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Manifestation à Ramallah après la mort d'un militant palestinien

reuters.com  |   |  332  mots

par Ali, Sawafta, Yosri et Al

RAMALLAH/HÉBRON (Reuters) - Plusieurs centaines de Palestiniens ont marché jeudi sur le palais présidentiel de Mahmoud Abbas, à Ramallah, pour demander sa démission après le décès d'un célèbre activiste, Nizar Banat, dont sa famille affirme qu'il a été battu à mort par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne.

Les manifestants brandissaient des portraits de Banat, 43 ans, militant des droits de l'Homme, face à des dizaines de membres des forces anti-émeute palestiniennes qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour les empêcher d'atteindre le bâtiment, dans le centre de Ramallah (Cisjordanie).

Selon les proches de Nizar Banat, les forces de sécurité l'ont violemment battu lors de son arrestation dans la nuit de mercredi à jeudi à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

Le gouverneur de la ville, Jibrin Al-Bakri, a déclaré que le militant était décédé de complications médicales à la suite de son arrestation, sans en préciser la nature.

Le militant accusait l'Autorité palestinienne de corruption, notamment à la faveur de l'accord d'échange de vaccins contre le COVID-19 avec Israël ce mois-ci.

Un porte-parole de l'Autorité palestinienne s'est refusé à tout commentaire.

Pressé par l'Onu, le Premier ministre Mohammad Shtayyeh a ordonné la création d'une commission d'enquête qui, selon lui, inclurait la Commission indépendante des droits de l'homme de l'Autorité palestinienne (ICHR).

Le directeur général de l'ICHR, Ammar Dwaik, a démenti l'information sur Facebook, précisant que la commission était impliquée dans la procédure d'autopsie, et qu'elle publierait son propre rapport avec le (groupe indépendant de défense des droits) Al-Haq.

La délégation de l'Union européenne auprès des Palestiniens a déclaré sur Twitter être choquée et attristée, ajoutant attendre une "enquête complète, indépendante et transparente".

(Reportage Ali Sawafta et Nidal al-Mughrabi, version française Federica Mileo, édité par Sophie Louet)