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Nestlé va rémunérer les producteurs de cacao qui envoient leurs enfants à l'école

reuters.com  |   |  392  mots
Nestle va remunerer les producteurs de cacao qui envoient leurs enfants a l'ecole[reuters.com]
(Crédits : Luc Gnago)

par Silke Koltrowitz et Maytaal Angel

ZURICH/LONDRES (Reuters) - Le géant suisse de l'agroalimentaire Nestlé a décidé de rémunérer les producteurs de cacao qui envoient leurs enfants à l'école, une initiative qui s'inscrit dans une volonté de traçabilité complète de l'approvisionnement en cacao du groupe d'ici 2025.

Le producteur des barres chocolatées KitKat compte investir 1,3 milliard de francs suisses (1,25 milliard d'euros) dans le cacao durable d'ici 2030, triplant ainsi ses dépenses annuelles dans ce domaine.

"Ce n'est qu'en nous attaquant aux causes profondes que nous aurons un impact", a déclaré le directeur des opérations de Nestlé, Magdi Batato, dans un entretien à Reuters cette semaine.

Selon une récente étude de l'Université de Chicago, 45% des enfants des familles d'agriculteurs dans les zones de culture de cacao en Côté d'Ivoire et au Ghana travaillent.

S'ils envoient leurs enfants à l'école, les agriculteurs recevront jusqu'à 500 francs suisses (480 euros) par an, ce qui, selon Magdi Batato, représente 20% à 25% du revenu annuel moyen.

La prime sera réduite à 250 francs au bout de deux ans et progressivement étendue à l'ensemble des 160.000 producteurs de cacao de Nestlé d'ici 2030.

Pour recevoir cet argent, les agriculteurs devront non seulement envoyer leurs enfants à l'école mais aussi élaguer les cacaoyers, planter des arbres d'ombrage et diversifier leurs revenus par le recours à d'autre cultures ou à l'élevage.

Contrairement aux primes actuelles qui sont versées par tonne et risquent ainsi d'encourager la surproduction, Nestlé a déclaré qu'il paierait les agriculteurs et leurs conjoints directement, indépendamment des volumes produits.

"Une prime aux ménages est bien plus inclusive pour les petits agriculteurs, en s'assurant véritablement que personne n'est laissé de côté", a déclaré le responsable de l'activité confiserie de Nestlé, Alexander von Maillot, à Reuters.

"Au fil du temps, il pourrait y avoir une augmentation du prix de certains produits, c'est certain", a-t-il déclaré, ajoutant que les consommateurs étaient prêts à payer si le prix était justifié par des pratiques commerciales responsables.

Le réseau VOICE, qui regroupe des ONG et des syndicats, a déclaré que ce programme était "un grand pas en avant", mais que des virements en espèce ne pouvaient remplacer la juste rémunération des cultivateurs de cacao.

(Reportage Silke Koltrowitz et Maytaal Angel; version française Valentine Baldassari, édité par Blandine Hénault)

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