Christophe Chanhsavang, créateur du premier "bar à sieste" parisien

Perrine Créquy

Perrine Créquy
Son portable dans une main, le téléphone fixe dans l'autre, Christophe Chanhsavang jongle avec les demandes de réservations, sans jamais se départir de son calme olympien. Le gérant du Zzz... Zen - Le Bar à sieste accueille ses clients avec le sourire, propose un thé détox et détaille les conseils d'hygiène d'une voix douce, qui berce. On vient dans sa boutique pour dormir un moment dans des hamacs, des fauteuils massants ou des lits chauffés aux pierres de jade.
Son diplôme de l'école de commerce parisienne Inseec en poche, il enchaîne les expériences professionnelles au Royaume-Uni, en Grèce, au Canada et à Hong Kong. L'occasion, pour ce polyglotte qui parle mandarin, cantonais, allemand et anglais, de se forger un réseau de contacts qu'il mobilise aujourd'hui pour trouver les meilleurs fournisseurs à travers le monde.
De retour à Paris, il découvre une autre forme de fatigue, plus pernicieuse : l'épuisement nerveux qui naît du mal-être au bureau et/ou des conditions de travail difficiles.
L'ex-banquier en sourit, aujourd'hui. Ces expériences l'encouragent à relever les défis qui jalonnent le lancement d'un service nouveau comme un bar à sieste. Après des débuts laborieux, le temps de faire connaître et comprendre son activité, il s'apprête à recruter un deuxième salarié.
Et il continue d'évangéliser les dirigeants aux vertus de la sieste pour leurs salariés en organisant des démonstrations. Il a ainsi initié les membres du Medef Île-de-France en décembre dernier.
Pour autant, ce n'est pas lui qui a eu l'idée du bar à sieste. Elle lui a été soufflée par Virginie, sa compagne.
C'est elle qui a permis de compléter le financement du projet, grâce à un prêt personnel. Les banques ont en effet décliné les demandes de financement professionnel adressées par Christophe Chanhsavang, qui a quitté son poste de salarié en 2010, avec des indemnités chômage, mais sans bonus ni parachute doré.
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Méthodique, le jeune entrepreneur avait pourtant peaufiné son business plan lors d'une formation à l'entrepreneuriat Créajeunes, dispensée par l'Adie. Colette, tutrice bénévole dans cette formation, a été impressionnée par l'engagement de Christophe Chanhsavang :
Même la presse internationale, comme le Daily Mail britannique, se pique de curiosité pour son bar à sieste, un concept inédit en Europe. Autre fait d'armes de ce communicant inspiré : inviter au Zzz... Zen - Le Bar à sieste Sophie-Tith, Flo, Philippe et Florian, les quatre finalistes de La Nouvelle Star, le télécrochet diffusé sur D8. Christophe Chanhsavang a en effet un carnet d'adresses bien garni dans le « showbiz ». Dans ce milieu, on l'appelle Veng, son prénom laotien.
Également ancien danseur et entraîneur de hip-hop, Christophe Chanhsavang a cofondé en 2009 l'association Watt.
Il rencontre alors Rino Coletti, un entrepreneur dans l'événementiel, qui organise notamment des vide-dressings géants avec sa structure dernière née, Violette Sauvage. Ensemble, ils lancent une série de soirées festives qui réunissent jusqu'à 3.000 personnes.
Il s'en est fallu de peu pour que Christophe Chanhsavang ne devienne entrepreneur dans ce secteur de l'événementiel culturel. Sa première impulsion entrepreneuriale l'a poussé en Chine en 2007, avec un projet de comédie musicale.
À écouter cet ancien de la Société générale, on comprend qu'il y a autant de banquiers mal financés que de cordonniers mal chaussés.
Perrine Créquy