« Une révolution », « la fin d'un tabou », « un changement de paradigme »...Experts et acteurs des cleantechs se réjouissent ouvertement de certaines nouveautés introduites par le Pacte pour une industrie verte présenté ce 26 février par la Commission européenne. Deux types d'acteurs sont visés : les industries les plus carbonées, et les cleantechs susceptibles de les aider à opérer leur transition. Pour la première fois, une préférence européenne pourra être appliquée dans la commande publique.
Des critères de durabilité et de résilience seront également introduits dans un Industrial decarbonization accelerator act qui doit voir le jour d'ici à la fin de l'année. Globalement très satisfaite de cette avancée, « grâce à laquelle l'Europe se met enfin à faire ce que d'autres, États-Unis et Chine en tête, pratiquent depuis toujours », Celia Agostini, directrice de Cleantech for France, insiste : « Il va aussi falloir s'attaquer à la commande privée, et s'assurer que les entreprises qui percevront des aides publiques favoriseront à leur tour des produits et des fournisseurs durables et locaux. »
Comme l'a rappelé Stéphane Séjourné, commissaire européen à la Stratégie industrielle, en conférence de presse, « nous devons non seulement produire plus, mais produire mieux ». C'est-à-dire décarboné et européen. Un affichage environnemental sera développé sur la base du volontariat pour permettre aux entreprises ayant adopté des process de fabrication responsables de le faire savoir à leurs clients. « La préférence européenne est indispensable pour nous protéger efficacement d'importations résultant des surcapacités chinoises, dont certaines seraient peut-être en mesure de répondre aux critères de durabilité », souligne Neil Makaroff, directeur du think tank européen Strategic Perspectives.