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L'Otan affiche son unité et sa fermeté face à la Chine

reuters.com  |   |  694  mots
Apres le g7, l'otan va durcir le ton contre la chine[reuters.com]
(Crédits : Yves Herman)

par Robin Emmott, Steve Holland et Sabine Siebold

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants des pays de l'Otan ont pointé du doigt lundi les "défis systémiques" que constituent selon eux les ambitions de la Chine, durcissant le ton à l'égard de Pékin pour le premier sommet de l'alliance auquel participait Joe Biden.

Le nouveau président américain a appelé les autres pays de l'organisation à faire front face à l'autoritarisme et à la puissance militaire croissante de la République populaire, donnant ainsi une nouvelle ambition à l'Otan, créée en 1949 pour défendre l'Europe contre l'Union soviétique.

"Les ambitions déclarées de la Chine et son assertivité présentent des défis systémiques pour l'ordre international fondé sur des règles et dans des domaines revêtant de l'importance pour la sécurité de l'Alliance", déclare le communiqué final du sommet de Bruxelles.

Joe Biden a aussi assuré à ses alliés européens que le pacte de défense mutuelle qui fonde l'Otan constituait "une obligation sacrée" pour les Etats-Unis.

Ces mots symbolisent le changement de ton de Washington vis-à-vis d'une organisation que son prédécesseur, Donald Trump, jugeait dépassée et menaçait de quitter en reprochant aux pays européens de dépenser trop peu pour leur propre défense.

"Je veux que toute l'Europe sache que les Etats-Unis sont là", a dit Joe Biden. "L'Otan est pour nous d'une importance critique."

La chancelière allemande, Angela Merkel, pour son dernier sommet de l'alliance avant son départ en septembre, a reconnu l'importance des enjeux liés à la Chine tout en les replaçant dans un contexte plus global.

"Si vous considérez les menaces cyber et les menaces hybrides, si vous considérez la coopération entre la Russie et la Chine, vous ne pouvez pas vous contenter d'ignorer la Chine", a-t-elle dit à la presse. "Mais il ne faut pas la surévaluer non plus, nous devons trouver le bon équilibre."

"LA CHINE SE RAPPROCHE DE NOUS"

Emmanuel Macron, le président français, a appelé pour sa part à "ne pas confondre les objectifs".

"L'Otan est une organisation militaire, le sujet de notre rapport à la Chine n'est pas que militaire. L'Otan est une organisation (...) qui concerne l'Atlantique nord, la Chine a peu à voir avec l'Atlantique nord", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Et donc je pense qu'il est très important de ne pas nous disperser et de ne pas biaiser le rapport à la Chine."

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, avait néanmoins souligné dès son arrivée au sommet: "Nous savons que la Chine ne partage pas nos valeurs (...) nous devons répondre ensemble en tant qu'alliance".

"La Chine se rapproche de nous. Nous les voyons dans le cyberespace, nous voyons la Chine en Afrique, mais nous voyons aussi la Chine investir massivement dans nos propres infrastructures critiques", avait-il ajoutant en faisant référence à la multiplication des investissements chinois dans certains ports ou réseaux télécoms européens.

Les dirigeants du Groupe des Sept avaient déjà ciblé la Chine dimanche dans la déclaration finale de leur sommet, une initiative contre laquelle Pékin s'est élevé lundi en accusant les puissances occidentales d'ingérence et de diffamation.

La Russie a évidemment figuré elle aussi au programme des discussions à deux jours de la première rencontre entre Joe Biden et son homologue russe, Vladimir Poutine, à Genève.

Dans leur communiqué, les pays de l'Otan se disent ainsi "profondément préoccupés par les développements intervenus au Bélarus depuis août 2020", en référence à la réélection contestée par la rue d'Alexandre Loukachenko, le président biélorusse.

Le président lituanien, Gitanas Nauseda, a déclaré que la Russie tentait actuellement d'"avaler" la Biélorussie et que les pays baltes souhaitaient un renforcement de la présence militaire américaine sur leur sol.

(Avec Elizabeth Piper à Londres et Kate Abnett, Marine Strauss et John Chalmers à Bruxelles, Elizabeth Pineau à Paris ; version française Jean Terzian, Bertrand Boucey, Myriam Rivet et Marc Angrand, édité par Nicolas Delame)