Invoqué par les tenants d'un choc de simplification des textes européens, le rapport Draghi pointe également un manque de financement de la transition écologique de quelque 800 milliards d'euros par an. Or, c'est précisément aux investisseurs que sont destinées les données issues, notamment, des rapports CSRD. Cette directive de reporting extra-financier est l'un des trois textes, avec celui sur le devoir de vigilance et celui sur la taxonomie, concerné par le règlement Omnibus que doit présenter Ursula von der Leyen, le 26 février prochain.
Ce règlement a pour objectif de rouvrir l'examen de ces textes, sous le feu de multiples attaques au motif que leur complexité nuirait à la compétitivité des entreprises européennes, dans un monde où le retour de Donald Trump déclenche un mouvement de dérégulation à tout va. Quel sera le contenu de ce texte ? Nul n'en sait trop rien. Certains investisseurs, précisément les plus enclins à financer le Green Deal européen, craignent toutefois un retour de balancier trop violent.
C'est pourquoi l'IIGCC (Institutional Investors Group on Climate Change), Eurosif (European Sustainable Investment Forum), et PRI (Principles for Responsible Investment), ainsi que plus de 200 investisseurs et autres acteurs du secteur financier européen (dont 25 Français), représentant 6.600 milliards d'euros d'actifs sous gestion, ont adressé une alerte à la patronne de l'exécutif européen et aux principaux commissaires, les exhortant à « préserver l'intégrité et l'ambition » du cadre européen de la finance durable.