Flambée des loyers : pourquoi le CHU de Bordeaux s'allie à CDC Habitat (14/14)

Jean-Philippe Déjean

Malgré ses nombreuses constructions la ville manque de logements intermédiaires.
La Tribune

Jean-Philippe Déjean

Malgré ses nombreuses constructions la ville manque de logements intermédiaires.
La Tribune
Le groupe Caisse des dépôts, premier bailleur immobilier de France, a conclu en janvier 2017, via sa structure dédiée CDC Habitat, un protocole d'accord avec Bordeaux Métropole qui portait sur la construction de 300 à 350 logements locatifs intermédiaires par an sur le territoire métropolitain. La Métropole ne fonctionne pas uniquement au rythme des ventes immobilières. Elle se nourrit même principalement de mètres carrés à louer : indispensables pour pouvoir se loger sans avoir à dépenser une fortune.
Jusqu'ici 289 logements locatifs intermédiaires ont été livrés par CDC Habitat dans la Métropole. Comme le montre la dernière étude de l'observatoire des loyers Clameur (connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux), le marché locatif bordelais (gonflé par la hausse des prix de ventes) est entré dans le rouge. Le montant moyen des loyers a ainsi atteint 13,60 €/m2 à Bordeaux l'an dernier, en hausse de +2,2 % soit plus que l'inflation (+1,8 % selon l'Insee). Et à 13,60 €/m2 le prix du loyer, qui met le T2 de 45 m2 à 612 €, Bordeaux s'est imposée en 2018 comme la quatrième ville la plus chère de France (hors Paris), derrière Nice (16,40 €), Montpellier (14 €) et Lille (13,70 €), devant Lyon (13,30 €), Marseille et Toulouse (12,80 € chacune).
"Le loyer en logement intermédiaire est inférieur de 10 à 15 % par rapport au tarif libre. Cela permet de déclencher l'accès au logement pour des gens qui n'entrent ni dans le cadre du logement social, pour cause de ressources trop élevées, ni dans celui du logement libre, par manque de moyens. Mais les prix sont devenus tellement élevés à Bordeaux que nous avons besoin d'une prescription politique" éclaire en souriant Jean-Baptiste Desanlis, directeur interrégional Sud-Ouest de CDC Habitat, qui couvre Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. La sonnette d'alarme tirée par ce dernier repose notamment sur un incident mineur, pas même un fait divers, qui révèle le caractère explosif de la flambée des prix locatifs.
Ce dernier ne souhaite pas donner de détails sur la rémunération de l'infirmière qui n'a pas pu s'installer à Bordeaux faute de loyer abordable.
Le site du Cned (Centre national d'enseignement à distance) informe que la rémunération mensuelle brute d'une infirmière ou d'un infirmier anesthésiste, de catégorie A, diplômé d'Etat (hors bonifications, primes et indemnités), oscille pour le 2e grade de 2.567 € à 3.111 €. La situation est d'autant plus difficile pour le CHU de Bordeaux, classé pour la cinquième fois en tête du palmarès national hospitalier du magazine « Le Point », qu'avec ses trois pôles d'activité (hôpitaux de Pellegrin, Saint-André et Haut-Lévêque), il reste le plus important employeur de Nouvelle-Aquitaine, avec 14.106 fiches de paie mensuelles, et qu'en plus il embauche en continu...
Cette idée de pouvoir mettre du logement dans le package recrutement proposé pour attirer les nouveaux talents a donc pris de l'épaisseur, jusqu'à devenir une question à laquelle CDC Habitat a décidé d'aider le CHU à répondre. "Avec l'accord que nous avons signé avec Philippe Vigouroux, le directeur général du CHU de Bordeaux (remplacé depuis par Yann Bubien - NDLR), CDC Habitat Sud-Ouest s'engage à réserver 40 à 50 relogements par an. Imaginez-vous que certains personnels de l'hôpital habitent à Langon, voire hors du département, et font tous les jours la route..." resitue Jean-Baptiste Desanlis.
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Ainsi les établissements du CHU de Bordeaux seront avertis à l'avance avant chaque nouvelle livraison de logements par CDC Habitat. Ce qui n'a rien d'un luxe étant donné l'échelle des contraintes.
Malgré les impressionnants volumes bâtis qu'il déploie, le CHU de Bordeaux n'a quasiment pas de logements qui lui soient propres, hormis quelques studios dédiés à l'accueil de médecins ou de chercheurs en intervention à Bordeaux. Rien n'est signé, rien n'est calé mais, comme l'évoque François Sadran, des discussions ont été entamées entre la direction du CHU de Bordeaux et CDC Habitat Sud-Ouest pour aller plus loin. Car le CHU dispose de réserves foncières dans son groupe Sud et plus particulièrement à l'hôpital Haut-Lévêque, qui dispose d'un très grand parc qui pourrait être mis à contribution. Objectif : confier à CDC Habitat la construction dans ce périmètre arboré de logements dédiés aux personnels du CHU de Bordeaux.
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Cet article est issu du vaste dossier consacré à l'immobilier tertiaire paru dans l'hebdomadaire de La Tribune du 27 septembre. Déjà paru sur notre site :
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