Cognac : « 2025 va commencer à acter une baisse du chiffre d'affaires pour les exploitations » (Crédit Agricole)
Propos recueillis par Maxime Giraudeau
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LA TRIBUNE - Que percevez-vous de la chute des ventes de cognac auprès des viticulteurs que vous accompagnez ?
Antoine MORNAUD - Il y aura un impact certain mais il sera décalé dans le temps. Dans les comptes de résultat de l'année 2024, les propriétaires ont souvent vendu des eaux-de-vie produites deux ou trois ans auparavant, à une époque où le rendement autorisé était à plus de 14 hectolitres d'alcool pur par hectare [il a été divisé par deux en 2025, ndlr]. Pour l'instant, je ne vais pas dire qu'on ne voit pas les choses, mais on n'a pas d'effondrement du chiffre d'affaires. 90 % des propriétés ont des contrats avec les maisons de négoce et ils sont honorés dans l'immense majorité des cas. Les comptes 2025 vont eux commencer à acter la baisse du rendement avec une baisse du chiffre d'affaires pour les exploitations.
Les réalités financières vont vraiment s'exprimer sur les trois années qui viennent. On garde pour l'instant un encours qui est très sain, nos clients honorent leurs engagements vis-à-vis de leur banquier. On affiche encore des niveaux de qualité d'encours inégalés dans l'agriculture française.
Les domaines font le dos rond pour l'instant ?
Oui, depuis un an pratiquement, on a une baisse du coût de revient à l'hectare. Les viticulteurs ont arrêté d'investir. L'analyse des premiers bilans laisse apparaître une baisse des frais engagés à l'hectare : moins de passage dans les vignes, moins d'investissement dans les matériels. Les viticulteurs s'adaptent aux réalités économiques.
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La rémunération des viticulteurs a été portée par des rentabilités élevées, venant renforcer les trésoreries, les fonds propres. Le point de départ de la situation que nous vivons depuis un an était extrêmement favorable. Les exploitations vivent sur leurs réserves. On est dans une période d'adaptation. On est sur une économie du temps long. Les cycles sont plus longs à Cognac que dans les autres bassins viticoles.
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