Une cinquantaine d'événements significatifs de sûreté ont été comptabilisés depuis le démarrage du réacteur normand. Beaucoup seraient liés à des difficultés de coordination et de préparation des équipes. L'ASNR entend également surveiller de près les phénomènes vibratoires.« Est-ce lié au démarrage tardif du réacteur ? À la complexité des procédures ? À la préparation des équipes de conduite ? » Lors de sa première présentation des vœux à la presse, Pierre-Marie Abadie, le président de la nouvelle Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), s'est interrogé, ce mardi, sur les raisons pouvant expliquer le nombre élevé d'« événements significatifs de sûreté » survenus lors de la phase de démarrage de l'EPR de Flamanville.
Au total, on en a compté une cinquantaine depuis la mise en service du réacteur normand, avec douze ans de retard sur le calendrier initial. Il s'agit d'un nombre « plus élevé que dans la pratique », a reconnu Monsieur Abadie, tout en se montrant rassurant sur leurs conséquences.
Plus d'événements que lors du démarrage du réacteur de Civaux
Même si, lors d'une phase de démarrage, plus d'événements significatifs sont logiquement attendus que sur des réacteurs en exploitation depuis plusieurs années, « ce que nous constatons, c'est qu'il y a beaucoup d'événements », a relevé Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASNR. Davantage, notamment, que le nombre d'événements significatifs de sûreté enregistrés lors de la phase de démarrage, il y a vingt-cinq ans, du réacteur Civaux 2, le dernier réacteur à être entré en service avant l'EPR de Flamanville. « C'était une machine plus simple et le niveau de sûreté des équipes était inférieur à celui que nous avons sur l'EPR », ont toutefois précisé les équipes.
De quoi parle-t-on exactement ? Les événements significatifs de sûreté, ou ESS dans le jargon atomique, constituent un écart, une anomalie, un incident ou un accident pouvant conduire à des conséquences notables pour la sûreté d'une installation. Leur nature peut être très variée. Le 14 décembre, EDF a, par exemple, déclaré un ESS en raison de « l'indisponibilité simultanée de deux diesels ». Le 20 décembre, un autre événement a été signalé en raison d'« un arrêt manuel réacteur suite à la perte du moyen de conduite principal ». Autre exemple le 31 décembre, après un « dépassement d'une valeur de pression lors de la mise à l'arrêt du réacteur ».