Retraites complémentaires : quelle sera la pension moyenne annuelle d'un cadre et d'un salarié en 2018 ?

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En décalant de deux ans l'âge légal de départ, la réforme du régime général limite la baisse des futures pensions versées par les complémentaires. Mais ne suffit pas à redresser les comptes.

Ce devait être un des effets secondaires de la réforme du régime général de retraite. En décalant de 60 à 62 ans l'âge légal de départ et de 65 à 67 ans l'âge du taux plein, la nouvelle législation améliorerait les comptes de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), mais aussi ceux des régimes de retraites complémentaires gérés par les partenaires sociaux. Au vu des premières estimations dévoilées mardi, l'impact sur l'Agirc (cadres) et l'Arrco (ensemble des salariés) devrait, cependant, être plus contrasté que ce qu'avait avancé l'exécutif.

Deux phénomènes peuvent être portés au crédit de la réforme de 2010. Tout d'abord, une moindre baisse du montant moyen des pensions. Ainsi, la somme due par l'Arrco aux nouveaux retraités serait passée de 3.873 euros par an en 2010 à 3.846 euros en 2018 sans réforme alors qu'elle devrait s'établir, en vertu des nouvelles règles, à 4.033 euros en 2018. Pour les cadres, l'effet est plus important encore. De 7.563 euros en 2010, la pension devrait être portée à 7.980 euros en 2018, au lieu de 7.609 euros en l'absence de réforme.

Dans le rouge en 2030

Autre impact, une atténuation de la dégradation des comptes de l'Agirc et de l'Arrco, du simple fait du paiement deux ans plus tard des pensions. Selon les projections réalisées sur la base d'un taux de chômage à 7 % et d'une hausse de la productivité de 1,5 % par an, les deux régimes devraient afficher un excédent de 1 milliard d'euros en 2018, alors que le déficit aurait pu être de 5 milliards d'euros en 2018 si l'âge légal de départ était resté fixé à 60 ans.

Reste que cet effet positif ne sera que de courte durée. Dès 2020, l'excédent sera ramené à 528 millions d'euros. Et les comptes seront fortement dans le rouge en 2030 avec un déficit de 3,3 milliards d'euros. La situation pourrait être plus dégradée encore si l'activité n'est pas vigoureuse. Avec un taux de chômage à 9 % et une hausse de la productivité de 1,2 % par an, proches de la situation actuelle, le déficit serait, en 2018, de 881 millions d'euros et s'envolerait à 9,9 milliards en 2030.

Enfin, la réforme des retraites dessinée par l'excécutif prévoit le maintien de départs anticipés pour certaines catégories de salariés qui atténueront l'impact du recul des bornes d'âge. Ainsi, la nouvelle législation sur les carrières longues entraînerait un surcoût pour l'Arrco de 600 millions d'euros en 2017 avant de décroître. Les dispositifs permettant des départs anticipés pour cause de handicap ou de pénibilité représenteraient une charge supplémentaire respective de 40 et 280 millions d'euros en 2020 quand le maintien du départ à 65 ans pour les parents de familles nombreuses pèserait à hauteur de 208 millions d'euros. Autant d'éléments qui ne laissent d'autre choix aux partenaires sociaux que de prendre des mesures correctrices dans le cadre de la négociation qui vient de s'ouvrir...

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