L'offensive anti-éolienne continue aux Etats-Unis avec l'arrêt d'un gros projet d'Orsted
Amélie Charnay avec Reuters

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©NSNP
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Nouveau revers pour les énergies renouvelables aux Etats-Unis. L'administration Trump a ordonné vendredi au géant danois Orsted d'abandonner un projet de centrale éolienne en mer pourtant déjà achevé à 80%, au large de Rhode Island. La veille, le président Trump avait déclaré que «le vent, ça ne marche pas».
C'est la suite logique de l'offensive anti-éolienne du président américain. Dès le mois de janvier, il avait en effet prévenu : «Nous n'allons pas faire le coup de l'éolien». Il avait à cette occasion ajouté que les turbines seraient «laides», «bousillent le paysage» et «tuent les baleines».
Le projet Revolution Wind, d'un montant de 1,5 milliard de dollars, devait être achevé l'année prochaine et fournir suffisamment d'électricité pour alimenter 350 000 foyers dans le Rhode Island et le Connecticut. Toutes les fondations offshore avaient déjà été installées et 45 des 65 éoliennes étaient en place, selon Orsted.
L'ordre de suspension, émis par le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM), constitue la dernière initiative de l'administration visant à freiner le développement des énergies renouvelables aux États-Unis. Il s'agit du deuxième arrêt d'un projet éolien offshore majeur imposé cette année par le ministère de l'Intérieur, qui supervise le BOEM. « Orsted évalue toutes les options afin de résoudre rapidement cette situation », a déclaré le groupe dans un communiqué, ajoutant qu'il examinait les conséquences financières de cette décision et envisageait d'éventuelles poursuites judiciaires.
Cette décision est motivée par des préoccupations de sécurité nationale non précisées, issues de l'examen des projets éoliens offshore sur les eaux fédérales, selon une lettre signée par Matthew Giacona, directeur par intérim du BOEM. Le bureau affirme protéger la sécurité nationale américaine et prévenir toute « interférence avec les usages raisonnables de la zone économique exclusive, de la haute mer et des eaux territoriales », a précisé Giacona.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

C'est une très mauvaise nouvelle pour Orsted, contrôlée pour moitié par l'Etat danois, et alors que l'entreprise se trouve en mauvaise passe financière. Elle avait plongée de 30% en bourse en début de semaine dernière après l'annonce d'une augmentation de capital.
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Elle compte parmi les plus grands acteurs mondiaux de l'éolien offshore, mais son activité américaine a essuyé plusieurs revers, en plus des défis auxquels fait face l'ensemble du secteur, confronté à la flambée des coûts et aux retards de projets qui compliquent la réalisation des objectifs gouvernementaux ambitieux. Début juin, Orsted avait sollicité 9,4 milliards de dollars auprès de ses actionnaires pour financer le projet Sunrise Wind, au large de New York, après le retrait de partenaires potentiels, découragés par l'hostilité de l'administration Trump envers l'éolien.
Amélie Charnay avec Reuters