40% des financements climat de la Banque mondiale sont... introuvables
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Selon Oxfam, entre 24 milliards et 41 milliards de dollars de financements verts annoncés par la BM depuis 2017 sont introuvables.
JOHANNES CHRISTO
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Selon Oxfam, entre 24 milliards et 41 milliards de dollars de financements verts annoncés par la BM depuis 2017 sont introuvables.
JOHANNES CHRISTO
Le constat est accablant. Jusqu'à 40% des financements verts fournis par la Banque mondiale (BM) ces sept dernières années sont impossibles à trouver, et il n'est même pas certain qu'ils aient servi à des projets liés à l'environnement, a estimé mercredi l'organisation non gouvernementale Oxfam, dans un rapport.
Et d'ajouter : « C'est comme si vous demandiez à un médecin d'évaluer votre régime alimentaire en se basant uniquement sur votre liste de courses, sans vérifier quels aliments finissent réellement dans votre frigo ».
Dans le détail, selon l'ONG, entre 24 milliards et 41 milliards de dollars de financements verts annoncés par la BM depuis 2017 sont introuvables, et rien ne permet de savoir s'ils ont été effectivement utilisés, ni s'ils ont été bien assignés à des projets environnementaux. Ces écarts posent problème car il n'existe aucune information claire sur les actions climatiques réalisées ou non pendant l'exécution des projets censés être financés par la BM.
Et, d'après Oxfam, le problème a déjà été repéré précédemment. Dans un autre rapport publié en 2022, l'ONG spécialisée sur les sujets économiques avait découvert que 40 % des financements climatiques déclarés par la Banque pour l'année fiscale 2020, soit environ 7 milliards de dollars, n'étaient pas vérifiables.
Or, rappelle Oxfam, la BM est le premier financier, parmi les institutions financières internationales, de projets verts dans le monde, avec plus de 50% des fonds engagés par l'ensemble des banques multilatérales de développement. « Les financements verts sont rares. Mais ne pas s'assurer d'où va l'argent et comment il est réellement dépensé est une rupture de confiance fondamentale qui pourrait faire dérailler l'ensemble des progrès nécessaires en la matière », alerte la responsable d'Oxfam à Washington.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

« Cela pourrait notamment être le cas concernant les discussions en cours afin de trouver un accord pour de nouveaux objectifs de financement à l'occasion de la COP29 », qui se tiendra du 11 au 22 novembre à Bakou (Azerbaïdjan), a-t-elle insisté.
Les organisations environnementales estiment à 5.000 milliards de dollars par an les financements nécessaires pour aider les pays en développement et émergents à financer leur transition écologique, mais aussi être en capacité de faire face aux effets déjà existants du réchauffement climatique. Selon des experts mandatés par l'ONU, 2.400 milliards de dollars sont nécessaires pour couvrir les besoins des pays en développement (hors Chine), afin qu'ils puissent atteindre leurs objectifs climatiques.
Lundi, la présidence azerbaïdjanaise de la COP29 a assuré espérer atteindre plusieurs « centaines de milliards » de dollars de financement dans le cadre de l'accord attendu à l'issue de la réunion. Ces centaines de milliards correspondent à « l'objectif réaliste de ce que le secteur public peut directement fournir et mobiliser », a précisé le même jour la présidence dans un communiqué. Ce nouvel accord devrait porter sur dix ans, de 2025 à 2035.
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La réforme de la fiscalité des entreprises pourrait quant à elle rapporter « au moins » 25 milliards d'euros à l'Etat, via notamment un taux minimum mondial d'imposition des multinationales plus élevé que le taux plancher actuel de 15%. L'ONG propose également de taxer automatiquement les « superprofits » des entreprises. Enfin, un minimum de 23,5 milliards d'euros de recettes fiscales additionnelles est attendu d'une réforme de la fiscalité du capital.
(Avec AFP)
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