). Tandis que nous bons Francais, bien nombriliste et suffisants, nous stagnons a 15% depuis 20 ans (13% d'hydro, 2% d'eolien, des traces de PV et biogaz).
Stagner, c'est bien le verbe qui convient a notre pays.
a écrit le 21/03/2013 à 22:09 :
Très bon article auquel il ne manque que la composante monétaire. Lorsque tous les curseurs de l'endettement en devises sont au taquet, mieux vaut produire plus cher chez soi en monnaie locale que d'importer moins cher de l'étranger en devises. Le gaz russe, par exemple, serait une excellente alternative si on pouvait le payer en euros.
a écrit le 21/03/2013 à 22:02 :
Il est quand même dommage que Christian Stoffaes, polytechnicien ingénieur des Mînes payé par le RTE confonde (forcément à dessein) taux de charge et disponibilité lorsqu'il compare éoliennes et centrales nucléaires. La disponibilité moyenne des éoliennes en France est supérieure à 97% alors que celle du nucléaire est tombée en dessous de 80% depuis 2011. Quant au taux de charge, c'est juste un optimum économique en fonction de coût de la génératrice. Dommage aussi qu'il feigne d'ignorer que la vraie intermittence n'est pas celle de la production mais celle de la consommation: 30 à 40% de différence de consommation entre le jour et la nuit en France. Alors que fait-on pour absorber une énergie de base comme le nucléaire qui produit de manière constante jour et nuit et qui pèse 80% de la production nationale? On utilise du charbon pour faire les pointes que le nucléaire ne peut pas faire et on exporte le nucléaire la nuit quand l'électricité est donnée. A-t-on équipé la France de centrales à charbon pour gérer l'intermittence de l'éolien ou celle de la demande que le nucléaire ne peut pas suivre?
a écrit le 21/03/2013 à 21:34 :
Chaque pays a ses spécificités. Ex la France est un pays touristique où installer des éoliennes a un impact beaucoup plus grand que le faire dans les plaines d'Allemagne du Nord qui ne sont pas la dernière destination à la mode. J'aurais en France plus parié sur un mix nucléaire-hydraulique pour la grosse production et solaire pour les petites productions (cette dernière est dans le Sud dramatiquement peu développée) plutôt que l'éolien dont j'ai un peu de mal à comprendre comment ça peut être rentable, sachant que même les jours ventées il y'en a toujours 1/5 en rade. Le nucléaire est déjà en très grande partie construit et on doit faire avec et avec un bon entretien, ces centrales peuvent durer beaucoup plus longtemps que leur durée de vie initialement prévue. Encore faut-il qu'EDF le fasse correctement plutôt qu'investir dans des trucs foireux à l'étranger. Les Allemands ont du charbon et du lignite en quantité industrielle, et c'est normal qu'ils se tournent vers cette énergie plutôt que le nucléaire; l'abandonner pour eux est une bonne (ou mauvaise) façon de se donner bonne conscience (ça, c'est comme les voitures, ils savent faire de l'autre coté du Rhin) qui a un cout bien moindre qu'en France. Chacun voit midi à sa porte
Réponse de le 22/03/2013 à 10:43 :
manque de pot pour mjj, de ce côté aussi des arguments le mythe s'effondre. Les estimations de "pertes d'image" en cas de catastrophe nucléaire se chiffre en centaines de milliards d'euros (voir l'IRSN) et les premiers touchés seront le tourisme et l'agriculture respectivement 1° et 2° économie du pays !
a écrit le 21/03/2013 à 16:41 :
Article écrit par un X-mine, donc difficile pour lui de ne pas taxer ceux qui critiquent le nucléaire d'hystériques.. Marrant mais un peu réducteur et du mal pour l'auteur à trouver des vertus dans la transition énergétique. Ce corps de mines la subit alors qu'il devrait y chercher les chances et opportunités que cela permet.
Réponse de le 25/03/2013 à 20:45 :
Le Corps des Mines est peuplé de Mammouths aveuglés par leur complexe de supériorité. Malheureusement pour la nation Française le domaine de l'énergie est leur "chasse gardée exclusive" et il ne faut pas se faire d'illusion avec eux l'expression "Transition" ça se traduit par "Glaciation (nucléaire)".
Réponse de le 27/04/2013 à 10:08 :
Je ne comprend pas pourquoi vous considérez un X-Mines comme a priori intellectuellement malhonnête . Moi je dirai que, a priori, il a des compétences et des connaissances qui lui permettent de donner des avis plus pertinents !! J'ai l'impression que les avis pertinents ne vont pas dans le sens que vous souhaitez .... Ca explique tout !
a écrit le 21/03/2013 à 16:30 :
Beaucoup de choses intéressantes mais pas mal d'erreurs et une conclusion un peu trompeuse.
D'une part l'éolien c'est 2300 à 4000heures suivant les sites et pas 1500 ou 1800 heures.
