C'est une annonce faite en fanfare, qui cache en réalité un renoncement. « TotalEnergies accélère la décarbonation de sa plateforme de La Mède (Bouches-du-Rhône) », via un « projet de production d'hydrogène renouvelable en partenariat avec Air Liquide ». Objectif : générer du biodiesel et des carburants aériens durables, a fait savoir le groupe ce lundi, dans un communiqué de presse. Avec un investissement global de 150 millions d'euros et une mise en service dès 2028, la nouvelle a tout l'air, à première vue, d'une avancée pour la transition énergétique.
Et pourtant, elle témoigne des difficultés que traverse la filière. À l'origine, TotalEnergies misait gros sur un autre projet pour produire de l'hydrogène « vert » à La Mède : Masshylia, élaboré avec Engie et annoncé en 2021. Celui-ci devait atteindre 120 mégawatts (MW) de capacité pour produire jusqu'à 18.250 tonnes par an dès 2026. Or ces objectifs ont été dramatiquement revus à la baisse, fait savoir la major dans le même communiqué, confirmant par là même des informations publiées en juin dernier par La Tribune.
Concrètement, la puissance installée ne dépassera pas 20 MW d'ici à 2029, « sous réserve de la confirmation des subventions européennes et françaises et des autorisations publiques nécessaires ». Avant d'atteindre, au mieux, 70 MW à un horizon plus lointain (pour l'heure non indiqué), soit près de 10.000 tonnes de production annuelle. A contrario, l'usine développée avec Air Liquide et annoncée ce lundi, pourra, elle, générer « 25.000 tonnes d'hydrogène par an », préciseTotalEnergies.