Dans le bâtiment de 5.000 m2 qui abrite les activités de montage des moteurs d'hélicoptères, à Bordes (Pyrénées-Atlantiques), 400 capteurs remontent des données en temps réel sur la température, la qualité et le débit de l'air, la consommation électrique, celle de gaz et d'eau froide ou chaude, etc. Sur les quatre sites français de Safran Helicopter Engines, ce sont plus de 25.000 données qui sont ainsi collectées simultanément. « Ce volume est à la fois une mine d'or et un problème puisqu'il est très difficile de traiter les données, d'identifier le bon facteur sur lequel agir et de comprendre les corrélations entre les paramètres », explique Bertrand Pajot, le directeur des moyens généraux de l'entreprise.
Pour y voir plus clair, le motoriste travaille notamment avec Metron, une startup française pionnière de systèmes de la gestion de l'énergie dans l'industrie. « L'objectif de notre outil est de comprendre les consommations et de transmettre la bonne information à la bonne personne au bon moment. Le suivi et les modèles prédictifs permettent d'éviter les dérives de consommation et d'incrémenter chaque nouvelle économie dans la plateforme », résume Vincent Sciandra, le CEO et co-fondateur de cette entreprise de 140 salariés qui promet à ses clients un gain de consommation de 5 % à 20 %. Chez Safran HE, qui emploie 6.000 salariés dont 2.500 salariés à Bordes, les résultats sont déjà là avec une baisse de 11 % de la consommation énergétique en 2022 par rapport à 2021 et un objectif de gagner encore 20 % en 2024 par rapport au réalisé 2022. Ce qui reviendrait à passer de 86 à 69 GWh par an au niveau mondial.