Hyundai i10 : une mini-coréenne vive et enjouée

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(Crédits : DR)
Cette citadine est abordable, accueillante et plaisante à conduire... Sauf au démarrage à cause d'un embrayage délicat à doser. Une bonne petite auto garantie cinq ans, très sympa et polyvalente, mais pas forcément dans les embouteillages.

Le sourire ironique en coin quand on évoque les voitures coréennes, c'est fini. Avec cette petite i10 produite en Turquie pour l'Europe,  le cinquième constructeur automobile mondial prouve  une nouvelle fois son savoir-faire. Dotée d'une carrosserie à cinq portes fonctionnelle et agréable, cette rivale des Renault Twingo, Peugeot 107 (et future 108), Fiat Panda, propose d'emblée une bonne accessibilité et un espace appréciable vu les faibles dimensions (3,66 mètres de long à peine). Quel progrès par rapport aux précédentes coréennes d'entrée de gamme, maladroitement dessinées, caricaturales!

Un intérieur au style soigné

A l'intérieur, la planche de bord est certes constituée de plastique durs, mais bien assemblés. Ca ne fait pas camelote, contrairement à une Chevrolet Spark par exemple. Tout cela donne une impression de sérieux. Le style est soigné. Avec pas mal d'espaces de rangement. Sur notre version intermédiaire, Hyundai a fait un effort louable pour échapper au noir omniprésent d'habitude. C'est coloré et gai. La nuance orangée est chaleureuse. Un exemple à suivre.

hyundai i 10

En revanche, la position de conduite ne nous a pas convaincus. L'assise en creux avec les genoux fortement relevés sera appréciée des conducteurs à longues jambes. Mais, au-dessous d'1,75 mètre, il faut trop avancer le siège pour pouvoir accéder aux pédales. Et le bourrelet dur qui relève exagérément les cuisses fatigue un peu à la longue. Le volant n'est réglable qu'en hauteur, pas en profondeur.

 Vive, enjouée, assez sûre...

On apprécie le bel allant de la petite mécanique, vive et prompte à monter dans les tours, assez souple, bien aidée par une boîte douce (sur les cinq rapports avant). Et, même sur autoroute, le vaillant petit moteur 1,2 de 87 chevaux fait bien son boulot. Il est vrai que le poids reste contenu (950 kilos à vide). La tenue de route est réussie. Maniable, la voiture se maintient très correctement en virage et en ligne droite, même sur chaussée médiocre, avec une direction  directe et précise.

Bel exploit pour un véhicule si petit, étroit et au centre de gravite élevé. Le tout avec un niveau de confort très acceptable... par rapport à un si faible empattement (distance entre les trains avant et arrière). Mais attention aux ralentisseurs, que le politiquement correct a semé partout sur les chaussées de notre chère France! Là-dessus, un mini-véhicule tressaute forcément! Bref, on est globalement conquis...

hyundai i 10

...Mais démarrages agaçants

...Sauf au démarrage! Car, les départs sont un rien laborieux, désordonnés, approximatifs. C'est le défaut principal de cette voiture. La faute à un embrayage manquant de progressivité, comme souvent sur les voitures asiatiques à boîte manuelle. La course de la pédale est faible, ce qui rend difficile le dosage.

Comme, en plus, ce moteur de faible cylindrée pâtit d'un trou à très bas régime, les embouteillages urbains ou les manœuvres sont des épreuves peu agréables. Et ce, d'autant que le dosage de la pédale d'accélération est également délicat. Bref,  on a tendance à trop accélérer et, du coup, emballer le moteur.

Il faut donc faire preuve de beaucoup de subtilité et de délicatesse pour démarrer proprement. Autre hic: dans les manœuvres, la boîte manque un peu de précision dans l'enclenchement de... la marche arrière. On a parfois du mal à la trouver du premier coup, surtout sans craquement. Etrangement, cette voiture à vocation urbaine est partout à l'aise... sauf dans les encombrements citadins récurrents.

Notons au passage que, contrairement aux discours des « leaders » politiques qui n'arrêtent pas de vanter les micro-voitures « écolo-citoyennes », eux qui circulent en limousine avec chauffeur, un petit véhicule est intrinsèquement beaucoup moins sûr et confortable qu'une grosse, avec des risques bien plus graves en cas d'accident. Les lois de la physique sont difficilement dépassables. Mais cela est valable pour toutes les petites autos.

