LA TRIBUNE - Vous êtes directeur général de Techman Head (lire encadré) depuis 2016, comment traversez-vous la crise du transport aérien ?
Philippe JEHANNO - Le coup a été rude en 2020, nous avons perdu un quart de notre chiffre d'affaires pour tomber à environ 19 millions d'euros, loin des 25 millions d'euros de 2019. Mais nous avons réussi à ne pas licencier en utilisant l'APLD (activité partielle de longue durée) et parce que notre activité s'équilibre entre le civil, le militaire et la fabrication de nos propres produits. C'est une volonté depuis plusieurs années de ne pas dépendre d'un seul secteur ou d'un seul constructeur tout en ayant nos propres bureaux d'étude capables de développer et fabriquer nos propres produits. C'est un gage de sécurité. Je préfère être plus petit mais disposer de produits propres que d'être une grande ETI trop dépendante d'un seul donneur d'ordre. L'année 2021 est en demi-teinte et devrait s'établir un peu en dessous des 19 millions d'euros de 2020 mais les carnets de commande sont en forte hausse ces derniers mois donc je suis optimiste pour 2022. Il faudra réussir ce challenge du redémarrage malgré les difficultés à embaucher !
TECHMAN HEAD
Fondé en 2009, détenu et présidé par Jean-Yves Taboni, Techman Head est un groupe de cinq PME travaillant dans l'aéronautique, la défense et d'autres industries : TMH-AMS (bancs d'essais hydrauliques), TMH-Novatec (entretien et fabrication de pièces moteurs notamment pour Safran), TMH-Tools (support au sol et maintenance aéronautique), TMH-Cemep (usinage d'outillages pour l'aéronautique, le naval et la défense) et TMH Concept (fabrication de machines spéciales pour les équipementiers automobiles et d'autres industriels). Au total, le groupe basé à Châtellerault (Vienne) emploie 130 salariés et vise près de 19 millions d'euros en 2021, contre 25 millions d'euros en 2019, dernière année avant le Covid. Philippe Jehanno en est le CEO depuis 2016.
Président de l'UIMM de la Vienne, vous êtes désormais président pour deux ans de l'UIMM de Nouvelle-Aquitaine. Comment abordez-vous ce sujet clef du recrutement ?