Difficultés de recrutement : mais où sont passés les actifs ?

Trouver des salariés est la première préoccupation des chefs d'entreprise. Ce manque de main-d'œuvre est aussi une des principales inquiétudes du gouvernement, qui y voit un frein à la reprise. Mais où sont passés les actifs? Faut-il craindre un mouvement d'ampleur comme aux États-Unis, où 5 millions de personnes sont sorties du marché du travail depuis le début de la pandémie? Comment faire pour qu'elles reviennent?

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Après la pandémie, les salariés ne veulent plus travailler comme avant. Plus question d'accepter des horaires décalés, une présence tous les week-ends, le soir tard, pour ne plus voir ses enfants. Plus envie de perdre des heures dans les transports, de supporter des managers qui se prennent pour de petits chefs...
Après la pandémie, les salariés ne veulent plus travailler comme avant. Plus question d'accepter des horaires décalés, une présence tous les week-ends, le soir tard, pour ne plus voir ses enfants. Plus envie de perdre des heures dans les transports, de supporter des managers qui se prennent pour de petits chefs... (Crédits : Pexel via Pixabay)

Que ce soit dans les TPE ou les grands groupes, les chefs d'entreprise se lamentent : ils ne trouvent plus de salariés. Sur le site de Pôle emploi, près de 800.000 offres d'emplois restent non pourvues, soit le double du niveau d'avant la crise.

Aux États Unis, le phénomène de départs des actifs sortis du marché du travail est tel qu'il est désigné par « The Great Resignation ». Dans le détail, trois millions d'employés seraient partis plus tôt à la retraite, notamment grâce aux bons résultats de la Bourse, qui leur a permis d'avoir des liquidités suffisantes. Mais il y a aussi des travailleurs peu qualifiés qui ne veulent plus des horaires et des salaires trop bas et qui s'en remettent au travail non déclaré, ou encore des cadres et ingénieurs dans la finance ou la tech qui refusent désormais de passer leur vie à la gagner... La pandémie a complètement modifié le rapport au travail de millions d'Américains.

Non aux horaires à rallonge, aux petits chefs... oui à la recherche de sens

En France aussi, les salariés ont changé avec la crise. Beaucoup ne souhaitent plus travailler comme avant. Plus question d'accepter des horaires décalés, une présence tous les week-ends, le soir tard, pour ne plus voir ses enfants. Plus envie de perdre des heures dans les transports, de supporter des managers qui se prennent pour de petits chefs...

Les arbitrages ne sont plus les mêmes depuis la crise, ce qui rend les recrutements plus complexes. « Plus qu'avant la pandémie, les cadres, les jeunes mais aussi les seniors recherchent du sens à leur activité », souligne encore Benoît Serre, le vice-président de l'ANDRH, l'Association nationale des directeurs des ressources humaines.

Selon l'économiste Daniel Cohen, la pandémie a eu le même effet que Mai 1968 : elle a fait (re)découvrir qu'il n'y a pas que le travail dans la vie.

237.000 salariés ont quitté le secteur de l'hôtellerie-restauration

Dans l'hôtellerie-restauration, les employeurs n'ont jamais vu ça. Impossible de trouver des personnels de salle, des plongeurs, des cuisiniers... Les tensions de recrutement étaient déjà présentes avant la crise, mais elles ont pris une ampleur telle qu'elles bouleversent tout le secteur. Un seul exemple : faute de personnel, l'Escale, le plus grand routier de France, à Déols, dans l'Indre, longtemps ouvert 24 heures sur 24, est aujourd'hui obligé de fermer la nuit et le dimanche après 17 heures.

Quelques-uns renoncent ainsi à ouvrir leurs établissements à certains moments. D'autres qui, comme les traiteurs, refusent des contrats. Enfin, certains ferment  boutique. Selon la Dares, entre février 2020 et février 2021, le secteur a perdu près de 237.000 personnes. Alors qu'il avait tendance à en gagner 50.000 les deux années précédentes.

CDI, horaires cadrés... la restauration collective fait le plein

Difficile pour l'heure de savoir exactement où sont partis ces actifs. Combien ont rejoint un autre secteur ? Quel transfert aussi au sein même de la filière ? Alors que les cafés-restaurants en ville ont du mal à trouver des bras, la restauration collective, elle, fait le plein. Et pour cause, elle présente l'avantage d'offrir des CDI, et surtout des horaires compatibles avec la vie de famille.

Pour tenter de faire revenir leurs équipes, les fédérations d'employeurs - UMIH en tête - ont lancé une importante négociation. Au menu, une revalorisation des salaires - le patronat propose jusqu'à 10,5% de hausse -, un passage en revue des grilles de classification, mais aussi des réflexions pour en finir avec les heures de césure...

