Quasi remplies, les réserves de gaz de l'UE sont sécurisées pour cet hiver
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« L'UE est prête pour l'hiver à venir », a souligné ce jeudi la commissaire européenne à l'Energie Kadri Simson.
Reuters
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« L'UE est prête pour l'hiver à venir », a souligné ce jeudi la commissaire européenne à l'Energie Kadri Simson.
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Les réservoirs sont quasi pleins. L'UE a en effet rempli à 90% ses stockages de gaz naturel, avec plus de deux mois d'avance sur l'échéance fixée au 1er novembre. Le signe qu'elle est « prête pour l'hiver prochain », a annoncé la Commission européenne, sur fond de remontée des cours ces dernières semaines.
Dans le détail, les stockages européens sont ainsi remplis à 90,29% en moyenne, soit près de 92 milliards de mètres cubes, selon les dernières données publiées mardi par Gas Infrastructure Europe (GIE), l'association regroupant les opérateurs européens d'infrastructures de gaz. En France, les stocks sont remplis à 86,69%.
Globalement, l'UE est en ligne avec l'année passée, lors de laquelle ses pays membres avaient atteint 90% de remplissage le 18 août. « Le stockage de gaz est clé dans la sécurité énergétique de l'Europe, dont il permet de couvrir jusqu'à un tiers de la demande de gaz en hiver », rappelle à ce sujet Bruxelles.
L'Europe pourra ainsi « maintenir sa concentration sur l'amélioration de l'efficacité énergétique et l'accélération du déploiement des énergies renouvelables », a-t-elle assuré.
En revanche, la situation est « beaucoup plus difficile en Ukraine, où le secteur de l'énergie est soumis à des attaques lourdes et constantes de la part de la Russie », fait remarquer la haute fonctionnaire. Et d'ajouter : « L'Europe doit continuer à soutenir l'Ukraine et à fournir le soutien nécessaire à son système énergétique, afin que la population ukrainienne puisse également traverser en sécurité l'hiver difficile qui s'annonce. »
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

La bonne situation des réserves de gaz de l'UE n'est pas le fruit du hasard. En effet, à la suite de l'invasion de l'Ukraine par Moscou, et de la réduction drastique des approvisionnements russes, les Vingt-Sept avaient adopté en juin 2022 un cadre législatif les contraignant à atteindre collectivement un taux de remplissage de leurs stockages de gaz de 90% au 1er novembre de chaque année. Objectif : renforcer leur autonomie énergétique et réduire leur dépendance aux approvisionnements de gaz russe.
Une dépendance considérablement réduite depuis février 2022 et le début de la guerre menée par la Russie en Ukraine, grâce au recours croissant au gaz naturel liquéfié acheminé par bateau, principalement depuis les Etats-Unis, et à la montée en puissance de la Norvège en ce qui concerne l'approvisionnement par gazoduc. Même si la Russie a continué à fournir un peu de gaz à l'Europe via l'Ukraine.
Si les besoins en gaz de l'UE sont sécurisés pour l'hiver, les prix connaissent en revanche une certaine instabilité actuellement. Après s'être envolés sur le Vieux-Continent en 2022 et 2023, ceux-ci ont connu une baisse progressive durant la première moitié de l'année 2024. Mais désormais le risque d'une hausse brutale des cours plane toujours. La raison : l'impact de l'offensive surprise de Kiev dans la région russe de Koursk, toujours en cours.
Cette incursion surprise semble avoir dopé les cours du gaz : sur la principale bourse d'échange en Europe, le TTF néerlandais, les cours ont ainsi dépassé les 40 euros le mégawattheure (MWh). Un niveau qui n'avait pas été atteint depuis plus de huit mois.
Rien qu'en ce mois d'août, cet indice a ainsi pris environ 12%, s'éloignant ainsi des quelque 30 euros/MWh enregistrés depuis le début de l'année. Soit une « forte hausse », même si les prix restent très éloignés du record de 250 euros/MWh atteints en 2022, a commenté récemment auprès de La Tribune l'économiste spécialiste des marchés de l'énergie, Jacques Percebois.
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Surtout, l'impact sur les factures risque de se faire rapidement sentir : contrairement à l'électricité, le gaz ne bénéficie plus d'un tarif réglementé par les pouvoirs publics. La plupart des offres, y compris celles à destination des particuliers, sont donc très sensibles à l'évolution du TTF.
(Avec AFP)
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