Darwin quitte la médiation judiciaire avec Bordeaux Métropole Aménagement

Mikaël Lozano

Darwin écosystème Bordeaux
La Tribune / Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Darwin écosystème Bordeaux
La Tribune / Mikaël Lozano
* article réactualisé à 17h11 avec la réaction officielle de Bordeaux Métropole Aménagement *
L'information est tombée à travers un communiqué publié mercredi soir sur la page Facebook de l'écosystème Darwin :
Depuis des mois, un conflit très vif oppose Bordeaux Métropole Aménagement à l'écosystème Darwin. Le premier belligérant est la structure responsable de l'aménagement du quartier Bastide-Niel, vaste opération urbaine prévoyant la construction de 3.400 logements, qui enserre le second, lieu qualifié d'alternatif et d'écolo, poussé sur la rive droite de Bordeaux en quelques années de manière plus ou moins anarchique. Darwin est aujourd'hui le 2e site le plus visité de Bordeaux après le Miroir d'eau et accueille des activités économiques, associatives, sportives... tout en défendant fortement les thématiques environnementales.
Estimant que le lieu a prouvé sa capacité de résilience et son ancrage dans le réel, ses fondateurs ont toujours revendiqué un développement au fil de l'eau en profitant du relatif flou autour de la propriété et de l'usage d'une partie des terrains, notamment des hangars. Une manière de procéder difficilement compatible avec les méthodes de Bordeaux Métropole Aménagement. Alain Juppé, alors maire de Bordeaux, n'a pas réussi à régler le conflit, qui a fini en justice. Le 29 octobre dernier, le tribunal de grande instance décidait la mise en place d'une médiation entre les deux parties. Sans succès donc puisque les Darwiniens ont décidé de la quitter.
"Nous avons toujours affirmé vouloir rechercher une solution globale incluant non seulement la question des travaux sur cette rue centrale, la question d'un droit d'usage et de passage sur cette voie de desserte indispensable, mais aussi la pérennisation des occupations de la Ferme Niel, du lycée Edgar Morin et des hangars associatifs (skate-park, Emmaüs, etc.). Nous avons également souhaité la participation de la puissance publique à ce processus de médiation, c'était le bon sens le plus absolu, mais l'une comme l'autre de ces propositions ont été refusées. De surcroit, des évènements récents sont venu accentuer les craintes que nous nourrissions sur la bonne volonté de Bordeaux Métropole Aménagement de rechercher un accord global et équilibré », liste le communiqué. Précisant plus loin :
Les Darwiniens font ici référence à une exposition tenue au centre d'architecture Arc en Rêve et à deux "casus beli" : les travaux sur l'allée cavalière qui dessert Darwin, et l'utilisation des hangars. Les utilisateurs du lieu craignent que les travaux auxquels compte procéder Bordeaux Métropole Aménagement sur cette voie, à ce jour la seule qui dessert le lieu, asphyxient l'écosystème. Quant aux hangars, ils sont au cœur d'un mic-mac : occupés par un skate-parc, par un dépôt d'Emmaüs... en vertu d'autorisations d'occupation temporaire aujourd'hui échues, ils appartiennent à Bordeaux Métropole Aménagement. Alain Juppé avait proposé de les racheter pour trois millions d'euros et de les revendre à la société Evolution, fondatrice de Darwin, voire de les mettre à disposition via un bail emphytéotique.
Président de la Métropole, Patrick Bobet a déjà tenu un discours de fermeté, se positionnant pour l'application stricte des décisions prises préalablement. Les Darwiniens espèrent pouvoir traiter le sujet directement avec Nicolas Florian, nouveau maire de Bordeaux, espérant que le départ d'Alain Juppé pour le Conseil constitutionnel permette de rebattre les cartes :
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Philippe Barre rappelle au passage que le conflit porte sur un espace de deux hectares seulement sur les 35 que compte le projet de ZAC, que les promoteurs investisseurs pourraient bien craindre la persistance et les conséquences de la bagarre sur le terrain judiciaire. Il en profite pour livrer sa version des faits au sujet des hangars et de l'allée cavalière :
Philippe Barre annonce également que les parties se retrouveront le 6 mai devant la justice, BMA demandant l'expulsion des abords des hangars et des installations de l'allée cavalière. Il précise également que les structures fédérées autour de Darwin "sont en train de préparer des réponses judiciaires et administratives adéquates". Ce qui ressemble furieusement à une contre-attaque.
De son côté Bordeaux Métropole Aménagement a réagi, lui aussi par voie de communiqué, mercredi en fin de journée. L'aménageur "regrette vivement la décision unilatérale des représentants de Darwin de mettre fin à la médiation et son annonce par communiqué le 26 mars 2019. Il rappelle que la SAS d'Aménagement Bastide Niel est à l'origine de la médiation et qu'il a toujours souhaité une issue positive, pour la SAS d'Aménagement Bastide Niel comme pour Darwin. La médiation portait sur la question précise des travaux limités à la partie ouest des voies de la caserne occupées sans droit ni titre par Darwin. Il va de soi, qu'elle ne faisait pas obstacle à la poursuite des travaux d'aménagement sur le reste des 35 hectares de la ZAC. Ce coup d'arrêt brutal de la médiation témoigne de l'attitude de blocage des représentants de Darwin alors même que cette procédure était destinée à trouver une solution constructive sous l'égide de la médiatrice désignée par le tribunal."
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L'aménageur, plus loin, "conteste vigoureusement les arguments avancés par les représentants de Darwin sur les raisons qui les auraient conduits à mettre un terme à la médiation. Il regrette le rejet des propositions concrètes et constructives qui ont été avancées par la SAS d'Aménagement Bastide Niel. Le dossier de réalisation de la ZAC Bastide Niel qui fixe le programme des travaux de cette opération a été voté à l'unanimité des élus de la Métropole, le 25 mars 2016. Il est incompréhensible que des intérêts particuliers s'y opposent et empêchent l'ouverture de futures voies publiques. Comme l'ont évoqué le maire de Bordeaux et le président de la Métropole, le droit doit maintenant être appliqué, dans l'intérêt général. Les Bordelais attendent depuis déjà trop longtemps que les projets ambitieux en termes d'habitat, de logements sociaux, d'écoles, de commerces et d'infrastructures du quartier Bastide Niel votés démocratiquement voient le jour."
Mikaël Lozano
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