Mis en place pendant l'été 2022, dans le cadre de la Loi de finances rectificative, le « filet de sécurité inflation », abondé à hauteur de 430 millions d'euros, devait aider financièrement les communes et EPCI les plus fragiles à faire face à la crise inflationniste. Dix-neuf mois plus tard, pour plus de 3.400 d'entre elles, dont Vauvert (Gard), c'est la douche froide : non seulement elles ne sont plus éligibles au dispositif, mais elles doivent rembourser l'acompte versé.
Tout avait pourtant bien commencé. Comme près de 22.000 communes et EPCI en France, la ville de Vauvert (11.733 habitants) avait reçu, à l'automne 2022, un courrier officiel de la Direction départementale des finances publiques (DDFIP) du Gard l'informant qu'elle correspondait à deux critères cumulatifs du dispositif : une épargne brute au 31 décembre 2021 représentant moins de 22% de ses dépenses de fonctionnement, et une diminution de l'épargne brute en 2022 de plus de 25% du fait de la hausse du point d'indice et de celle des prix de l'énergie et des produits alimentaires.
Le courrier indiquait une compensation estimée à 298.920 euros (environ 25 euros par habitant), avec possibilité de recevoir un acompte de 30%, soit 89.676 euros.
« Comme nous étions prétendument éligibles, nous avons intégré cette recette dans le budget 2023 de la ville,raconte le maire de Vauvert. Puis la vie a suivi son cours. Nous n'avions pas attendu l'Etat pour prendre des mesures permettant de diminuer les coûts, notamment en matière d'énergie : isolation de bâtiment, équipements des lampadaires avec des LED, achat de voitures électriques, etc. Ce filet de sécurité devait nous permettre d'améliorer la situation financière de la commune. »