Les « stress tests » ne parviennent pas à rassurer les marchés

Les banques européennes ont chuté en Bourse lundi. La réunion des chefs d'État européens qui se tiendra ce jeudi à Bruxelles est désormais attendue avec impatience.
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Début de semaine en berne pour les banques. Si elles estimaient avoir franchi sans encombre le cap des « stress tests » (publiés vendredi dernier), elles ont chuté lundi en Bourse. Le secteur des banques est celui qui a le plus baissé dans l'indice paneuropéen Stoxx 600 (- 3,23 %) derrière celui les assureurs. Parmi les plus fortes chutes de la journée, figurent quelques banques « épinglées » par les tests de résistance pratiqués par l'Autorité bancaire européenne (EBA) comme la grecque Eurobank EFG (- 4,07 %), ou certaines qui les ont passés de justesse comme Banco Commercial Portugues (- 7,23 %) ou l'italienne Banco Popolare (- 6,67 %).

Les valeurs allemandes Commerzbank et Deutsche Bank n'étaient pas davantage à la fête. Elles ont perdu respectivement 4,64 % et 3,45 %. Sur fond de crise de la dette en zone euro, les tests n'ont donc absolument pas rassuré les investisseurs.

Société Généralecute; Générale affectée

« Le scénario mis en place [par l'EBA] n'était pas assez pessimiste ni réaliste, en excluant notamment un défaut partiel de la Grèce », indique Jérôme Vinerier, analyste chez IG Markets.

Les valeurs françaises ne sont pas sorties indemnes de cette journée, BNP Paribas a chuté de 3,64 %, Crédit Agricolegricole de 3,57 %, alors que la Société Généralecute; Générale a été la plus affectée (-5,48 %). Cette dernière avait publié le moins robuste des ratios de fonds propres durs français (Core Tier One), juge de paix des tests de résistance (« La Tribune » du 18 juillet) : 6,6 % en 2012, en considérant le pire scénario envisageable. « La Société Généralecute; Générale est assez mal placée, le marché anticipe qu'elle va probablement devoir lever des capitaux. Donc les investisseurs vendent en espérant racheter à un prix plus bas lorsque l'exercice de la levée de capitaux se fera. C'est le même scénario pour BNP Paribas », indique Guy de Blonay, gérant spécialiste des valeurs financières de Jupiter AM.

Les calculs réalisés par les analystes de JP Morgan suite aux stress tests vont dans ce sens. Ces derniers ont appliqué aux banques européennes la définition du ratio de solidité de Bâle 3 de 7 % (avec 4,5 % de Core Tier One minimum et 2,5 % de coussin de sécurité) plutôt que celle retenue par l'EBA. Il en ressort que la Société Généralecute; Générale et BNP Paribas auraient respectivement besoin d'apports en capital de 7,6 milliards d'euros et 12,1 milliards d'euros. Au total, JPMorgan estime que le secteur bancaire européen pourrait devoir lever 80 milliards d'euros.

Pour dissiper toutes ces interrogations, une décision des chefs d'États européens qui se réunissent jeudi serait salvatrice. Selon Jérôme Vinerier : « Tous les yeux sont maintenant tournés vers le sommet du 21 juillet. Il y a aujourd'hui un réel besoin de nouvelles mesures, de nouveaux mécanismes de soutien. La séance du 22 juillet risque donc d'être agitée sur les marchés ».

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