Plus léger, plus économique, plus écologique. La Région Nouvelle-Aquitaine a présenté depuis Limoges le train du futur Telli, annoncé sur les lignes de desserte fine pour 2029. Des industriels partenaires testent de nouvelles solutions innovantes sur cette rame laboratoire.Depuis le 18 mars sur l'étoile ferroviaire de Limoges, le quotidien des passagers est un peu différent. Une rame expérimentale sillonne les rails sur huit lignes ferroviaires qui passent par la capitale limousine. L'ambition est de permettre aux régions, et d'abord à la Nouvelle-Aquitaine, de réduire les coûts d'exploitation et de maintenance sur les petites lignes, tout en augmentant les fréquences jusqu'à un train toutes les 15 minutes.
L'objectif : que plus de Néo-aquitains délaissent leur voiture pour le rail. Cette nouvelle génération de train léger à batterie, totalement décarboné, accueillera 150 passagers (70 places assises), atteindra 120 km/h et pourra acheminer des colis en centre-ville et embarquer des vélos. Avec une autonomie de 200 km, il circulera même sur des voies non électrifiées pour un coût 30 % moins cher.
« Préparer les technologies de demain »
Déployé par Ferrocampus - le centre d'innovation ferroviaire de Saintes (Charente-Maritime) - et exploité par la direction régionale SNCF Voyageurs, ce TER sert de laboratoire roulant à un consortium de onze entreprises. À bord de l'autorail 73525 acquis et rénové par la Région pour 360.000 euros, des technologies ou solutions innovantes ont été installées pour recueillir des données et tester les équipements en conditions réelles d'exploitation. Les industriels Texelis, Hitachi, CAF, Wabtec, Railenium, Alstom, Capgemini, Cerema et Ektacom sont en phase de validation ou de R&D.
« C'est une étape importante pour le développement de la filière ferroviaire en Nouvelle-Aquitaine, indique Jacky Emon, président de Ferrocampus. Telli est l'opportunité de mutualiser des moyens d'expérimentation et de préparer les technologies de demain. » Depuis le 18 mars, la rame a déjà parcouru près de 21.800 km. Les technologies embarquées ont pour but d'assurer la géolocalisation de la rame, la détection des obstacles, la lecture de la signalisation latérale et la maintenance prédictive par la surveillance de la végétation et des bords de la voie.
Corinne Mérigaud, à Limoges