Pour ceux
qui l'ont tant aimé, tourner la clé dans la serrure chaque matin le rend encore un peu vivant. Au 156, rue de Rivoli, à Paris, le cabinet Temime a tout d'une maison de famille, ancienne, cossue, chaleureuse... et hantée. Le fantôme du grand avocat semble nous guider le long des couloirs décorés de vieilles photos, dans les salons transformés en luxueux bureaux, jusqu'à la cuisine, centre névralgique des repas d'équipe, la salle de bains d'époque ou les balcons dominant le Louvre. Au premier étage, une immense pièce aux plafonds sculptés : son antre, devenu salle de réunion et mausolée. Sur la table de travail, un désordre intact, du courrier, quelques bouquins, ses pochettes jaunes fétiches, une calculatrice. Tout autour, des œuvres d'art, la dernière qu'il ait acquise notamment, étrangeté parmi sa collection contemporaine, la peinture classique d'un crépuscule. Sur la cheminée, un cliché de son fils jouxte celui d'Émile Pollak, as du barreau de l'après-guerre.
« Je viens parfois ici pour réfléchir, je m'y sens bien. »