Les banques se font peu à peu à l'idée de participer au plan d'aide à la Grèce

Les créanciers privés de la Grèce pourraient se voir proposer une participation allégée au nouveau plan de soutien, afin de contourner le risque de contagion souligné par les agences de notation.
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Banquiers et assureurs européens se rapprochaient un peu plus d'une participation volontaire au plan d'aide à la Grèce ce week-end. À la suite de discussions avec les institutions financières de leur pays respectif, le président français Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, avaient affirmé vendredi que banquiers et assureurs étaient prêts à accepter un « rollover », c'est-à-dire la re-souscription des obligations grecques dans leur portefeuille, dès leur arrivée à échéance. Dimanche, Bercy et BNP Paribas proposaient, de leur côté, des modalités de participation allégée pour le secteur privé (voir encadré). Une proposition qui pourrait faire du chemin, étant donné l'inquiétude qui plane sur les bilans des banques.

Jürgen Stark, chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), alertait ainsi ce week-end sur l'exposition des banques à la crise grecque, qui pourrait déclencher une « nouvelle phase dramatique de la crise ».

Aversion au risque

Cette inquiétude concerne tout particulièrement les banques grecques. Dans une étude la semaine dernière, Fitch Ratings indique que les cinq plus grands établissements du pays, dont la National Bank of Greece (NBG), seraient exposés à hauteur de 45 milliards d'euros au risque souverain grec. Seule l'exposition d'Alpha Bank représente moins de 100 % de ses fonds propres, elle atteint 525 % pour l'ATEbank, 217 % pour Piraeus et 214 % la NBG.

La crainte de Fitch réside principalement dans « une restructuration désordonnée » de la dette souveraine grecque « qui augmenterait substantiellement [leur] probabilité de défaut en raison d'un resserrement critique de la liquidité et d'une confiance réduite ». Le scénario catastrophe envisagé par l'agence de notation : l'arrêt de la ligne de crédit dont dispose la Grèce auprès de la BCE qui n'accepterait plus des obligations de banques grecques ou celles garanties par le gouvernement comme collatéral. Mais, même dans une telle situation, Fitch précise que la liquidité des établissements du pays pourra être assurée indirectement par la banque centrale grecque, comme ce fut le cas en Irlande.

En ce qui concerne l'exposition des banques commerciales étrangères à la dette grecque, les établissements français et allemands arrivent en tête avec respectivement 11 milliards et 8 milliards d'euros. Le Crédit Agricolegricole reste la plus exposée des banques européennes avec 24,5 milliards d'euros dont 23,9 milliards de créances locales, principalement à travers sa filiale grecque Emporiki. Mais, Fitch rappelle qu'au regard des 75 milliards de fonds propres de la Banque verte, une recapitalisation d'Emporiki serait à sa portée.

Au-delà d'un simple défaut de paiement de la Grèce, c'est le risque d'une contagion et d'une aversion extrême au risque qui préoccupe l'agence de notation. « Une restructuration ou un ?rollover? serait potentiellement un facteur d'aggravation des situations en Irlande et au Portugal, en exacerbant l'aversion au risque de leurs contreparties », estime Fitch. Une crainte que devront prendre en compte les dirigeants européens.

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