Solaire, éolien : pourquoi investir en France est devenu un « enfer »
Juliette Raynal
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Vue aérienne de panneaux solaires
Pavel Mikheyev
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Vue aérienne de panneaux solaires
Pavel Mikheyev
[Mise à jour à 17h06 : correction au 4ème paragraphe et 5ème paragraphe, sur les nouvelles capacités d'éolien terrestre et de solaire en 2024]
« En France, nous espérions faire plus de 8 gigawatts (GW) de capacités renouvelables à l'horizon 2030. Mais compte tenu de la situation, nous avons revu cette cible pour la réduire de moitié. (...) Très concrètement cela signifie qu'il y a 4 milliards d'investissements qui seront décalés sur d'autres territoires », rapporte le cadre dirigeant d'un grand groupe énergétique. Lequel se désole de compter plus de 2 GW de projets éoliens et solaires dont l'instruction est bloquée depuis plusieurs années.
Si ce témoignage reste un cas extrême, il s'inscrit bien dans un contexte de ras-le-bol général. Depuis plusieurs mois, l'ensemble de la profession raconte se heurter aux mêmes écueils : rareté du foncier, lourdeur administrative, multiplicité des recours juridiques, explosion des délais de raccordement, mais aussi politique anti énergies renouvelables dans certaines instances administratives territoriales. C'est « l'enfer » d'investir dans l'Hexagone, avaient ainsi dénoncé les PDG de TotalEnergies et EDF, début décembre, lors d'un colloque organisé par l'Union française de l'électricité.
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Ce sentiment d'impasse repose sur des chiffres tangibles. « À l'échelle du secteur, en France, 10 GW de capacités d'énergie solaire et 10 GW de capacités dans l'éolien sont actuellement en attente », observe, William Arkwright, vice-président du Syndicat des énergies renouvelables (Ser) et directeur général d'Engie Green. Des volumes colossaux au regard des capacités déjà installées en France : environ 24 GW pour l'éolien et quasiment autant pour le solaire. À son échelle, Engie comptabilise environ un gigawatt de projets renouvelables dans la file d'attente en France. « Nous maintenons nos objectifs de déploiement, assure cependant William Arkwright. Nous les estimons réalistes, si les délais n'augmentent pas encore », poursuit-il, sans pour autant se risquer à communiquer la cible effectivement visée.
Juliette Raynal