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Johnson dit à la France de se ressaisir après le différend sur les sous-marins en Australie

reuters.com  |   |  561  mots
Johnson dit a la france de se ressaisir apres le differend sur les sous-marins en australie[reuters.com]
(Crédits : Joshua Roberts)

LONDRES (Reuters) - Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a demandé mercredi à la France de se ressaisir et de laisser les alliés des Etats-Unis et de l'Australie souffler un peu, après l'annulation par Canberra d'une commande de sous-marins français.

L'annonce de l'annulation du contrat passé avec Naval Group pour 12 sous-marins et de la constitution d'une alliance entre Washington, Canberra et Londres pour tenir tête à la Chine dans la région indo-pacifique a provoqué la colère de Paris, soutenue par certains de ses partenaires européens.

La France a accusé le président américain Joe Biden d'agir comme son prédécesseur Donald Trump, sans le moindre égard vis-à-vis de ses alliés, et elle a rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis pour consultations.

S'exprimant au lendemain d'une rencontre avec Joe Biden à Washington, Boris Johnson a déclaré aux journalistes : "Je pense simplement qu'il est temps pour certains de nos plus chers amis dans le monde de 'prenez un grip' à propos de tout cela, 'donnez-moi un break', parce que c'est fondamentalement un grand pas en avant pour la sécurité mondiale." Il traduisait littéralement en français les expressions anglaises 'get a grip' et 'give me a break'.

"Il ne s'agit pas d'essayer de jouer des coudes pour écarter quelqu'un, il ne s'agit de se montrer antagoniste envers la Chine, par exemple, il s'agit d'intensifier les liens et l'amitié entre trois pays", a-t-il ajouté.

ALIMENTER LA COLÈRE

Ces commentaires risquent d'alimenter davantage la colère de Paris, tandis que deux sources diplomatiques ont déclaré que des instructions avaient été données pour limiter les contacts avec la Grande-Bretagne dans l'immédiat.

"'Global Britain', semble-t-il, vise à projeter la Grande-Bretagne dans le monde, tout en marginalisant l'Europe. Nous ne pouvons pas accepter cela", a déclaré une source diplomatique française, en référence au slogan utilisé par Boris Johnson pour décrire les ambitions du Royaume-Uni après le Brexit.

Ce nouvel accord entre Etats-Unis, Australie et Royaume-Uni a pris forme lors d'un sommet des dirigeants du G7 en Cornouailles en juin, auquel le président Emmanuel Macron a également participé, et le rôle joué par la Grande-Bretagne semble avoir été plus important qu'il ne le semble, estiment des responsables.

"C'est vrai que revenir sur un engagement pris et la parole donnée, Boris Johnson a du mal à voir pourquoi ce serait un problème", a déclaré sur Twitter Nathalie Loiseau, députée européenne et ancienne ministre chargée des Affaires européennes.

"C'est pourtant tout le problème, lorsqu'on prétend vouloir un ordre international fondé sur des règles et des relations fondées sur la confiance", a-t-elle ajouté.

Soulignant le sentiment de colère ressenti à Paris, la présidence française a catégoriquement démenti une affirmation du journal britannique Daily Telegraph selon laquelle Emmanuel Macron serait prêt à renoncer au siège permanent de la France au conseil de sécurité de l'Onu en échange de la formation d'une armée de l'Union européenne.

Le ministère français des Affaires étrangères et l'Elysée n'ont pas répondu à une demande de commentaire.

Emmanuel Macron devait avoir ce mercredi un entretien téléphonique de "clarification" avec le président américain Joe Biden.

(Reportage William James; version française Kate Entringer)