D'autre part le parc nucléaire français, s'il devait être reconstruit à l'identique couterait 400Milliards d'euros (les couts du nucléaire ont été multipliés par 4 comparé aux couts de l'époque. Il ne faut pas oublier qu'on a aussi investi 77milliards en R&D à l'époque et qu'on bénéficie d'uranium quasi gratuit du Niger depuis 40ans en les exploitant bien comme il faut (ils sont le pays le plus pauvre du monde). N'oublions pas aussi le centre de stockage de déchets de ce parc qui devrait couter 35 à 45milliards.
Enfin les allemands ont bien mis 115milliards mais grace à eux les couts des ENR ont complétement fondu. Refaire exactement le même parc aujourd'hui c'est à peine 70milliards.
Et les courbes vont dans un sens opposé, le cout des ENR baisse, celui du nucléaire augmente.
Aujourd'hui 1MWh éolien c'est 85? et lorsqu'il est amorti il passe à 20?.
1MWh solaire dans le sud c'est 100? et amorti il passe à 10?.
1MWh nucléaire (EPR) c'est 120? au royaume uni et sans soute 80 à 100? en France et quand il est amorti c'est 60?.
Les courbes se sont croisées, 2012 a été l'année charnière.
Réponse de le 22/03/2013 à 0:14 :
C'est sur qu'avec le hold-up qu'EDF est en train de commettre auprès de la population Anglaise (120 ? le MWh garanti pendant 40 pour les projets d'EPR !!) ils peuvent désormais se permettre de donner des leçons d'économies à tous le monde nos géniaux technocrates de l'X-Mines.
Réponse de le 29/03/2013 à 17:53 :
En France l'éolien terrestre a un facteur de charge de 23% d'après RTE, avec un parc éolien récent; en Allemagne sur les 10 dernières années le facteur de charge moyen est de 16,3% (chiffre officiel allemand). Cela représente respectivement 2015 heures et 1430 heures de fonctionnement annuel à pleine puissance. Ce sont donc bien les chiffres d'Arnaud qui sont fantaisistes. Je ne parle même pas du reste qui est de la même veine!
Réponse de le 20/04/2013 à 8:11 :
@jardinier : precisez donc mon cher, c'est un peu facile de faire l'intox.
Le centre de stockage de Bure va bel et bien couter 35 Milliard d'E. Le cout d'installation des EnR surtout le PV a completement chute, quelques chiffres suffisent : le PV au sol, c'etait 32 c?/kWh en 2007, 8cE aujourd'hui, et la comparaison de surcout par rapport au prix du marche (5 cE) est encore plus impressionnante : 27 cE a ... 3 cE autrement dit le PV a divise son cout pour la collectivite par 10, tout ca pour acceder a une enrgie tres peu polluante !!!
a écrit le 21/03/2013 à 14:54 :
Mouais, les hypothÚses sont bien posées, mais le montant des investissements nucléaires en France me semble trÚs sous évalué. Quant à l'intermittence des EnE qui doit être compensée par du thermique, même RTE dit que ce n'est pas le cas (tant que l'on reste sous un certain ratio)
a écrit le 21/03/2013 à 11:39 :
En attendant, c'est le contribuable qui trinque avec des mesures comme le projet de taxe sur le gazole ou la supression des lampes à incandescence. Je me suis fourni en LED et ampoule fluocompacte sur www.luminaire.fr et je dois admettre que ça m'a bien aidé à réduire mes coûts énergétiques. Donc une bonne réflexion sur les économies d'énergie n'a pas que du négatif.
a écrit le 21/03/2013 à 10:47 :
Très bon article avec ce comparatif. "Un coût total d'investissement moins élevé, pour une puissance installée équivalente, mais une production six fois moindre.": il n'y a pas une erreur à la fin de la conclusion ?
Réponse de le 21/03/2013 à 20:42 :
Grossière étourderie : ce n'est pas "6 fois moindre" mais "6 fois superieure".
Exçellent article à part cette énorme coquille!
a écrit le 21/03/2013 à 10:12 :
enfin un bon article sur le web. c'est rare !
Réponse de le 21/03/2013 à 19:43 :
oui c'est à peu près aussi rare que de voir les responsables de notre Atom'cratie assumer les risques démentiels que nous font courir nos pétaudières radioactives !
Réponse de le 21/03/2013 à 23:47 :
ouais....si seulement les Apparatchiks du Corps des Mines étaient aussi doués pour s'occuper de mettre en place une vraie assurance pour couvrir les frais en cas d'explosion de leurs pétaudières nucléaires dans ce cas j'applaudirai mais là c'est tout simplement de la désinformation
Réponse de le 22/06/2013 à 17:39 :
on ne connait pas la durée de vie des panneaux solaires ni des condensateurs et le recyclage- c'est nouveau tout beau..........on en parlera dans 20 ans ou 30 ans et on fera le calcul

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