23 millions d'euros et une étude sur le foncier pour le logement social en Nouvelle-Aquitaine

Maxime Giraudeau

La Gironde regroupe un tiers des demandes de logement social à l'échelle régionale.
MG / La Tribune

Maxime Giraudeau

La Gironde regroupe un tiers des demandes de logement social à l'échelle régionale.
MG / La Tribune
Il y a le temps des invectives et le temps du sursaut. Après s'être ému à plusieurs reprises de ce qu'ils perçoivent comme un manque de soutien, voire un abandon de l'État, les bailleurs sociaux girondins étaient réunis aujourd'hui avec la Banque des Territoires et la préfecture de Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux pour recevoir un soutien attendu depuis longtemps, six mois après l'enveloppe débloquée par Bordeaux Métropole.
La Banque des Territoires déploie une convention afin de soutenir respectivement à hauteur de 10 et 13 millions d'euros les bailleurs sociaux Aquitanis et Gironde Habitat. Le financement se fera par l'émission de titres participatifs, un dispositif qui permet d'aider à la recapitalisation des entreprises publiques mal-en-point. Les deux organismes publics sont en effet confrontés à des difficultés croissantes d'accès au foncier en raison de l'inflation et de la hausse des taux d'intérêts. Une tension ressentie à travers le pays mais particulièrement dommageable en Gironde puisque le département a atteint un record de 65.000 demandes l'an dernier, pour seulement 112.000 logements sociaux, dont plus des deux tiers à Bordeaux Métropole.
« Il faut parvenir à construire plus de logement social pour répondre à la demande des habitants en Gironde. Malheureusement, les terrains sont chers, le foncier y est rare. Les bailleurs sociaux doivent avoir plus de fonds propres pour pouvoir emprunter et se porter acquéreurs de ces terrains », vise Olivier Sichel, le directeur national de la Banque des Territoires, en déplacement pour l'occasion.
De quoi donner un peu de souffle aux offices de l'habitat social. Même s'ils réclament toujours une baisse du taux du livret A afin de mieux financer le logement, la dotation de la Banque des Territoires va permettre de maintenir la cadence pour 2024. « Aujourd'hui économiquement, ce n'est plus possible mais nous étions sur une dynamique de production élevée et ce financement va nous permettre de la poursuivre », affirme Sigrid Monnier, la directrice générale de Gironde Habitat, qui souhaite livrer plus de 600 logements l'an prochain contre 500 cette année.
En Nouvelle-Aquitaine, la préfecture avait annoncé au printemps le lancement d'une étude sur le foncier stratégique à mobiliser pour anticiper l'avenir de la construction dans quatre départements sous pression (17, 33, 40, 64). Si les résultats étaient attendus pour la fin d'année, il faudra patienter jusqu'en 2024 a ainsi indiqué l'Établissement Public foncier de la région, en charge de l'investigation.
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Pour aussi répondre à la réglementation du Zéro artificialisation nette (ZAN), les partenaires visent en premier lieu les surfaces déjà bâties de type friches, locaux commerciaux désertés ou entrées de ville à proximité des grandes surfaces. « On se dit que ce sont des endroits où on peut réinventer la ville, en travaillant avec des bailleurs sociaux, des activités de service, des artisans », vise Olivier Sichel. Ou quand le foncier devient, au-delà du logement, l'enjeu stratégique et disputé par tous les secteurs d'activités.
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