Téléchargez
notre application
Ouvrir

Réunion ministérielle à Berlin sur Huawei et la 5G

reuters.com  |   |  511  mots
Reunion ministerielle a berlin sur huawei et la 5g[reuters.com]
(Crédits : Tatyana Makeyeva)

BERLIN (Reuters) - Des ministres allemands se réunissent ce mercredi pour débattre de mesures à prendre afin de renforcer la sécurité des réseaux de téléphonie mobile de nouvelle génération, sur fond de polémique autour de l'équipementier chinois Huawei, a-t-on appris de sources autorisées.

Avec un chiffre d'affaires de 93 milliards de dollars (81,7 milliards d'euros) en 2017, Huawei est le premier équipementier télécoms mondial mais plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, redoutent que Pékin n'utilise ses infrastructures à des fins d'espionnage.

Aucune preuve n'a jusqu'à jusqu'à présent été apportée pour étayer ces soupçons et le groupe a réfuté à de nombreuses reprises ces accusations. La controverse a toutefois conduit les Etats-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande à restreindre l'accès à leurs marchés pour la téléphonie mobile de cinquième génération (5G) et Washington encourage vivement les pays de l'Union européenne à faire de même.

Mardi, lors d'une visite au Japon, Angela Merkel a déclaré que son gouvernement aurait besoin de s'assurer que Huawei ne fournit pas ses données à l'Etat chinois avant d'accepter qu'il participe à la mise en place d'un réseau 5G en Allemagne.

Selon le quotidien Handelsblatt, la réunion de mercredi, à laquelle participeront les ministres de l'Economie, de l'Intérieur, des Finances et des Transports, portera sur la question de savoir si un catalogue de sécurité mis au point par les agences fédérales de régulation des télécoms et de cybersécurité, ainsi que des règles de certification suffiront à assurer la sécurité de la 5G.

Aucune décision n'est cependant attendue lors de cette réunion. Les enchères 5G en Allemagne doivent avoir lieu dans la deuxième quinzaine de mars.

Au Royaume-Uni, Huawei a promis d'investir 2 milliards de dollars (1,75 milliard d'euros) pour répondre aux inquiétudes du gouvernement britannique soulevées dans un rapport l'an dernier, mais le groupe a prévenu dans une lettre envoyée récemment à des élus qu'il faudrait trois à cinq ans pour obtenir des résultats.

"Renforcer nos capacités d'ingéniérie dans les logiciels, c'est comme remplacer des composants sur un train à grande vitesse en train de rouler", écrit Ryan Ding, un responsable de l'équipementier chinois, dans une lettre au président de la commission parlementaire sur la Science et la Technologie.

"C'est une procédure compliquée et il faudra trois à cinq ans avant d'obtenir des résultats tangibles. Nous espérons que le gouvernement britannique sera en mesure de le comprendre", ajoute-t-il.

En Pologne, où les autorités ont arrêté le mois dernier un employé chinois de Huawei et un ancien responsable polonais de la sécurité sur des soupçons d'espionnage, le groupe chinois a proposé mercredi d'installer un centre de cybersécurité, ajoutant que rien ne justifiait le rejet par le gouvernement polonais de Huawei pour la mise en place d'un réseau 5G.

(Rédaction de Berlin; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)