Offre financièrement intéressante

Cette Hyundai n'est pas une voiture à bas coût. Le coréen propose aujourd'hui ses modèles à des tarifs in fine assez proches de ceux des concurrentes européennes. Logique, compte tenu de la nette amélioration du contenu de ses voitures. En revanche, pour un prix similaire à celui d'une européenne, l'équipement est nettement plus généreux. Et, ici, on a tout ce qu'on est en droit d'attendre d'une petite voiture. Voire au-delà. Seule fausse note : l'écran du GPS nomade est vraiment trop petit. Comme sur une Volkswagen Up !

Comptez 9.950 euros en version d'accès avec un trois cylindres  de 66 chevaux et déjà le verrouillage centralisé, le volant réglable en hauteur, le contrôle de pression des pneus. La version Evidence est à 10.800 avec ce moteur de base. Avec "notre" quatre cylindres 1,2 plus polyvalent, tablez sur 11.400 euros, et, en plus, les vitres électriques, la télécommande pour les portières! Le siège du conducteur est réglable également en hauteur. Le GPS est à 300 euros, la climatisation à 900, la peinture métallisée à 420. Honnête.

A partir de la finition Evidence, en fonction de la teinte extérieure choisie, l'habitacle de votre i10 peut se colorer, en noir à rappels orange ou à rappels bleus. La finition supérieure Sensation coûte, avec le moteur 1,2, 13.000 euros, intégrant l'air conditionné (mais le GPS reste optionnel), l'aide au démarrage en côté, l'éclairage supplémentaire en virage, bof.

Prenez donc la finition Evidence avec mécanique 1,2! Pas de malus à prévoir avec les 114 grammes de rejets officiels de CO2. Le budget carburant ne vous perturbera d'ailleurs pas outre-mesure.  L'i10 a consommé 7,7 litres de sans-plomb aux cents durant notre essai avec beaucoup de ville, ce qui est dans la norme pour une voiture à essence. Mais il n'y a rien là d'exceptionnel non plus. Précisons aux anti-diesels qu'un modèle à essence consomme intrinsèquement 20% de plus qu'un véhicule diesel et rejette donc autant de CO2 en plus! 

On oubliait: le coréen prévoit cinq ans de garantie, kilométrage illimité, avec autant d'assistance gratuite. Même une assurance perte d'emploi figure dans l'offre. Bonne initiative, même si cela oblige le client à être fidèle au réseau, ce qui est en partie le but recherché. Ah, soulignons que la marque a acquis sur ses derniers  véhicules une bonne réputation de fiabilité!

Modèle d'essai: Hyundai i10 1,2 Evidence:  11.400 euros

Puissance du moteur: 87 chevaux (essence)

Dimensions: 3,66 mètres (longueur) x 1,66 (largeur) x1,50 (hauteur)

Qualités: carrosserie plaisante, habitabilité et accessibilité, habitacle accueillant, équipement fourni, garantie cinq ans, tenue de route sûre (pour une petite voiture), maniabilité, confort acceptable, moteur vif et plaisant...

Défauts: ... sauf au démarrage avec un creux agaçant, embrayage difficile à doser, marche arrière dure à enclencher, position de conduite perfectible, écran du GPS minuscule.

Concurrentes: VW Up (5 portes) 1,0 75 ch Move up: 12.440 euros; Renault Twingo Intens Eco 2: 13.300 euros; Opel Corsa (5 portes) 1,2 Twinport Cool line:  14.190 euros

Note: 13,5 sur 20

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 02/01/2014 à 15:22 :
une copie de Renault, sauce caca
a écrit le 30/12/2013 à 16:49 :
Les prix des pièces détachés sur cette marque est bien trop élevée. Les tarifs sont même supérieures à des marques premium comme Audi ou Lexus.
a écrit le 22/12/2013 à 18:21 :
C'est toujours un plaisir de lire les articles de M. Verdevoye. Merci pour les précisions et les évaluations qui nous permettent de voir les nouveaux modèles sons un autre angle.

En ce qui concerne la voiture mise à l'épreuve ici, force est de constater les progrès réalisés par le conglomérat Hyundai-Kia depuis quelques années, mais tout de même gare à la hausse des prix des modèles, qui pourrait dissuader une clientèle tentée par les marques allemandes ou japonaises.
Réponse de le 30/12/2013 à 16:51 :
A ce prix on trouve facilement des modèles allemands ou japonais bénéficiant d'une meilleure image et donc plus facilement revendable.Sans parler du plaisir de conduire.
Réponse de le 31/12/2013 à 14:30 :
"Ah, soulignons que la marque a acquis sur ses derniers véhicules une bonne réputation de fiabilité!" Ce n'est pas ce que disent les enquêtes réalisées par de l'ADAC (club européen d'automobilistes) et par JD Power.

