Alors que Bruno Retailleau, président de son parti, vient d’appeler à la fin du financement public pour les énergies renouvelables, l’ancienne candidate à la présidentielle lui répond en défendant un mix nucléaire-renouvelables.
L'écologie est-elle condamnée à deux extrêmes : radicalité anxiogène ou rejet brutal de toute avancée écologique ? Le changement climatique et l'érosion de la biodiversité sont pourtant des réalités. La transition écologique n'est ni un luxe ni une option.
Tandis que certains reculent, d'autres font du stop-and-go en fonction de leurs interlocuteurs, ou d'autres encore s'enferment dans des slogans ou dénonciations faciles, nous avançons, pas à pas, avec constance, méthode et réalisme. C'est la ligne que nous suivons en Île-de-France, malgré les contraintes financières imposées par l'État.
Pour nous, l'écologie s'ancre dans la décentralisation car elle doit répondre aux réalités très différentes de chaque territoire. N'en déplaise à la ministre chargée de l'environnement qui dénigre l'action des collectivités locales, faisons la démonstration de notre volontarisme par l'exemple :
Zéro Artificialisation Nette et Zéro Carbone d'ici 2050
Malgré sa densité, notre région s'engage vers le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d'ici 2050, avec une réduction programmée de la consommation des sols.
Côté transports, nous électrifions les réseaux, réduisons les tarifs avec le ticket unique, ouvrons 330 km de lignes nouvelles (métro, RER, tram, bus) et 350 km de pistes cyclables. Résultat : baisse des polluants et hausse des mobilités propres. Chaque mètre carré de nature, de forêt et terre fertile préservé et chaque kilomètre de transport durable nous rapproche du Zéro Carbone à 2050.
Rafraichir nos villes face au réchauffement
Face aux canicules et inondations, nous agissons. Depuis 2022, nous avons planté 1,5 million d'arbres (objectif : 2 millions d'ici 2030), végétalisé près de 200 cours et places, programmé 1 000 nouveaux points d'eau, et nous proposons une carte des abris climatiques pour que chaque Francilien ait un refuge contre la chaleur à moins de 10 minutes de chez lui. Ce travail s'accompagnera d'un dialogue avec les maires pour renforcer l'adaptation climatique locale.
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La nature, un patrimoine précieux
Contre toute attente, l'Ile de France a réussi à préserver 30% de son territoire en aires protégées. Avec notre plan « 1000 mares », la création de zones humides, de trames vertes, bleues et noires, et la renaturation de berges, nous œuvrons chaque jour à préserver chaque parcelle de nature de notre région.
Rénovation énergétique : bon pour la planète et le budget
Nos programmes de rénovation des logements sociaux et des équipements municipaux réduisent à la fois les émissions de CO₂ et les factures, notamment pour les foyers modestes.
L'innovation, moteur de la transition
Nous croyons aussi en l'innovation et la recherche. En Île-de-France, nous soutenons les start-ups de la green tech, et la formation des ingénieurs et techniciens de demain via de puissants partenariats avec les plus prestigieuses de nos universités et grandes écoles.
Les énergies renouvelables, bien plus que l'éolien et le solaire
Enfin et surtout, nous refusons la guerre stérile qui vient de s'ouvrir entre nucléaire et énergies renouvelables. Nous parions sur les deux. Car les énergies renouvelables, en Ile-de France, c'est bien plus que les seuls panneaux solaires et quelques (rares) éoliennes. En Île-de-France, la géothermie chauffe déjà 1 million d'habitants, la méthanisation des déchets progresse (64 méthaniseurs), et les réseaux de chaleur se développent. Toutes ces énergies, qui s'additionnent à notre socle nucléaire, renforcent notre souveraineté en nous libérant des énergies fossiles, permettent des gains de pouvoir d'achat aux Français et réduisent nos émissions de CO2.
Pour réussir ce pari d'une écologie qui réconcilie, il ne faut être ni déconnecté des réalités sociales et financières, ni opposer environnement et pouvoir d'achat. Le fiasco des ZFE nous le prouve. C'est dangereux car l'écologie a impérativement besoin de mobiliser toutes et tous, au-delà des clivages.
En Ile-de-France, cette politique environnementale ambitieuse, nous la portons ensemble, au-delà des clivages politiques traditionnels. Elle illustre notre conviction commune que l'écologie n'est ni de droite ni de gauche. Elle témoigne de notre capacité à rassembler des sensibilités différentes autour d'un projet commun : faire de l'Île-de-France une région pilote de la transition écologique. Car nous en sommes convaincus : l'écologie n'est pas une contrainte mais une opportunité pour construire une société plus juste, plus durable et plus attractive.
Par Valérie Pécresse, Présidente LR de la région Île-de-France et Yann Wehrling, Vice-président (Ecologie positive) à la transition écologique