Réforme des retraites : et maintenant ?

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Avec le vote de la réforme, tous se projettent dans l'après. Le gouvernement prépare de nouveaux chantiers. Opposition et syndicats tentent de maintenir la mobilisation.

Après la réforme des retraites qui devrait être votée mercredi à l'Assemblée nationale, l'exécutif est passé à autre chose. « La phase de démocratie politique est achevée, le mouvement n'a plus de sens », déclarait mardi François Fillon, lors d'une réunion devant les élus UMP. Au Parti socialiste, on est aussi dans l'après... mais on maintient la pression. Le groupe socialiste à l'Assemblée a annoncé mardi qu'il déposerait un recours au Conseil constitutionnel contre le texte. Conséquence : il faudra attendre la mi-novembre pour que la loi soit promulguée. Quant aux organisations syndicales, elles maintiennent leur appel à deux journées de mobilisation jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre. Le mouvement « continuera » et « prendra d'autres formes », a assuré lundi le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, tandis que son homologue de la CFDT, François Chérèque, estimait qu'une loi est « toujours perfectible ».

Pas simple toutefois de maintenir la pression contre un texte définitivement adopté. La « jurisprudence CPE » a beau être encore dans les têtes, peu croient dur comme fer à un bis repetita pour les retraites. Tandis qu'une majorité de Français (59 %), favorables à la grève, jugent « inacceptables » les blocages d'entreprises, de routes ou de dépôts de carburant selon un sondage réalisé la semaine dernière par Ifop pour « La Lettre de l'opinion », certains observateurs pointent un effritement manifeste du mouvement.

Lundi, les salariés ont voté la reprise dans trois des douze raffineries jusque-là complètement à l'arrêt. Dans les transports, environ 9 TGV sur 10 sur les liaisons Paris-province et 7 TER et Transilien sur 10 en moyenne roulaient mardi selon la SNCF. À Marseille où s'élevaient des montagnes d'ordures, les éboueurs ont repris le travail après quatorze jours de grève, à l'appel de FO pour des raisons sécuritaires et sanitaires...

Pour autant, la situation n'est pas encore revenue à la normale. Les terminaux méthaniers sont toujours bloqués par la grève. Et du fait de la désertion des lycéens des cortèges en raison des vacances de la Toussaint, les étudiants, à l'appel de l'Unef, tentent de prendre le relais. Mardi, entre 4 et 7 universités, selon les sources, sur les 83 au total, étaient bloquées ou perturbées. Cette fois, plus que jamais peut-être, la journée de jeudi aura valeur de test...

Isabelle Moreau

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