« Ah oui, ça chauffe un peu ! » Julien Aubert se réjouit d'avoir titillé Emmanuel Macron, cet ancien condisciple de l'ENA qu'il exècre. En cause, la tribune publiée mercredi 2 juillet par Le Figaro, où figure le nom du vice-président des Républicains et qui plaide pour un arrêt des subventions publiques à l'éolien et au photovoltaïque.
Ce n'est évidemment pas son seing, ni celui de l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy, qui a fait sortir le chef de l'État de sa réserve forcée sur la cuisine gouvernementale. Sommant « chaque ministre [de] s'occuper des affaires pour lesquelles il a été nommé », Emmanuel Macron visait surtout Bruno Retailleau, chargé de l'Intérieur mais aussi, désormais, de la droite. C'est la seconde casquette qui a prévalu dans son choix, très politique, de cosigner un tel texte.
Les trois hommes y appellent à « rebâtir un parc nucléaire », à « laisser le marché arbitrer entre les autres choix énergétiques » de la France et dénoncent l'« idéologie de la contrainte et de la décroissance » portée d'après eux par Les Écologistes. « C'est très Laudato si', tout ça », raille un cadre LR en la parcourant, dans une allusion à l'encyclique du pape François consacrée à la sauvegarde du vivant.
Les personnalités en pointe sur ces thèmes à droite, notamment Michel Barnier et le député Antoine Vermorel-Marques, n'ont pas été tenues informées de la parution. Son timing - qui plus est en pleine canicule - interroge. Une semaine avant, l'élu de la Loire cosignait une tribune dans L'Opinion exhortant son camp à « renouer » avec l'écologie. « Renoncer d'un bloc aux énergies renouvelables, peut-on y lire, c'est refuser de voir que si certains projets, notamment éoliens, posent des difficultés, d'autres sont souhaités et acceptés par les populations. »