Difficultés de recrutement: mais où sont passés les actifs ?
Fanny Guinochet
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Après la pandémie, les salariés ne veulent plus travailler comme avant. Plus question d'accepter des horaires décalés, une présence tous les week-ends, le soir tard, pour ne plus voir ses enfants. Plus envie de perdre des heures dans les transports, de...
Trouver des salariés est la première préoccupation des chefs d'entreprise. Ce manque de main-d'œuvre est aussi une des principales inquiétudes du gouvernement, qui y voit un frein à la reprise. Mais où sont passés les actifs? Faut-il craindre un mouvement d'ampleur comme aux États-Unis, où 5 millions de personnes sont sorties du marché du travail depuis le début de la pandémie? Comment faire pour qu'elles reviennent?
Que ce soit dans les TPE ou les grands groupes, les chefs d'entreprise se lamentent : ils ne trouvent plus de salariés. Sur le site de Pôle emploi, près de 800.000 offres d'emplois restent non pourvues, soit le double du niveau d'avant la crise.
Aux États Unis, le phénomène de départs des actifs sortis du marché du travail est tel qu'il est désigné par « The Great Resignation ». Dans le détail, trois millions d'employés seraient partis plus tôt à la retraite, notamment grâce aux bons résultats de la Bourse, qui leur a permis d'avoir des liquidités suffisantes. Mais il y a aussi des travailleurs peu qualifiés qui ne veulent plus des horaires et des salaires trop bas et qui s'en remettent au travail non déclaré, ou encore des cadres et ingénieurs dans la finance ou la tech qui refusent désormais de passer leur vie à la gagner... La pandémie a complètement modifié le rapport au travail de millions d'Américains.
Non aux horaires à rallonge, aux petits chefs... oui à la recherche de sens
En France aussi, les salariés ont changé avec la crise. Beaucoup ne souhaitent plus travailler comme avant. Plus question d'accepter des horaires décalés, une présence tous les week-ends, le soir tard, pour ne plus voir ses enfants. Plus envie de perdre des heures dans les transports, de supporter des managers qui se prennent pour de petits chefs...
Les arbitrages ne sont plus les mêmes depuis la crise, ce qui rend les recrutements plus complexes. « Plus qu'avant la pandémie, les cadres, les jeunes mais aussi les seniors recherchent du sens à leur activité », souligne encore Benoît Serre, le vice-président de l'ANDRH, l'Association nationale des directeurs des ressources humaines.
Selon l'économiste Daniel Cohen, la pandémie a eu le même effet que Mai 1968 : elle a fait (re)découvrir qu'il n'y a pas que le travail dans la vie.
237.000 salariés ont quitté le secteur de l'hôtellerie-restauration
Dans l'hôtellerie-restauration, les employeurs n'ont jamais vu ça. Impossible de trouver des personnels de salle, des plongeurs, des cuisiniers... Les tensions de recrutement étaient déjà présentes avant la crise, mais elles ont pris une ampleur telle qu'elles bouleversent tout le secteur. Un seul exemple : faute de personnel, l'Escale, le plus grand routier de France, à Déols, dans l'Indre, longtemps ouvert 24 heures sur 24, est aujourd'hui obligé de fermer la nuit et le dimanche après 17 heures.
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