Après l'industrie pétrolière, la grève s'étend à d'autres secteurs

Quarante-huit heures après la « Marche pour la vie chère » organisée par les partis de gauche dimanche à Paris, des dizaines de milliers sont descendus dans la rue, ce mardi, pour la journée de « mobilisation et grève » interprofessionnelle pour une hausse des salaires et contre les réquisitions de grévistes dans les raffineries. Une mobilisation partie de ces dernières et qui s'est étendue à de nombreux secteurs.
Près de 150 points de rassemblement sont prévus en France, selon la CGT, qui organise cette journée avec les syndicats FO, Solidaires et FSU et les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et la Vie lycéenne.
Près de 150 points de rassemblement sont prévus en France, selon la CGT, qui organise cette journée avec les syndicats FO, Solidaires et FSU et les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et la Vie lycéenne. (Crédits : Reuters)

[Article mis à jour le 18 octobre à 18H45]

Ils étaient des dizaines de milliers à être descendus dans la rue, ce mardi, pour la journée de « mobilisation et grève » interprofessionnelle pour une hausse des salaires et contre les réquisitions de grévistes dans les raffineries. Près de 150 points de rassemblement étaient prévus en France, selon la CGT, organisatrice de cette journée avec FO, Solidaires, la FSU et les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et la Vie lycéenne.

A Paris, dans le cortège - fort de plus de 70.000 manifestants selon la CGT - le numéro un du syndicat, Philippe Martinez, a plaidé pour « un plan Orsec » sur les salaires et promis qu'il y aurait « des suites » à ce mouvement, jugé déjà « plus fort » que lors de la dernière journée d'action du 29 septembre au vu du nombre de champs professionnels appelés à cesser le travail.

Parti du mouvement de grève qui se poursuivait, ce mardi, dans les cinq sites de TotalEnergies, il s'est étendu à d'autres secteurs. Des actions ont été menées dans « l'agroalimentaire, les crèches, les transports publics, l'énergie et nucléaire, les organismes sociaux, les banques-assurances, les services informatiques, la maintenance industrielle, l'éducation, la santé, le commerce, la métallurgie. »

Le mouvement modérément suivi à la RATP

Dans les gares, la circulation des trains régionaux a été perturbée par le mouvement de grève, avec un TER et un train Intercités sur deux en moyenne, ainsi que sur les réseaux d'Ile-de-France opérés par la SNCF. Du côté de la RATP, le trafic des bus était dégradé ainsi que celui des RER sur les portions des lignes A et B opérées par la RATP, tandis que le trafic du métro était quasi normal.

Toutefois, le mouvement n'a été que modérément suivi à la RATP et la grève ne devrait d'ailleurs pas être reconduite mercredi au sein de l'entreprise de transports publics, a indiqué à l'AFP mardi le secrétaire général de la CGT-RATP Bertrand Hammache. « En revanche, c'est le début d'un cycle », a-t-il indiqué, n'excluant pas de nouvelles journées de mobilisation « après les vacances scolaires de la Toussaint » qui prennent fin le 6 novembre.

Un retour progressif à la normale mercredi à la SNCF

Concernant la SNCF, où la CGT-Cheminots et Sud-Rail appelaient à la grève, « un tiers des assemblées générales reconduisent (la grève) », a annoncé sur Twitter le secrétaire général de la CGT Laurent Brun sur Twitter en dévoilant les premières tendances. « Les autres demandent une nouvelle journée d'action. Donc dans tous les cas les cheminots sont déterminés à obtenir de vraies augmentations de salaire. Contrairement aux mensonges du DRH de la SNCF, il n'y a eu que 1,4% et 500 euros par an », a-t-il ajouté. Le DRH, François Nogué, a affirmé lundi que la SNCF avait augmenté les salaires de 5,8% en moyenne en 2022, soit le niveau de l'inflation.

Cependant, la SNCF a assuré, en début de soirée, prévoir un « retour progressif à la normale » mercredi sur la plupart de ses lignes de train, même si « des perturbations sont néanmoins encore possibles localement », notamment sur certains trains de banlieue et RER en Ile-de-France. « Les circulations TGV nationales et internationales seront quasi normales, et les circulations Intercités légèrement perturbées », a indiqué le réseau ferroviaire dans un communiqué.

A Paris, seul un train sur deux circulera encore sur la ligne du RER D et la portion nord du RER B, ainsi que sur les Transiliens H, R et U. Les lignes du Transiliens J, L, N, P et le RER C verront, elles, deux trains sur trois circuler. Le service sera normal sur les RER A et E, le Transilien K et les tramways 4, 11 et 13.