La première séance de négociation le 18 novembre n'a rien donné. La prochaine discussion est prévue le 16 décembre. Très soutenu par le gouvernement, le secteur a reçu à lui seul, selon le ministère du Travail, plus de 8 milliards d'euros d'aide.

Inquiétude des DRH dans la grande distribution

Mais dans la grande distribution aussi les employeurs s'inquiètent, assure Jacques Creyssel, le directeur général de la fédération du Commerce et de la distribution:

« Les postes restent vacants. Et pas que pour les bouchers ou les poissonniers, comme avant la crise.... On manque de personnels de caisse, d'employés d'accueil (...) La nouveauté, c'est que ces pénuries touchent tous les territoires. »

Pourtant, la problématique est différente. Selon lui, dans le secteur, les salaires sont plus élevés que la moyenne (1,14 Smic de salaire en moyenne), les enseignes ont mis en place des dispositifs de participation, de l'intéressement, des primes Macron ont été distribuées. Mais cela ne suffit pas. Résultat, « on ferme des rayons », alerte Jacques Creyssel.

La pénurie touche surtout 2 ou 3 secteurs

« Attention à l'effet de loupe, relativise toutefois Gilbert Cette, professeur d'économie à Neoma Business School. Les pénuries d'emploi concernent surtout quelques secteurs comme les hôtels-cafés-restaurants, ou les métiers du soin, d'aide à la personne. »

Même son de cloche du côté de l'OFCE, l'Observatoire français des conjonctures économiques, où l'économiste Mathieu Plane assure :

« La France n'a rien à voir avec la situation américaine. Les salariés sont là. Ils ne sont pas sortis du marché du travail, mais le problème est qu'offre et demande ne se rejoignent pas. »

Problème d'attractivité des métiers

En cause, selon lui, les conditions de travail : « Une étude de la Darès, montre qu'un quart des difficultés de recrutement sont liées à l'attractivité des métiers », précise-t-il. Et l'attractivité concerne tout autant les salaires, les types de contrats, la pénibilité, les horaires, l'ambiance, la reconnaissance des métiers, l'image du secteur... Avec la reprise, les salariés ont plus le choix qu'auparavant. Ils vont chez le plus offrant.

Au ministère du Travail, les équipes d'Élisabeth Borne acquiescent :

« On le constate sur le terrain, par exemple, sur un même bassin d'emploi, quand un transporteur routier met à disposition des salariés des systèmes de douche, ou des avantages en termes de restauration, il a moins de mal à recruter que ses concurrents. »

Selon la rue de Grenelle, il convient de travailler les perspectives d'évolution. En privé, la ministre du Travail s'agace, par exemple, de voir des filières - comme la coiffure - qui offrent de très faibles progressions de carrière. Pas étonnant de ne pas recevoir de candidatures, quand le seul avenir est de rester au Smic pendant des années. La ministre fait pression sur les branches professionnelles pour qu'elles travaillent sur les grilles salariales, notamment celles qui sont encore en deçà des minima sociaux.

À en croire Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, avec la reprise, la plupart des entreprises devraient cette année rectifier le tir : « Il y a beaucoup de négociations en ce moment. » Les tensions de recrutement vont amener les employeurs à faire des efforts, et à augmenter les salaires.

Un taux d'activité au plus haut depuis 1975

« Car, la bonne nouvelle, après cette crise sans précédent, c'est que le marché du travail français se reconstitue et se recompose, plaide Mathieu Plane de l'OCDE. Preuve en est, le taux d'activité mesuré par l'Insee n'a jamais été aussi haut depuis 1975 : 73,5%. »

Signe que ceux qui s'étaient éloignés du marché du travail - parce que découragés, notamment de ne pas trouver un emploi - reviennent. Chef du département de l'emploi et des revenus d'activité à l'Insee, Vladimir Passeron, confirme et note aussi, dans la dernière enquête du BIT, le Bureau international du travail, publié vendredi dernier, une baisse inédite du nombre de personnes qui constituent ce que l'on appelle « le halo » du chômage, c'est-à-dire des personnes sorties du marché du travail. Près de 175.000 sont revenues en un trimestre, c'est significatif.

« Les actifs ont des comportements rationnels »

Mais si ces personnes se remettent en emploi, elles désertent certaines activités.

« Il n'y a pas encore d'études approfondies sur le sujet, mais cela laisse aussi penser que des secteurs gagnent des employés. Les rotations sont fortes. Les gens vont vers les plus offrants, là où ils se disent qu'il y a un avenir », avance Mathieu Plane. C'est par exemple le cas du bâtiment. Comme les chantiers se sont peu arrêtés pendant la crise, on peut imaginer que des saisonniers du tourisme, des salariés de la restauration les ont rejoints. »

Sans compter, qu'avec la reprise, les carnets de commandes sont pleins, ce qui offre des perspectives d'emplois durables. Voilà qui expliquerait pourquoi la Fédération du bâtiment comptabilise 70.000 nouveaux entrants depuis un an dans la filière. Résultat, selon elle, de ses multiples efforts pour attirer les talents en rendant les métiers plus attractifs, en relevant les salaires, en proposant une protection sociale intéressante, en offrant majoritairement des CDI.

« Les actifs ont des comportements rationnels, poursuit encore Mathieu Plane, ils se détournent des filières en difficulté, celles dont ils savent qu'elles mettront du temps à retrouver leurs niveaux d'avant-crise. »

Preuve en est, l'automobile, qui enregistre près de 11.000 employés en moins par rapport au début de la pandémie. Ou encore l'aéronautique.

La création d'entreprise a le vent en poupe (+21% sur l'année)

Enfin, dans ce contexte où la qualité de vie et la liberté sont plus recherchées qu'auparavant, de nombreux salariés se tournent vers la création d'entreprise. Sur le seul mois d'octobre, elles ont connu une augmentation de plus de 7%, et le taux augmente à 21% sur l'année. Près de deux créations sur trois sont des micro-entreprises.

« Sur le compte personnel de formation, on observe une explosion des demandes de formation pour se mettre à son compte », confirme d'ailleurs la Dares, rattachée au ministère du Travail.

Les secteurs qui attirent le plus ? L'artisanat pour 30% des créations, mais aussi les services aux entreprises - juridiques, comptables, etc. - , les services à la personne... Être indépendant pour décider de ses horaires, de son lieu de vie, des gens avec qui l'on travaille, des types de contrats... quitte à y perdre un peu en salaire.

« Et ne soyons pas naïfs, assène l'économiste Gilbert Cette, l'assurance chômage reste encore très souvent utilisée pour financer ces changements et reconversions. »

Voilà qui expliquerait aussi pourquoi le taux de chômage baisse très légèrement dans l'Hexagone, - autour de 8,1% selon les derniers chiffres de l'Insee publiés la semaine dernière-, alors que la reprise bat son plein.

Que les employeurs se rassurent, les Français n'ont donc pas déserté le travail comme aux États-Unis, mais ils attendent autre chose. Et en période de croissance, ils sont devenus plus exigeants.

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Commentaires 27
à écrit le 24/11/2021 à 10:24
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La France marche sur la tête avec ses 6 millions de chômeurs… tu as d'un côté des gens sans compétence et sans niveau, auquel la gauche a promis 4 ou 5000 € de revenus universels sans travailler, et qui cherchent des petits boulots à 10 ou 20 000 €...

le 26/11/2021 à 0:14
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La gauche ? faut suivre ! les déficits, les pénuries c'est la droite.

à écrit le 23/11/2021 à 22:50
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Bonjour, si les patrons manquent de monde c'est pas parcequ'ils ont viré du personnel, chassé les intérimaires comme du bétail? Certains comportements se payent comme ça, les vieux les mal vus de cette société jalouse ont mis les voiles, c'est pas d...

à écrit le 23/11/2021 à 21:59
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Les conditions de travail et les salaires c'est les entreprises qui les font, si ils ont du mal à trouver ils ont qu'a s'en prendre qu'a eux même.

à écrit le 23/11/2021 à 15:40
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Stress, Sexe, Sous-chef, Son petit Salaire…c'est Super non ?

à écrit le 23/11/2021 à 12:53
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Ce sont les médiocres (flatteurs, carriéristes, manipulateurs) qui deviennent des petits chefs et qui harcèlent ensuite les plus sensibles. Ils ont besoin de boucs émissaires pour dissimuler leur médiocrité.... Le capitalisme et sa compétition intrin...

le 23/11/2021 à 13:52
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Bien dit Elise

le 23/11/2021 à 22:59
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En tant que technicien de maintenance, je me suis trouvé dégradé chef! (lol);, J'ai réagit avec ma culture de famille le compagnonnage n'en connaissant pas d'autre, à aucun moment j'ai mis la pression, juste montré que j'étais content quand ça marcha...

à écrit le 23/11/2021 à 12:33
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Ce n'est pas le travail qui manque, ni les hommes ou les femmes pour travailler mais tout simplement le salaire. Oui j'ai bien le salaire: pas son montant puisque l'on sait que ce sera le SMIC. Le salaire lorsqu'il y en a un sera payé le 15 ou le 20...

à écrit le 23/11/2021 à 8:57
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Dans les entreprises comme à l'hopital et dans l'administration en général, il y a trop de hauts chefs ruineux aux salaires indécents et injustifiés, de supérieurs chefs incompétents, de grands chefs autoritaires fainéants, de moyens chefs brutaux in...

à écrit le 23/11/2021 à 8:46
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On a une réserve de 5 millions de chômeurs qui peuvent reprendre le travail il faut évidemment les ramener sur le marché du travail par la formation à la place des indemnisations sans contrepartie. C’est dingue ce refus du travail trop facile de refu...

le 23/11/2021 à 16:57
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Il y a beaucoup de commentaires sur les petits chefs, mais peu sur un problème de fond : l'adéquation entre l'offre et la demande. La formation a des années de retard sur les besoins des entreprises et il y a pénurie dans de nombreux secteurs, faute ...

le 24/11/2021 à 7:40
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Formons les salariés en interne comme cela se faisait pendant longtemps ( "formé sur le tas") et pas avec des contrats à 2 € ( apprentissage, contrat pro). Le temps et l'expérience sont formateurs. Les "petits chefs" font et défont les carrières, fab...

à écrit le 23/11/2021 à 8:18
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Pour une fois la balance est du côté des employés de ce secteur d activité qui les a arnaqués avec la baisse de la tva de Sarko il y a 15 ans qui était censée augmenter les salaires .. résultat le patronat de la restauration a augmenter ses marges e...

à écrit le 23/11/2021 à 1:05
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les travailleurs ne veulent plus bosser car en bossant, ils enrichissent toujours plus les premiers de cordée qui ne veulent plus payer d'impôt et qui veulent continuer à détruire la planète et à violenter les pauvres qu'ils méprisent.

à écrit le 22/11/2021 à 21:16
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En dessous de 4000 euros par mois vous êtes vampirisé par les taxes et impôts en dessous de 2000€ par mois vous êtes un esclave. La classe moyenne ne peut plus s'enrichir par son travail en France . Tout cette argent que vous donnez ,pas un centime...

à écrit le 22/11/2021 à 19:56
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Ils sont allés voir les gazelles

à écrit le 22/11/2021 à 19:21
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Il va falloir créer des écarts significatifs, sensibles, pesants, entre prestations sociales et salaire minimum, en travaillant sur les deux côtés probablement (décider d'abord d'un moratoire sur toute hausse des prestations sociales). Il faut au sur...

à écrit le 22/11/2021 à 18:21
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C'est un peu contradictoire avec le fait que le taux d'emploi en France n'a jamais été aussi élevé depuis 1975 : 67,5 % au 3ème trimestre 2021 Le vrai problème c'est le taux d'emploi des 15-24 ans qui n'est que de 32,8 % !

à écrit le 22/11/2021 à 16:58
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la vrai raison il ne veulent pas payer exemple chauffeur 44 tonnes Coeff 150 , les deux premieres années tarif horaire 10,49 le smig est a A 10,48 ,,,,,, pour leur faire un salaire correct ils ont des contrat 215 heures mais pas de vis ...

à écrit le 22/11/2021 à 15:58
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Qui veut s'investir a "crédit" pour de l'incertitude que l'on soit chef d'entreprise ou main d’œuvre?

à écrit le 22/11/2021 à 15:54
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Dans le détail, trois millions d'employés seraient partis plus tôt à la retraite, notamment grâce aux bons résultats de la Bourse, Et en France ,des PSE validé quasiment systématiquement par la ou plutôt les DIRECCTE qui sont regroupées depuis le ...

à écrit le 22/11/2021 à 15:16
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S'il y a de plus en plus de gens qui quittent le marché du travail c'est à cause d'un problème largement occulté par tous les médias, bien trop occupés maintenant à ne sortir que des infos formatées. Le vrai problème c'est la violence sociale, sous t...

le 22/11/2021 à 21:22
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je connais beaucoup de personnes qui ne veulent plus bosser à cause du harcèlement moral qui est devenu un mode de management. Ces personnes étaient pourtant sérieuses, bosseuses et très , trop consciencieuses. Les travailleurs peu consciencieux s'en...

le 23/11/2021 à 12:37
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Dénoncer - Mentir - Coucher est la règle pour progresser et/ou y rester en entreprise aujourd'hui. La hiérarchie adore cela et y est très réceptive

à écrit le 22/11/2021 à 15:01
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Lorsque l'on sait qu'il y a plus de 10 fois plus de chômeurs que d'emplois disponible. Du coup le titre est trompeur face a la réalité comptable. Après, les décisions prisent autour du pass est le résultat qui dans certains métiers pose des problèm...

à écrit le 22/11/2021 à 14:42
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La dictature sanitaire ne peut que faire office de goutte d'eau qui fait déborder le vase avec son rajout de restrictions sanitaires avec des salaires toujours plus bas et des conditions de travail qui se dégradent sans cesse. Le covid a rajouté une ...

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