Électricité : les prix baissent, mais les factures vont augmenter !
latribune.fr

(Photo d'illustration).
Reuters
latribune.fr

(Photo d'illustration).
Reuters
Nouvelle évolution en vue sur le front des tarifs réglementés de vente de l'électricité (TRVE). La Commission de régulation de l'énergie a, en effet, avancé une prochaine évolution, dans un communiqué publié mercredi. Pour rappel, la CRE propose une actualisation de ces tarifs - hors fiscalité -, chaque année, à deux reprises : d'abord en février, puis en août. Pour ce faire, elle se fonde sur les prix de marché de l'électricité.
Que faut-il attendre, dès lors, au 1er février 2024 ? « Au 1er février 2024, avant la prise en compte de la fiscalité, le niveau moyen des TRVE baisse de -0,35 % HT (soit -0,74 €/MWh) par rapport aux TRVE gelés en vigueur depuis le 1er août 2023 », explicite-t-elle.
La Commission de régulation de l'énergie décrypte ensuite ce que ces chiffres signifient, plus en détail. Ainsi, les tarifs bleus résidentiels progressent de 0,01% hors taxe, « soit +0,02€/MWh HT ». En parallèle, les tarifs professionnels, eux, accusent une baisse : « -3,67 % HT soit - 8,01 €/MWh HT », peut-on lire.
de l'électricité en 2023
».
Elle
« permet de compenser la suppression du gel tarifaire mis en place dans le cadre du bouclier 2023 », souligne la Commission de régulation de l'énergie.« taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité ». En 2021, cette taxe avait été abaissée. Elle était alors passée
de 32 euros du MWh à 1 euro du MWh pour les particuliers
, et 0,50 euro du MWh pour les professionnels (au lieu de 26 euros du MWh), du 1ᵉʳ février 2022 au 31 janvier 2023, avant d'être prolongée jusqu'au 31 janvier 2024.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Au 1er février 2024, de facto, la TICFE fait donc son retour.
La CRE y fait d'ailleurs allusion dans son communiqué, en bas de page, jeudi, en référence à un courrier adressé par le gouvernement, le 6 janvier dernier. Elle évoque alors deux scénarios distincts.Reste désormais à savoir quel sera le scénario retenu par le gouvernement, sachant que le bouclier tarifaire prend progressivement fin depuis l'an dernier. Le dossier des prix de l'électricité est hautement inflammable. A la rentrée, en septembre dernier, il avait même donné lieu à des tensions entre la Commission de régulation de l'énergie et le gouvernement.
Plus récemment, en décembre - avant le remaniement, et l'arrivée de Gabriel Attal à Matignon, et l'imminente nomination du gouvernement -, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher avait assuré qu'il n'y aura pas d'augmentation à « deux chiffres » des factures d'électricité, en vantant les mérites de la réforme du marché européen de l'électricité et de la réorganisation du système de régulation en France.
« Les augmentations à venir n'ont pas vocation à être à deux chiffres », avait-elle déclaré dans l'émission du Grand jury RTL-M6-Le Figaro sur l'ampleur des futures hausses des prix de l'électricité.
À lire également
Le 17 octobre dernier, les Vingt-Sept se sont entendus sur une réforme du marché européen de l'électricité, sur fond d'âpres pourparlers entre Paris et Berlin sur le nucléaire, qui doit permettre de limiter la volatilité des cours sur les marchés. Par ailleurs, en France, EDF et le gouvernement ont trouvé le 14 novembre un accord fixant le prix de référence de l'électricité nucléaire vendue par l'opérateur historique à 70 euros le MWh à partir de 2026.
En 2022, dans le sillage de la guerre en Ukraine, l'envolée des prix du gaz avait entraîné vers des sommets ceux de l'électricité.
latribune.fr