Après Chido, Mayotte confrontée à un deuxième cyclone en moins d'un mois
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Mayotte est encore ravagée après le passage de Chido, le plus dévastateur connu par le petit archipel français en 90 ans.
Yves Herman
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Mayotte est encore ravagée après le passage de Chido, le plus dévastateur connu par le petit archipel français en 90 ans.
Yves Herman
Après Chido, c'est au de Dikeledi, tempête annoncée comme très pluvieuse, de menacer Mayotte. L'archipel a été placé samedi en alerte cyclonique orange, a annoncé la préfecture de ce département français de l'océan Indien. Et le passage en alerte rouge est probable, moins d'un mois après le passage de Chido qui a ravagé paysage et habitations.
Après avoir atteint la côte nord-est de Madagascar samedi après-midi, le cyclone a commencé à s'affaiblir pour être rétrogradé au stade de forte tempête tropicale, avec des rafales de vent pouvant atteindre sur mer les 130 km/h, selon Météo-France. Mais Dikeledi devrait reprendre graduellement de la vigueur quand il quittera les terres.
A 05h56 locales dimanche (03h56 à Paris), la tempête se trouvait à 260 kilomètres des côtes sud-est de l'archipel, se déplaçant à une vitesse de 22 km/h. « En termes d'impacts, la province d'Antsiranana à Madagascar a subi les conditions les plus intenses ces dernières heures », mais les vents et les pluies intenses « devraient progressivement diminuer » et les conditions « s'améliorer en cours de matinée », précise Météo-France.
Après un passage par le canal du Mozambique, Dikeledi doit passer à un peu plus de 100 km au sud de Mayotte au stade de tempête tropicale dimanche après-midi avant d'être de nouveau classé cyclone tropical lundi en cours de journée.
« Par la suite, il va continuer de s'intensifier en atteignant possiblement le stade de cyclone tropical intense en effectuant un virage vers le sud puis le sud-est en début de semaine prochaine, plus ou moins proches des côtes africaines ou malgaches », précise Météo-France dans son dernier bulletin.
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En attendant, « une importante dégradation pluvieuse et venteuse » est attendue dans l'archipel mahorais, pouvant générer crues soudaines, inondations et glissements de terrain. Des rafales pouvant atteindre 80 à 90 km/h sont possibles, notamment sur la partie sud de l'île. Un état de mer dangereux, notamment sur le lagon ouest, pourrait aussi accompagner cette dégradation avec un risque de submersion marine.
Les 320.000 habitants du département le plus pauvre de France ont été invités à se mettre à l'abri « dans une habitation solide » ou dans un des 79 centres d'hébergement d'urgence (écoles, MJC, mosquées...) mis en place dans toutes les communes de l'archipel. La population a été appelée à constituer des stocks d'eau et de nourriture pour « tenir le temps du cyclone », a exhorté la préfecture.
Quelque 645 personnels de la Sécurité civile sont pré-positionnés dans des lieux stratégiques de l'archipel pour intervenir le plus rapidement possible à l'issue de l'alerte cyclonique afin de « porter secours, évaluer les dégâts et assister les populations », a indiqué la Sécurité civile.
Le ministre des Outre-Mer Manuel Valls a assuré à l'AFP que « rien n'(était) laissé au hasard » pour assurer la sécurité des Mahorais. Mais « on est très inquiet vu ce qui s'est passé la première fois », a cependant confié samedi Ali Ahmed, un habitant de Mamoudzou, à une correspondante de l'AFP sur place.
Des images diffusées sur la chaîne TV Mayotte-La 1ère montraient des familles se ravitaillant dans les magasins, notamment en packs d'eau. « On s'assure d'avoir tout à la maison », a expliqué samedi après-midi Mohamed à la correspondante de l'AFP, avant d'être confiné.
L'entrée en vigueur de cette alerte orange survient moins d'un mois après le passage du cyclone Chido, le plus dévastateur qu'ait connu le petit archipel de l'océan Indien en 90 ans. Celui-ci a causé des dommages colossaux dans le département le plus pauvre de France. Le passage de ce cyclone tropical intense a fait au moins 39 morts et plus de 5.600 blessés, détruisant de très nombreuses habitations précaires et en dur du 101e département français et endommageant fortement les infrastructures comme l'hôpital.
Dans la capitale mahoraise, Camelia Petre, 35 ans, explique à l'AFP qu'elle sera a priori à l'abri dans sa maison qui « a tenu lors de Chido » et cette habitante « hébergera des amis et collègues qui eux ont perdu leur maison ». Mais elle se fait du « souci pour la population précarisée » à qui elle essaie de « transmettre le plus d'informations possible ».
De fait, la reconstruction devrait prendre 2 à 3 ans, selon l'ancien ministre des Outre-Mer, François-Noël Buffet, en poste au moment de Chido.
Ce nouvel épisode devrait encore complexifier la tâche, ainsi que les procédures d'indemnisation et d'assurances, alors qu'elles sont encore en cours pour Chido. « On est encore noyé dans la gestion de crise du premier cyclone », affirme David Georgette, dont les commerces connaissent un « balai d'experts » mandatés par les assurances pour évaluer les dégâts. « A titre professionnel, on se prépare » au passage de Dikeledi, « on va faire en sorte de libérer les équipes à l'heure pour qu'elles regagnent leur domicile », explique ce commerçant de Mamoudzou.
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Les cyclones se développent habituellement dans l'océan Indien de novembre à mars, mais cette année, les eaux de surface sont proches de 30°C dans la zone, ce qui fournit plus d'énergie aux tempêtes, un phénomène de réchauffement climatique observé également cet automne dans l'Atlantique nord et le Pacifique.
(Avec AFP)
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