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Brexit: L'optimisme des marchés financiers laisse les négociateurs perplexes

reuters.com

Publié le 14 septembre 2018 à 17:11 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:33

Brexit: l'optimisme des marches financiers laisse les negociateurs perplexes

Brexit: l'optimisme des marches financiers laisse les negociateurs perplexes

Kevin Coombs

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Gabriela Baczynska et Alastair Macdonald

BRUXELLES (Reuters) - L'optimisme des investisseurs face à la perspective d'un accord sur le Brexit laisse quelque peu perplexes les responsables et diplomates européens impliqués dans les négociations, pour lesquels les points d'accroc sont toujours bel et bien là.

Les annonces qui se sont multipliées sur les efforts engagés pour obtenir un accord sur le Brexit lors d'un des trois conseils européens, formels ou informels, à venir - entre la semaine prochaine et la mi-novembre - ont contribué à effacer les pertes subies par la livre sterling face au dollars en août, quand, a contrario, les marchés redoutaient un échec des négociations.

La livre a repris 3,5% par rapport à son plus bas niveau atteint en août.

A en croire un diplomate européen au fait de la situation (que le négociateur en chef européen sur le Brexit, Michel Barnier, exposera lors du conseil européen informel de Salzbourg mercredi et jeudi prochains), il n'y a pourtant rien de nouveau sous le soleil: "Rien n'a changé. J'ignore d'où provient cet optimisme."

Un responsable européen impliqué dans les négociations juge que le risque d'un échec est toujours là, principalement parce que Theresa May, la Première ministre britannique, a beaucoup de mal à convaincre son propre camp de soutenir ses propositions, qui de toute façon ne satisfont pas l'UE.

"Les risques sont les mêmes. On peut encore aboutir à un Brexit dur (sans accord)", dit-il à propos de la perspective du retrait du Royaume-Uni de l'UE, qui doit intervenir au soir du 29 mars 2019.

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"La plus forte menace, c'est le blocage politique au Royaume-Uni", ajoute-t-il.

RAAB PARLE D'AVANCÉES

L'une des questions clés qui divise toujours Britanniques et Européens a tout l'air insoluble, en l'état. L'UE insiste pour que l'accord sur le Brexit comporte une clause de "sauvegarde", qui maintiendrait l'Irlande du Nord dans l'espace économique du bloc européen, quoi qu'il se passe pour les relations commerciales avec le reste du Royaume-Uni après une période de transition qui prendra fin en 2020.

Theresa May, qui dépend politiquement de ses alliés nord-irlandais du DUP (Parti unioniste démocrate), pour lesquels le plan de l'UE affaiblirait leurs relations avec le reste du Royaume-Uni, voit les choses différemment et propose des accords douaniers qui éviteraient, pour l'après-2020, d'imposer une "frontière dure" entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord.

Les parties de l'accord relatives aux expatriés et à d'autres questions sont pratiquement bouclées, mais la question irlandaise complique la donne. Les alliés de Theresa May font état de progrès, et vendredi, le ministre du Brexit, Dominic Raab, parlait d'"avancées sur des solutions viables".

"Même s'il nous reste des différences substantielles à régler, il est clair que nos équipes se rapprochent de solutions réalisables aux problèmes en suspens dans l'Accord de retrait", a-t-il dit après une conversation téléphonique avec Michel Barnier, le négociateur en chef européen.

Ce dernier a dit pour sa part avoir évoqué avec Dominic Raab les derniers progrès en date. Il a lui aussi souligné que "des divergences importantes subsistent" à propos de la question irlandaise, de la gouvernance de l'accord ou des labels sur l'origine géographique des produits.

"Nous poursuivons nos discussions pour trouver un terrain d'entente sur la relation future", a-t-il dit.

CHEQUERS, UNE BASE DE DÉPART

A en croire un responsable britannique, Londres a noté un "ton" plus chaleureux de la part de Michel Barnier et du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Dans le camp européen, on souligne toutefois que ces mots chaleureux sont assortis de la même mise en garde, à savoir que la Grande-Bretagne ne doit pas fragiliser le marché unique européen, alors que, d'après Bruxelles, c'est précisément ce que font les propositions britanniques en l'état actuel des choses.

Theresa May rencontrera ses homologues européens mercredi et jeudi à Salzbourg. Les négociateurs européens rendront alors compte aux chefs d'Etat et de gouvernement des 27 de la "feuille de route" vers un accord en novembre, déclarent des responsables européens.

Ce conseil européen informel sera un "tour de chauffe", selon la formule d'un responsable européen, Bruxelles regrettant que Theresa May ne puisse pas faire de pas vers un compromis avant la tenue du congrès de son parti conservateur, du 30 septembre au 3 octobre. Cela laissera ensuite deux semaines pour négocier jusqu'au prochain conseil européen, formel celui-là, fixé au 18 octobre à Bruxelles.

Pour l'heure, les Européens jugent inacceptable les propositions du "plan de Chequers" exposé cet été par Theresa May en vue d'un accord sur le libre-échange avec l'UE après le Brexit. Mais ce plan n'en a pas moins été perçu à Bruxelles comme une bonne base de départ vers de nouvelles discussions, notamment parce qu'il envisage des relations étroites dans les domaines de la sécurité et des affaires internationales après le Brexit, comme le souhaite l'UE.

(avec Tommy Wilkes et Jan Strupczewski; Eric Faye pour le service français)

reuters.com

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