Carnet de bord décalé : IFO ce qu'il faut ...

 |   |  980  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Un regard oblique sur l'actualité économique et financière de la semaine. Chaque jour, un fait ou un chiffre saillant.

Lundi 17 janv. Pépin

Pas courant de tomber sur un os en croquant une pomme. Et pourtant, il y a bien un os dans LA pomme ? L?os c?est son patron Steve Jobs. Le grand gourou du marketing, le Pavlov du high-tech, le concepteur de l?i-Reflexe ? qui vient de flanquer un nouvel arrêt maladie en bonne et due forme à son conseil d?administration. Fort heureusement, en ce jour du Martin Luther King Day, les portes de Wall Street sont fermées sinon il y a fort à parier que le cours de la pomme aurait terminé la journée en compote. Preuve en est qu?à Francfort, son cours a dévissé de 7,89 % sur la journée. C?est tout le paradoxe d?Apple. Son meilleur atout est aussi son talon d?Achille : son patron visionnaire à la santé toutefois chancelante. La firme et l?homme sont « pomme et âme » liés. De quoi se demander une nouvelle fois si Apple a un avenir après Jobs. Celui-ci est en définitive la branche, voire l?arbre, au bout de laquelle la pomme transgénique (3ème capitalisation boursière mondiale) pousse depuis trop longtemps. Le pépin, c?est que les arbres ne sont pas éternels ?

Mardi 18. Le club des 4000

 

Les plus superstitieux voient déjà la Bourse de Paris installée confortablement en territoire négatif fin décembre 2011. Les statistiques parlent pour eux. Dans une grande majorité des cas, le premier mois de l?année s?avère décisif pour les onze suivants. Une aubaine pour le CAC 40 qui s?octroie 5,5% par rapport à fin décembre et qui vient de franchir le seuil psychologique des 4000 points. Une première depuis 9 mois. Les chartistes y voient une résistance qui se transforme progressivement en support constitutif d?un signal d?achat. La barre des 4086 points correspondant au pic de 2010 atteint en cours de séance du 16 avril 2010 semble plus que jamais accessible. Maintenant que les craintes d?un engrenage sur la dette souveraine en zone euro sont dissipées, du moins temporairement, la microéconomie reprend ses droits. Dans les bureaux de recherche, c?est la foire d?empoigne. Les relèvements de recommandation s?enchaînent et contribuent à l?euphorie ambiante. Tout comme les publications de résultats annuels à Wall Street. Les traders y croient. Leur bonheur serait total si la surchauffe économique chinoise ne constituait les prémisses à un durcissement de politique monétaire.

 

Mercredi 19. Goldman Saqué

 

L?heure du verdict a sonné pour les grandes maisons de Wall Street. A la criée, les esprits sont détendus. Personne n?ose imaginer que le rendez-vous des publications annuelles soit raté après l?ascension des indices boursiers américains en 2010. Pendant ce temps-là, les yeux rieurs de Lloyd Blankfein ont cédé leur place à un regard sombre et inquiet. Le patron de Goldman Sachs se voit déjà pousser des oreilles d?âne et transporter sur son dos les sacs pleins de billets amoncelés par la concurrence. Et pour cause. Non seulement, il dirige le seul grand établissement financier de la place à ne pas avoir vu ses profits gonfler l?an dernier mais il s?est, de surcroît, fait damer le pion par JP Morgan et Wells Fargo, dont les bénéfices annuels culminent à 17,7 milliards de dollars pour le premier et à un niveau record de 12,36 milliards de dollars pour le second. En cause, la chute de ses activités obligataires au quatrième trimestre. Les flux semblent repartir vers le compartiment des actions. Malheureusement, avec l?arrivée prochaine de l?interdiction pour les banques de réaliser des opérations de trading pour compte propre, Lloyd n?est pas prêt de se débarrasser de son bonnet.

 

Jeudi 20. Le péril jaune

Dans l?absolu, 10 % de croissance cela devrait faire rêver. Dans l?absolu seulement. Aujourd?hui cela fait trembler tous les investisseurs de la planète finance. L?annonce d?une croissance à deux chiffres de l?économie chinoise en 2010 vient de plonger les salles de marchés dans le silence et la torpeur. Les indices suspendent leur vol ? et s?enfoncent dans une petite dépression. Aux Etats-Unis les indicateurs encourageants de l?immobilier et de l?emploi n?y changent rien. Contre toute attente, la croissance est devenue un spectre qui traîne dans son sillage celui de l?inflation et par effet de contagion laisse à penser que les autorités chinoises ne vont pas tarder à opter pour une nouvelle hausse des réserves obligataires de leur banque, suivie de près par une hausse des taux. Rythme effréné de la cadence économique mondiale via les émergents ou abondance des liquidités dans les nappes phréatiques du marché ? les investisseurs de tout poil ont bien du mal à gérer les situations extrêmes.

Vendredi 21. IFO ce qu?il faut ...

Outre-Rhin, « Angie » Merkel jubile. Il ne se passe désormais plus une semaine sans que l?Allemagne fasse figure d?élève modèle du Vieux Continent. Déjà, Destatis, l'office fédéral allemand des statistiques avait estimé à 3,6%, la croissance du PIB germanique en 2010. Tout un symbole ! Jamais une telle performance n?avait été observée depuis la réunification du pays en 1990. Comme si cela ne suffisait pas voilà que l?indice IFO mesurant le climat des affaires nationales est ressorti, lui aussi, à son meilleur niveau depuis 20 ans. Les entrepreneurs allemands ont le moral. Les fonctionnaires de Bercy mettent, eux-mêmes, en lumière dans un rapport le manque de compétitivité industrielle de la France par rapport à son voisin. Comme en 2010, l?Allemagne est bien partie pour servir une nouvelle fois de jalon économique et boursier à la zone euro. Reste maintenant à espérer que le renforcement de la monnaie unique ne constituera pas une menace pour la force exportatrice de ses compatriotes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :