McKinsey : Véran contredit Le Maire, il n'y a eu ni « dérive » ni « abus » dans le recours aux cabinets de conseil
latribune.fr

Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran.
Reuters
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Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran.
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[Article publié dimanche 27.11.2022 à 15:15, mis à jour le lundi 28.11 à 10:34]
Ni « dérive » ni « abus ». C'est ce qu'a assuré Olivier Véran, ce lundi à propos du recours aux cabinets de conseil.
Il répliquait ainsi au ministre de l'Économie Bruno Le Maire qui, la veille, dimanche sur France 3, s'était livré à un exercice de contrition, en reconnaissant « bien volontiers, nous sommes allés trop loin, depuis des années, c'est ce gouvernement, les gouvernements précédents, des majorités précédentes... On avait pris sans doute trop l'habitude de dire "l'administration n'est pas capable de faire ce travail, on va externaliser et demander à des cabinets de conseil" ».
« Je pense qu'il y a eu effectivement une dérive, que cette dérive a été corrigée », a-t-il ajouté, et ce, notamment par une circulaire de la Première ministre Élisabeth Borne demandant au gouvernement de réduire de 15% le recours aux cabinets de conseil.
Selon lui, Bercy a réduit de 34% le recours à ces sociétés entre le 1er semestre 2021 et le 1er semestre 2022. « Je pense que c'est la même tendance ailleurs », a-t-il encore dit dans une déclaration plutôt floue, à propos des autres ministères.
En revanche, dans ses déclarations suivantes, le ministre portait un regard neuf sur son administration, ses subordonnés, qui pourrait augurer d'un retour en grâce de leurs compétences délaissées :
Gabriel Attal, le ministre délégué chargé des Comptes publics, interrogé sur BFMTV sur ces déclarations, se plaçait assez facilement dans le sillage de son ministre de tutelle en évoquant « des exemples qui avaient été donnés effectivement sur certaines missions qui avaient été réalisées et dont on ne comprenait pas trop l'objet ou ce que ça apportait ».
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En revanche, Olivier Véran laissait entendre un son de cloche tout différent, ce lundi, en évoquant des procédés d'attribution « super clairs et transparents » :
Rappelant le mot d'ordre du président Emmanuel Macron de « réduire la voilure sur les contrats passés avec les cabinets privés », il a regretté que l'État n'ait « plus les compétences suffisantes pour tout seul arriver à tout gérer ».
« Il y a eu les programmes de réduction des fonctionnaires dont certains présidents se sont faits les hérauts », a-t-il rappelé. À l'époque, « l'État a considéré que ce n'était plus à lui de garder des fonctionnaires (...) et qu'il passerait par du privé quand il en aurait besoin », a-t-il déploré.
Toutefois, à propos des déclarations du ministre de l'Économie, dimanche, il faut rappeler qu'elle témoignent d'un réel changement de ton alors qu'en mars 2022, deux semaines avant l'élection présidentielle d'avril 2022.
Face au très embarrassant rapport sénatorial publié mi-mars dénonçant l'influence des cabinets de conseil privés sur la formation des décisions publiques, il montait au créneau soutenu par une escadrille de ministres dont notamment l'ancienne ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, pour défendre Emmanuel Macron et son gouvernement :
Le même jour, sur Europe 1, Bruno Le Maire lui avait emboîté le pas, sur un ton plus martial :
Mais, en ce mois de novembre 2022, le contexte juridique a changé avec l'annonce, il y a trois jours, par le Parquet national financier (PNF) que deux nouvelles enquêtes avaient été ouvertes, le 20 octobre dernier, par la justice sur l'intervention des cabinets de conseil dans les campagnes électorales d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, pour tenter de savoir si celles-ci n'auraient pas indûment bénéficié de financements en retour de contrats publics.
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« Je ne commente pas les procédures judiciaires en cours », a dit Bruno Le Maire sur France 3, mais il a néanmoins posé quelques mots d'appréciation sur cette affaire, laissant entendre qu'il ne faut pas se focaliser sur une éventuelle sanction mais sur les mesures correctives apportées depuis :
Dans cet esprit, Bruno Le Maire postulait que cette affaire ne laisserait aucune trace dans la vie politique française :
(avec AFP)
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