Après Air France et Renault, la SNCF appelle aussi l'Etat à la rescousse
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Jean-Pierre Farandou, le Pdg de la SNCF.
Reuters
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Jean-Pierre Farandou, le Pdg de la SNCF.
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h[Article mis à jour à 19h02 avec la réaction des syndicats]
"On est à peu près à deux milliards d'euros de chiffre d'affaires qui nous manquent" en raison de l'épidémie. Jean-Pierre Farandou, le Pdg de la SNCF, est revenu sur France Inter, samedi 2 mai, sur le "choc violent" qui frappe l'entreprise, déjà fragilisée par un milliard d'euros de manque à gagner à cause de la grève contre la réforme des retraites.
Et "je crains toutefois que notre bilan, notre endettement soit trop important (...). La notion d'un plan d'aides à la SNCF ne me paraît pas déraisonnable", a-t-il dit, pour "restaurer complètement la balance de notre entreprise", rappelant que l'Etat était son principal actionnaire et qu'il y a eu des plans d'aides pour Air France et Renault.
"La thématique (de l'emploi) est sur la table", a aussi prévenu Jean-Pierre Farandou. "Si la reprise est lente et si nous produisons moins de trains que par le passé, il ne sera pas anormal ou illogique d'ajuster le niveau d'emploi au volume d'activité", a-t-il dit.
"Ce n'est pas un sujet tabou", a-t-il souligné, ajoutant qu'il serait examiné "le moment venu en toute transparence avec les organisations syndicales". "Il est encore trop tôt pour calibrer exactement les chiffres".
"L'effet sur l'emploi pourrait se jouer essentiellement sur le niveau d'embauches de la SNCF, qui est un des premiers recruteurs de France", a précisé à l'AFP un porte-parole de la compagnie.
Comme les autres opérateurs de transports publics, l'entreprise ferroviaire est aussi confrontée au défi du déconfinement : appliquer de strictes règles de distanciation après le 11 mai, ce qui réduira drastiquement ses capacités au moment où la fréquentation devrait reprendre.
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La SNCF va s'attacher à faire "rouler le maximum de trains" de la vie quotidienne (TER, Transiliens), a indiqué M. Farandou: 50 à 60% dès le 11 mai, "75% à la fin du mois de mai et on espère être à 100% tout début juin".
En revanche, dans la lignée des consignes gouvernementales limitant les déplacements à plus de 100 km de son domicile, "peu de TGV" circuleront, avec une place sur deux d'occupée, "pour assurer la reprise de la mobilité professionnelle entre la province et Paris, pour faire en sorte aussi que les Français qui souhaitent aller par exemple aider leurs parents à l'autre bout de la France puissent le faire".
Le PDG de la SNCF a réitéré son appel à prolonger au maximum le télétravail, étaler les heures d'arrivées dans les entreprises pour éviter la saturation. Il a aussi demandé l'aide des pouvoirs publics pour "contrôler l'accès aux gares".
Les propos du PDG de la SNCF sur l'emploi du groupe ont fait vivement réagir les syndicats. "Diminuer le niveau d'emploi serait une erreur impardonnable", a estimé dans un communiqué la CFDT, disant s'opposer "à toute logique qui ferait payer la facture aux cheminots".
Ces derniers jours, le gouvernement a semblé ouvert à un soutien, tout en restant vague sur les modalités d'une aide éventuelle. "Il y a (...) un besoin de rephaser la trajectoire financière du groupe public", a déclaré le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. "On va regarder comment on peut assurer que la SNCF garde bien ses moyens d'investissement", a assuré de son côté la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne.
Le déconfinement, fixé au 11 mai, est un soulagement modeste pour la SNCF, qui va devoir réduire drastiquement ses capacités pour faire respecter les mesures de distanciation.
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"Quand vous limitez à la fois le nombre" de trains et "le nombre d'usagers qui peuvent être présents, forcément vous réduisez considérablement les recettes de l'entreprise", a insisté samedi Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, en appelant sur BFMTV à une "compensation financière de l'Etat".
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