12 centrales nucléaires touchées par la grève

Dans le secteur de l'énergie, le mouvement pour les salaires a aussi touché les centrales nucléaires. Ainsi, selon les informations de la Tribune, mardi à midi, sur le parc nucléaire, 12 centrales étaient concernées par le mouvement de grève : Belleville, Blayais, Bugey, Cattenom, Cruas, Dampierre, Gravelines, Penly, Paluel, Saint Laurent, Saint Alban, Tricastin.

Dans le détail, 17 réacteurs à l'arrêt pour maintenance sont concernés par ce mouvement de grève avec pour effet une suspension des travaux. Tandis que trois réacteurs subissaient des baisses de production partielle. Par ailleurs, la centrale à charbon de Cordemais est à l'arrêt en raison de la grève. Le mouvement touche aussi trois usines hydroélectrique.

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ZOOM - Les préfets cherchent à accélérer l'acheminement du carburant

Pendant ce temps là, la grève dans les raffineries et dépôts de TotalEnergies se poursuit. Le président Emmanuel Macron a réclamé lundi une solution « le plus vite possible » pour « régler » la crise des carburants et a réuni dans l'après-midi à l'Elysée la Première ministre Elisabeth Borne et les membres du gouvernement concernés.

« La décision qui a été prise, c'est de mobiliser un cran au-dessus les préfets en appui des Total, des Esso, pour accélérer l'acheminement du carburant vers les stations-service en lien avec les transporteurs », a expliqué Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. « Les pétroliers ont du mal à acheminer par les circuits habituels cette essence dans les stations-service. On appelle celles qui sont en difficulté, on s'assure qu'elles ont des liens avec les transporteurs et leurs fournisseurs habituels, on vérifie que les créneaux sont compatibles avec les dépôts. Nous faisons tout notre possible pour que cette situation s'améliore à la veille des vacances de la Toussaint. »

Lire aussiCarburants : les remises de TotalEnergies et du gouvernement prolongées jusqu'à mi-novembre

(Avec AFP)

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Commentaires 12
à écrit le 18/10/2022 à 17:39
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Camarades CGT et LFI, bravo! Nous avons du employer des centaines de drones pour arriver a ce resultat, mais vous les francais vous arrivez a detruire les ressources energetiques d un pays democrate encore plus vite, continuez a nous aider, la dictat...

à écrit le 18/10/2022 à 15:11
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Quel dommage pour la France :un petit moustachu frustré très probablement ,qui peu bloquer tout un pays par qq appels tél. Et la majorité des français(es) doivent se débrouiller pour aller travailler ,conduire les enfants & tout simplement se déplac...

à écrit le 18/10/2022 à 10:32
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Dans ce pays, il aurait fallu depuis longtemps indexer les salaires sur le pourcentage des grèves/an, ceci aurait rendu riche une nouvelle caste tout en abrégeant plus rapidement l'état du patient déjà en mort clinique: la France.

à écrit le 18/10/2022 à 10:16
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revoila les rentiers preneurs d'otages! qu'on publie leurs salaires et leurs avantages sociaux, que le vulgus pecus soit au courant......NAME AND SHAME comme on dit a gauche, et il faut faire une ultra campagne neo mediatique pour te mettre un peu d'...

le 18/10/2022 à 15:33
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et oui il ne faut pas hésiter à dénoncer tous ces rentiers, actionnaires et profiteurs de guerre qui vampirisent et prennent en otage la société française et les vrais forces vives.

à écrit le 18/10/2022 à 9:15
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C'est pas encore cette année que l'on va battre les records du monde de la sainte consommation qu'est noël, une bonne nouvelle. Alors oui ce sont les salariés les mieux lotis qui peuvent faire grève mais c'est logique, ceux qui en bavent beaucoup plu...

à écrit le 18/10/2022 à 9:02
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La France est en faillite, donc les entreprises publiques ne devraient augmenter les salaires que dans une mesure moindre que dans les autres pays pour ne pas affaiblir encore plus notre compétitivité. Total ne produit presque pas de profits en Fran...

le 18/10/2022 à 13:16
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OK mais dans ce cas là pourquoi les sénateurs membres des assemblées et ministres président ont tous droit a des augmentations? Ne devraient ils pas plutôt réduire leurs salaires sachant que tout leur est payé?

le 18/10/2022 à 14:54
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Oui, dans cette situation ministres, sénateurs, députés etc... devraient augmenter leurs salaires moins que l'inflation et c'est pour ça qu'on devrait éventuellement descendre dans la rue

à écrit le 18/10/2022 à 8:29
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La grève n'est qu'une "conséquence", la mauvaise gestion des ressources humaines en est la "cause", et en plus cela se gratifie d'un salaire hors norme pour irresponsabilité ! ;-)

à écrit le 18/10/2022 à 8:05
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A quand une manifestation devant le siège de la CGT à Montreuil pour montrer la grogne des automobilistes

le 18/10/2022 à 13:16
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Quand il y aura de l'essence surement.

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