La marque coréenne occupe la 22ème place du classement JD Power 2013.
a écrit le 21/12/2013 à 18:34 :
La tenue de route des petites Hyuandai d'il y a 3/4 ans était très approximative à partir de 80 km/h. Celle-là semble mieux d'après l'auteur, c'est un minimum
a écrit le 21/12/2013 à 2:11 :
Hyundai n'a pas réussi à faire mieux que la Twingo.
a écrit le 20/12/2013 à 21:07 :
Les marques français ne sont pas victimes des autres constructeurs,

elles sont victimes des monumentales erreurs de stratégies industrielles de leurs très incompétents dirigeants et de leurs cadres subalternes carriéristes rampants qui lèchent les parquets tels des caniches
a écrit le 20/12/2013 à 19:40 :
Reportage édifiant hier sur Envoyé spécial à propos des relations constructeurs auto et journalistes spécialisés !!!
Réponse de le 21/12/2013 à 14:59 :
Au lieu d'agresser constamment la presse, sachez que tous les essais de LA TRIBUNE sont réalisés dans les mêmes conditions, sur quasiment le même parcours, avec des voitures strictement de série, sur environ la même période... Aucun "cadeau" ou "chèque" n'est censé "acheter" le journaliste, en ce qui nous concerne du moins!!! Les essais sont faits OBJECTIVEMENT, sans pressions, en tenant toujours compte de la concurrence. Personnellement, nous valorisons particulièrement la qualité de fabrication et donc la longévité, la réputation de fiabilité, le confort, l'agrément routier, l'onctuosité du moteur, le raffinement de la présentation, l'espace à bord et le rapport prestations-plaisir-prix.
Réponse de le 22/12/2013 à 11:02 :
Effectivement j'ai moi aussi vu ce reportage... et je comprends maintenant pourquoi toutes voitures sont hyper formidables. Vous etes qui pour réponde anonymement ? N'avez vous pas le courage de dire que vous ne faites pas votre travail consciencieusement ? Et comment ne pas être dubitatif devant vos arguments : je cite "Personnellement, nous valorisons particulièrement la qualité de fabrication et donc la longévité, la réputation de fiabilité, le confort, l'agrément routier, l'onctuosité du moteur, le raffinement de la présentation, l'espace à bord et le rapport prestations-plaisir-prix" = pour pouvoir mesurer tout cela, il faut des bancs de mesure de résistance des matériaux, les soumettre à des tests agressifs accélérés, il faudrait démonter le véhicule et juger chaque composant... Vous êtes pathétique avec votre argumentation à 2 balles
Réponse de le 23/12/2013 à 8:50 :
Vos insultes non fondées et risibles sont inacceptables et vos excès ne prouvent que votre bêtise
a écrit le 20/12/2013 à 18:45 :
Zéro valeur ajoutée européenne. Pensez y avant d'acheter.
Réponse de le 20/12/2013 à 19:26 :
tout à à fait d'accord
Réponse de le 21/12/2013 à 19:15 :
La i10 est fabriqué en Turquie et ne vient donc pas de Corée, contrairement à certaines Renault. A part ça, Hyundai est client des équipementiers français et européens.
Réponse de le 21/12/2013 à 23:33 :
enfin vouloir se la jouer français sur des Hyundai... faut quand même oser...d'accord une partie des renault n'est pas faite en France.. mais il y a quand même quelques dizaines de milliers de Français qui bossent pour Renault....et pour les Renault qui viennent de Corée...ça représente les Koleos et les Lattitude... quel volume !
Réponse de le 24/12/2013 à 11:33 :
La i10 est fabriquée en Turquie, comme 70% des Clio, voiture la plus vendue en France.
Réponse de le 24/12/2013 à 18:34 :
oui, vous avez raison mais la clio est développée en France (des milliers d'emplois en RD), équipée de moteurs, de BV et de composants assemblés en Europe de l'Ouest (des dizaines de milliers d'emplois industriels). Hyundai Kia profite juste de son marché national cadenassé et de notre naïveté pour venir mettre en difficultés les constructeurs européens qui font vivre des centaines de milliers de familles. Libre à vous de trouver cela super mais c'est bien triste pour vos enfants

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