Les nouvelles stars du Printemps de Bourges
Eric Mandel
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Joanna.
ERIKA KAMANO
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Joanna.
ERIKA KAMANO
À 25 ans et avec deux albums à son actif, Joanna s'offre son premier Printemps. Une consécration logique pour la Rennaise de 26 ans dont le nouvel opus - Where's the Light ? - impressionne par la force de son propos et sa luxuriance musicale. Chanson classique, pop gorgée de synthétiseurs vintage, R'n'B suave, électro-rock trituré... Cette artiste polyvalente (autrice, compositrice, productrice) ne s'interdit rien dans ce disque conçu comme le journal intime d'une période troublée.
De l'obscurité à la lumière, Joanna nous convie dans les méandres de sa psyché : le tourbillon de la dépression, le deuil impossible d'un proche porté disparu, son ego tyrannique et la pulsion de vie au bout du tunnel. Outre la richesse de sa palette vocale (chant diaphane, inflexions soul, envolées cristallines à la Mylène Farmer), Joanna séduit par la qualité de ses compositions jamais linéaires et la justesse de son écriture, qu'elle célèbre les plaisirs brûlants (« On s'aime et demain c'est l'apocalypse donc touche-moi de façon stratégique ») ou dénonce la culture du viol dans une ballade piano-voix tout simplement bouleversante (Ce n'est pas si grave).
En concert samedi, au 22 Est & Ouest. À écouter : Where's the Light ? (Joanna Club/BMG).

(Solaan. Crédits: @SADAKA EDMOND/SIPA )
Elle se décrit volontiers comme une « sorcière réconfortante ». L'oxymore résume idéalement l'univers de Solann, jeune femme originaire d'Avignon dont le premier mini-album, Monstrueuse, sorti en janvier, cumule critiques élogieuses et millions de streams sur les plateformes. Cette musicienne autodidacte passée par le théâtre, la danse et le mannequinat impose d'emblée sa singularité au fil de chansons où elle évoque sans détour mais avec une poésie lumineuse ses fragilités : la peur de vieillir et de mourir, les rapports complexes avec son enveloppe physique lors de fugaces étreintes charnelles (« J'laisse mes os dans les mains des autres / Pour qu'ils les aiment à ma place ») ou les relations toxiques avec des mauvais garçons au cours d'une virée à toute berzingue en voiture (le cinématographique Crash).
Eric Mandel